Quatre piliers pour une institution au service des populations : Abdoulaye Bio Tchané lance la dynamique des Conseils départementaux
Le Conseil Economique et Social amorce une transformation profonde. Abdoulaye Bio Tchané, fraîchement élu à la présidence de cette institution, a entrepris une tournée nationale pour lancer officiellement les activités des Conseils départementaux du CES pour la huitième mandature. Après les départements du septentrion, c’est au tour du Centre et du Sud d’accueillir le président de l’institution, accompagné du deuxième vice-président Pascal Essou. À Dassa, puis à Abomey, et enfin à Lokossa, le message est le même, l’institution doit changer de visage et se mettre au service des citoyens.
À Dassa, dans le département des Collines, la rencontre a réuni le préfet, les maires, les membres de la Conférence administrative départementale et les conseillers départementaux du CES. Le coordonnateur Serge Odoubourou a salué la présence du président, y voyant la traduction d’une volonté de rapprocher l’institution des réalités territoriales. Le préfet Saliou Odoubou a également félicité Abdoulaye Bio Tchané pour son élection et souligné l’importance de cette rencontre pour une meilleure appropriation des nouvelles attributions du CES.
Prenant la parole, Abdoulaye Bio Tchan, président du CES a présenté les grandes orientations de son mandat autour de quatre priorités essentielles. « Quatre priorités. Une seule ambition : faire du CES une institution qui compte dans la vie de la Nation », a-t-il déclaré avec force. L’utilité de l’institution, la proximité citoyenne, le dialogue interinstitutionnel et le rayonnement international constituent les piliers de cette nouvelle dynamique. Il a rappelé les premières étapes franchies, notamment l’adoption du nouveau Règlement intérieur, déclaré conforme à la Constitution le 27 août 2026, et le lancement du processus d’élaboration du Plan stratégique du CES.
Revenant sur le rôle des conseillers départementaux, il a insisté sur leur responsabilité particulière auprès des populations. Leur présence dans les territoires doit permettre de rapprocher davantage l’institution des citoyens. « Votre rôle, à cet égard, se joue sur deux fronts qui se complètent. Sensibiliser, d’abord : faire connaître aux populations des Collines les textes, les réformes, les décisions qui engagent leur vie quotidienne, dans un langage qui leur parle. Écouter, ensuite : recueillir, sur ces mêmes textes, leurs interrogations, leurs réserves, leurs attentes, et me les faire remonter sans les déformer », a-t-il expliqué. « Car au-delà des préoccupations générales de nos concitoyens, il y a celles, propres et singulières, des Collines, et c’est à vous qu’il revient de me les porter. »
Dans l’après-midi du même jour, la délégation s’est rendue à Abomey, dans le département du Zou, pour lancer les activités du Conseil départemental. Le coordonnateur Zéphirin Kindjanhoundé a salué la présence du président dans la cité historique et présenté plusieurs préoccupations, notamment la valorisation du patrimoine culturel, la mise en valeur de la Route de l’Esclave, les questions foncières et l’insertion professionnelle des jeunes. Le préfet Laurent Zomaï a félicité le président du CES et estimé que cette rencontre permettra aux conseillers de mieux appréhender leurs missions.

Ici, il a rappelé les quatre piliers de sa vision et insisté sur la nécessité de prendre en compte les spécificités de chaque territoire. « Quatre piliers. Une seule certitude : sans vous, ils resteront des mots », a-t-il lancé aux conseillers départementaux. Il a également évoqué les réformes institutionnelles, notamment l’intégration de la Médiation de la République au CES, expliquant que les anciennes délégations ont été fermées et que des dispositions sont envisagées pour assurer une présence capable de prendre en charge les requêtes des citoyens.
Le jeudi 3 septembre, c’est à Lokossa, dans le département du Mono, que la tournée s’est poursuivie. Le préfet Bienvenue Dêdêgnon Milohin a salué la démarche de proximité et présenté les potentialités du département, notamment ses ressources minières et ses atouts touristiques, tout en évoquant les défis liés aux conflits entre agriculteurs et éleveurs et à l’accès à l’eau potable. Le coordonnateur Félix Alowanou a félicité le président pour son accession à la tête de l’institution. Abdoulaye Bio Tchané a réaffirmé les quatre piliers de son action et mis l’accent sur l’importance de la planification. « Celui qui ne planifie pas planifie son échec », a-t-il martelé, soulignant la nécessité pour le CES de se doter d’une vision claire à travers le Plan stratégique 2027-2031.
Au terme de ces trois étapes, le message du président du CES est plus compréhensible. L’institution doit sortir de ses murs pour aller à la rencontre des populations, écouter leurs préoccupations et les porter fidèlement au niveau national. « Par vous, le CES explique. Par vous, la population est entendue », a-t-il répété à chaque étape. Cette tournée marque le début d’une nouvelle ère pour le Conseil Economique et social, une ère placée sous le signe de la proximité et de l’utilité citoyenne.
Patrice ADJAHO


