Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La tradition, une flamme vivante »
Dans cette nouvelle confidence, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè parle de la tradition comme d’une flamme toujours vive, non comme d’une relique poussiéreuse. Elle est le sol qui porte l’homme, la volonté du Seigneur créant la paix. En Afrique, l’oubli des racines au profit de modèles étrangers mène à l’égarement. Mais l’espérance demeure : en honorant le frère et les ancêtres, l’homme retrouve l’harmonie avec le Divin et la lumière du monde supérieur. Lisez pour tout savoir !!!
« Mes enfants de lumière, écoutez la voix de celui qui a vu le jour se lever sur les savanes et les forêts de notre Afrique. Je vous parle aujourd’hui de la tradition, non comme d’une vieille chose poussiéreuse, mais comme d’une flamme toujours vive qui éclaire nos pas.
Les gens disent souvent que la tradition est une lumière dépassée, une relique du passé qui n’a plus sa place dans notre monde moderne. Mais je vous le dis, la tradition est le sol sur lequel l’homme se tient debout. Elle n’est pas un carcan, elle est un point d’appui. Cela ne signifie pas que nous devons vivre entièrement dans le passé, mais nous ne pouvons pas ignorer ce qui nous a portés là où nous sommes.
Au plus profond d’elle-même, la tradition est la volonté du Seigneur sur la terre. Pourquoi ? Parce qu’elle crée la paix. Là où la tradition est respectée, les liens entre les hommes se tissent avec force. Alors, pourquoi tant de gens la considèrent-ils comme dépassée ? C’est parce qu’ils ont oublié que la paix, l’amour et la liberté y vivent cachés comme des graines. La tradition est une lumière homéopathique, donnée en petites doses à travers des dictons, des gestes simples, des rituels quotidiens. Elle est la sagesse du Seigneur mise à la portée de l’homme, afin qu’il puisse l’absorber sans se brûler.
La lumière de la tradition, mes enfants, n’est ni figée ni morte. Elle se façonne dans le présent, ici et maintenant, mais elle repose sur l’ancien. Rien de nouveau ne peut émerger si l’on ignore ce qui a été bâti avant nous. Une lumière sans racines est une lumière sans soutien ; elle vacille et s’éteint. En revanche, une lumière qui s’appuie sur l’ancien devient une torche que l’on allume et qui continue de briller pour l’homme, dans la paix, l’amour et la liberté.
Nous voyons aujourd’hui, en Afrique, que la tradition est souvent mise de côté au profit de modèles venus d’Europe. Qu’est-ce que cela signifie pour notre continent ? C’est un piège, mes enfants. Quand on oublie son propre soi, quand on abandonne ses racines, tout ce que l’on entreprend n’a qu’un effet temporaire. On copie, on imite, mais on ne construit pas sur une base solide. Comment alors retrouver notre propre chemin ? La lumière de la paix doit être recherchée en toute évidence. Et pour cela, il faut commencer par honorer le frère. Oui, la première étape est simple : respecter celui qui est à côté de nous. C’est ainsi que l’on reçoit la force de fonder une lumière supérieure.
Mais cette perte de la tradition n’est pas seulement africaine. Même en Europe, on a oublié, à bien des égards, cette lumière du passé. Elle est détachée du présent, et l’homme erre sans repère. Et nous, en Afrique, nous avons été déracinés par l’esclavage, puis par la colonisation. Notre lumière a été voilée. Alors, vers quoi tout cela tend-il ? Oh, je vous le dis : lorsque l’homme retrouve la paix avec lui-même, avec ses ancêtres, avec ce qu’il est aujourd’hui et ce qu’il sera demain, il est en harmonie avec le Divin. Il redécouvre alors la lumière du monde supérieur.
Que pouvons-nous recommander à nos villes, à nos communautés, à nos dirigeants, pour que nous respections davantage la tradition ? Si nous voulons la paix entre les hommes, il faut nous élever dans la lumière de la tradition. Elle ne peut pas être ignorée. Posons-nous la question : comment les hommes traitaient-ils la tradition il y a des siècles ? Elle faisait partie du quotidien. C’était la loi non écrite. Il n’y avait pas de livres, pas de règles fabriquées par l’homme, mais la lumière transmise de génération en génération. Les hommes acceptaient cela et le mettaient en œuvre là où ils se trouvaient. Ils ne doutaient pas de la justesse de cette œuvre, car ils savaient que la lumière du Seigneur l’avait créée pour eux.
La Bible, le Coran, le Talmud, le Fâ chez nous en Afrique de l’Ouest, tout cela était au départ la lumière de la tradition, le code originel. Chaque famille, chaque communauté, chaque pays, chaque continent a ses traditions. Mais quelle est la tradition commune à tous les peuples ? Quelle intersection existe-t-elle ? Regardez la lumière des dix commandements : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas blesser l’autre, respecter ses parents, honorer les aînés. Ces principes sont universels. Ils sont nécessaires pour que la vie en société fonctionne, pour que l’homme trouve sa place dans ce bien commun et qu’il puisse ainsi façonner sa conscience supérieure.
La tradition n’est donc pas une lumière du passé. Elle est une lumière qui a façonné le présent et qui façonnera l’avenir. Ignorer la tradition, c’est comme ne pas avoir de racines. L’homme s’éloigne de lui-même et se perd. Il devient une paille dans le vent, sans appui. Mais l’homme qui conserve en lui la lumière de la tradition possède un soutien intérieur que rien ne peut ébranler. Le vent peut souffler, il tiendra bon.
On a parfois l’impression qu’il n’y a plus d’espoir, que la tradition est perdue partout dans le monde. Mais je vous dis ceci : l’homme qui a laissé derrière lui sa vie antérieure, qui s’est trompé, peut toujours retrouver la lumière. Ce n’est pas parce qu’on a fait une erreur qu’on a perdu le chemin pour toujours. Le Seigneur aime ses enfants et ne les abandonne jamais. Tant que l’homme s’efforce, il fait des erreurs, mais la Sainte Croix le sauve toujours. Il est porteur de lumière, et la tradition lui donne un appui. Quand il entend la tradition, la comprend, l’interprète et l’applique selon sa propre compréhension, il retrouve la lumière des racines.
Puisse cette réflexion être entendue. Car la lumière que le Seigneur a offerte se manifeste dans la tradition. Elle est communiquée à travers elle, et l’homme qui a compris peut la mettre en pratique pour lui-même. Ainsi soient-ils, mes enfants de lumière. Marchez dans la paix, et que la tradition soit pour vous une lampe à vos pieds. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE


