Disparition d’une sommité des finances : Grégoire Laourou, un parcours hors du commun
Le Bénin est en deuil. Une grande voix du monde économique et financier s’est éteinte. Grégoire Laourou, ancien ministre de l’Économie et des Finances, est décédé dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 août 2026 au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou.
Ce fils de Bantè a laissé une trace indélébile dans l’histoire de l’administration béninoise. Il a commencé sa carrière comme directeur du Budget et de la Solde, un poste qu’il a occupé avec sérieux et compétence. Son travail remarquable lui a valu d’être appelé au gouvernement en 2002. Il a alors pris la tête du Ministère de l’Économie et des Finances sous la présidence de Mathieu Kérékou. Il est resté en fonction jusqu’en 2005, gérant les affaires économiques du pays avec prudence et intelligence. Sa gestion a été saluée pour sa rigueur et son souci du bien commun.
Mais Grégoire Laourou ne s’est pas arrêté là. Il a aussi été député à l’Assemblée nationale, où il a dirigé la commission des Finances. Dans ce rôle, il a veillé à la bonne utilisation de l’argent public et à l’amélioration des lois économiques. Sa grande connaissance des questions financières et son honnêteté ont fait de lui un élu respecté de tous, sans distinction de parti.
Son talent ne s’est pas limité aux frontières du Bénin. En 2004, il a présidé le Conseil des Ministres de l’Union monétaire ouest-africaine. Cette fonction importante au sein des institutions régionales montre la confiance que ses collègues de la sous-région plaçaient en lui. Il a su défendre les intérêts du Bénin sur la scène internationale et contribuer à renforcer l’intégration monétaire en Afrique de l’Ouest. Les documents de la BCEAO gardent la mémoire de son action en faveur d’une union monétaire plus forte.
Après avoir quitté la vie politique, Grégoire Laourou a continué à mettre ses compétences au service du secteur privé. Il a été président du Conseil d’administration de Société Générale Bénin. Cette nomination prouve que le monde des affaires reconnaissait également ses grandes qualités. Son parcours montre qu’il savait passer du service de l’État à celui des entreprises avec la même efficacité.
La disparition de Grégoire Laourou laisse un grand vide. Le Bénin perd un homme dont l’action a marqué aussi bien l’administration que la politique et la finance. Son sérieux, son honnêteté et son dévouement à la nation resteront dans les mémoires. Les jeunes générations se souviendront de lui comme d’un bâtisseur discret mais déterminé, qui a donné toute sa vie pour la prospérité de son pays. Puisse la terre de ses ancêtres lui être légère.
Pierre MATCHOUDO


