Eric Houndété justifie son ralliement à Wadagni : «Cela obéit à des principes, non à des intérêts personnels »
Dans la capitale économique, lors d’un échange avec Bip Radio, Éric Houndété, qui se présente encore comme président provisoire du parti Les Démocrates, est revenu sur son appui au candidat Romuald Wadagni dans le cadre de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026. Il a également exposé les raisons de cette position, tout en abordant une procédure judiciaire en lien avec la gestion interne de son mouvement politique.
Questionné sur le sens de son soutien à un homme issu du camp présidentiel, rapporte La Nouvelle Tribune, Éric Houndété écarte toute existence d’une entente politique officielle. Il évoque une décision guidée par une réflexion stratégique et par l’essence même de l’action militante. « On ne fait pas un parti politique pour prendre un abonnement à l’opposition. L’objectif de toute opposition est gagner le pouvoir et de l’exercer », a-t-il affirmé au micro de Bip Radio. La vocation première de toute opposition demeure l’accès au pouvoir et son exercice.
À ses yeux, le fait de porter Romuald Wadagni traduit une envie de fuir une opposition qu’il juge improductive. Il soutient que cette orientation repose sur des points d’accord autour de plusieurs chantiers prioritaires, à savoir l’élévation du niveau de vie, la consolidation des libertés publiques et la sauvegarde du cadre démocratique. Le dirigeant politique précise que ce rapprochement s’est bâti sur la base d’un contrat républicain, dont il esquisse les contours sans en livrer la teneur exacte. Il mentionne des promesses générales orientées vers le bien-être collectif et une gestion davantage ouverte. Il admet néanmoins ne pouvoir affirmer que ces axes seront entièrement respectés par le candidat qu’il soutient.
Une reconfiguration politique en perspective
Éric Houndété replace également son choix dans un mouvement plus vaste de remodelage de la scène politique béninoise. Il pense que les changements en cours pourraient libérer un espace d’expression pour les courants venus de l’opposition, y compris à l’intérieur même du parti Les Démocrates. Il précise d’après la même source que ce recentrage intervient après une évaluation du programme de société proposé par Romuald Wadagni, qu’il estime en phase avec certaines des aspirations défendues par sa propre famille politique. Ce jugement, selon ses dires, a pesé lourd dans sa décision d’apporter son soutien.
Concernant d’éventuelles compensations politiques, notamment des postes ou des avantages, Éric Houndété se montre mesuré. Il indique que les fonctions à venir dépendront des évolutions politiques et des arbitrages rendus après le vote, sans faire de cela une condition préalable à son engagement actuel. Cette réserve détonne avec les pratiques locales fréquentes où les ralliements donnent lieu à des négociations ouvertes. Houndété cherche à faire valoir qu’il obéit à des principes et non à des intérêts personnels.

Un litige interne confié aux tribunaux
Par-delà l’élection présidentielle, l’ex député évoque la situation conflictuelle au sein du parti Les Démocrates. Il remet en cause la légitimité des responsables actuels et déclare avoir saisi la justice pour obtenir le respect des dispositions internes de la structure. Il estime que le parti appartient à tous ses adhérents et doit être piloté selon les statuts qui encadrent son fonctionnement. Le recours à l’autorité judiciaire, précise-t-il, « cherche à rétablir l’ordre face à ce qu’il perçoit comme des anomalies de gestion. »
Éric Houndété plaide également pour la liberté des militants de faire des choix politiques personnels, en l’absence d’un candidat officiellement désigné par le parti pour la présidentielle. Il soutient que cette situation autorise chacun à appuyer le postulant de son choix, sans violer les règles internes. Cette prise de position survient alors que des désaccords persistent au sein de la formation, particulièrement sur l’attitude à adopter avant le scrutin.
Ce combat judiciaire ajoute une dose supplémentaire de tension à un environnement politique déjà très agité. Si Eric Houndété obtient gain de cause devant les juges, l’équilibre précaire au sein des Démocrates risque de se briser. Dans l’hypothèse inverse, son ralliement à Wadagni pourrait être perçu comme une initiative isolée sans réelle légitimité partisane. Quoi qu’il advienne, l’ancien parlementaire a fait son choix et assume pleinement les conséquences.
Arnaud ACAKPO (Coll)