Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Quand l’impuissance devient une porte vers la lumière »
Dans cet article inspiré de la sagesse vaudou, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè s’adresse aux « enfants de lumière » pour les aider à traverser le sentiment d’impuissance. Ce poids universel, fait de silence et de cœur serré, peut être transformé grâce à un chemin de reconnaissance et d’abandon. Lisez plutôt !!!
« Mes enfants de lumière, je vous parle aujourd’hui d’un poids que chacun porte un jour. Ce poids s’appelle le sentiment d’impuissance. Vous le connaissez. C’est ce moment où vos bras semblent trop courts, où votre esprit tourne en rond, où votre cœur se serre sans trouver de porte de sortie. Ce sentiment vous rend silencieux. Il vous coupe la parole. Il vous fait croire que vous n’êtes rien. Mais la sagesse ancienne, celle du vaudou qui émane directement du sein de Dieu, vous offre un chemin. Ce chemin ne fuit pas la difficulté. Il la traverse en s’inclinant devant ce qui est plus grand que l’homme.
L’impuissance naît souvent d’un refus. Vous ne reconnaissez pas la situation qui se dresse devant vous. Vous la combattez, vous la maudissez, vous voulez qu’elle disparaisse comme un mauvais rêve. Pourtant, mes enfants, toute situation reçue est un message. Le premier pas pour sortir de l’impuissance est de dire oui à ce qui arrive. Non pas un oui de résignation, mais un oui de reconnaissance. Je vois ce qui est. Je ne ferme pas les yeux. Dès que vous reconnaissez la situation, vous ouvrez une brèche. Et par cette brèche peut passer la gratitude. La gratitude est une vibration très haute. Elle n’est pas naïve. Elle est forte. Elle dit même à la douleur : tu es là, mais tu ne seras pas la dernière parole.
Que signifie alors cette expression ancienne ?
Remettez-vous entre les mains de Dieu ? Dans la tradition vaudou, la main de Dieu n’est pas une image lointaine. La main de Dieu est une présence. Elle est la protection qui vous entoure avant même que vous ne la sentiez. Elle est la bénédiction qui précède votre éveil. Mais cette main ne s’impose jamais. Elle attend que vous vous y déposiez-vous même, comme un oiseau fatigué se pose sur une branche. Le vaudou authentique ne sépare pas l’homme de Dieu. Il enseigne que le vaudou émane de Dieu et que l’humanité est la force vivante qui accomplit cette lumière. Chercher la guérison en soi, c’est d’abord accepter que l’on n’est pas seul. La main de Dieu est là, discrète, patiente.
Mes enfants, comparez cette main à une source électrique invisible. L’homme est comme une radio alors que le poste transistor ne capte aucune musique si elle n’est pas accordée sur la bonne fréquence. Vous pouvez être entourés d’ondes puissantes, votre silence restera complet tant que vous n’aurez pas tourné le bouton. Se remettre dans les mains de Dieu, c’est tourner ce bouton. C’est ajuster son cœur, son esprit et son corps à la fréquence de l’amour sans condition. Cette fréquence ne se négocie pas. Elle ne dit pas : je te donnerai si tu me donnes. Elle dit : je suis là, ouvre-toi.
Quand suis-je prêt ?
Ce n’est pas une question de quand, mais de comment. Celui qui veut recevoir la lumière pure doit d’abord se vider. Regardez un verre plein d’eau trouble. Si vous versez de l’eau claire dedans, elle se mélangera à l’impureté. Le verre restera sale. Il faut d’abord jeter l’eau ancienne. Il faut laver le récipient. Ainsi en est-il de votre tête et de votre cœur. Pour vous remettre dans la main de Dieu, vous devez vider vos préjugés. Abandonner vos désirs exigeants. Renoncer à cette petite volonté qui veut commander l’univers. Dieu ne se commande pas. L’humanité n’a pas le pouvoir de dicter ses lois au ciel. L’homme peut demander, il ne peut pas exiger.
Alors que faire concrètement quand l’impuissance vous étreint ?
En effet, agissez. Ne restez pas inactif en pensant que Dieu fera tout. La main de Dieu ne se substitue jamais à vos bras. Usez de tous les moyens matériels possibles. Cherchez, frappez, osez, tentez. Faites de votre mieux. Et quand vous avez épuisé ce que l’homme peut faire par lui-même, alors là, seulement là, vous vous arrêtez. Vous videz votre esprit. Vous cessez de lutter. Vous entrez dans l’espoir. Ce n’est pas une espérance molle. C’est une attente active, une réceptivité sans jugement.
Recevoir sans jugement, voilà le grand secret. Tant que vous jugez ce qui vous arrive, vous fermez la porte. Tant que vous dites : ceci est bien, ceci est mal, je veux ceci, je refuse cela, vous filtrez la lumière. Or la lumière divine est inconditionnelle. Elle ne demande pas votre avis. Elle donne ce dont vous avez besoin, pas toujours ce que vous voulez. Et c’est là que beaucoup trébuchent. Ils implorent avec des conditions. Seigneur, guéris-moi si tu existes. Seigneur, aide moi mais seulement comme je l’entends. Ce n’est pas ainsi que l’on reçoit. On reçoit dans le silence du jugement. On reçoit dans l’abandon confiant.
Vous me demandez si une personne pieuse peut-elle mesurer sa proximité avec Dieu ? Non. La lumière ne se mesure pas de l’extérieur. Elle ne se juge pas. Elle se vit. La hauteur de votre lumière intérieure est secrète. Elle n’appartient qu’à vous et au Seigneur. N’essayez pas de comparer. N’essayez pas de contrôler. Contrôler Dieu, c’est vouloir mettre l’océan dans une calebasse. Laissez-vous plutôt porter ou emplir. Et surtout, ne confondez jamais cet abandon avec la paresse. La paresse est un refus d’agir. L’abandon dans la main de Dieu est un acte de force. Il suppose que vous avez tout donné ce que vous pouviez donner. Il suppose que vos mains sont vides non par négligence, mais par offrande. Après avoir labouré la terre, vous confiez la pluie au ciel. Après avoir semé la graine, vous laissez le soleil faire son travail. Ainsi fait le sage. Ainsi fait celui qui ne se croit plus le maître du monde, mais l’enfant de la lumière.
Lorsqu’on a devant soir un verre remplit d’eau impure, pour retrouver la santé, il faut le vider. C’est ainsi qu’il faut vider sa tête de toutes les pensées qui tournent en cercle. Idem pour son cœur des rancunes et des peurs mais également ses mains des fausses certitudes. Alors le verre vide peut recevoir l’eau pure. Alors l’homme vide de son orgueil peut recevoir la vibration venue de l’au-delà. Cette vibration guérit. Elle ne promet pas une vie sans difficulté. Elle promet une force nouvelle au milieu des difficultés.
Mes enfants de lumière, votre impuissance n’est pas une honte. Elle est une porte. Elle vous rappelle que vous n’êtes pas Dieu. Et cette simple reconnaissance vous libère. Acceptez ce qui est. Remerciez même ce qui vous éprouve. Agissez tant que vous pouvez. Et après, Déposez-vous dans la main qui ne laisse jamais tomber. Cette main vous connaît. Cette main vous attend. Elle ne vous jugera pas. Elle vous relèvera. Maintenant, marchez en paix. La lumière est là, même dans votre silence. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE