AES hautement représentée lors de l’investiture de Wadagni : Après la pluie, le beau temps

 AES hautement représentée lors de l’investiture de Wadagni : Après la pluie, le beau temps

Le 24 mai 2026 est significatif pour quatre pays de l’Afrique de l’Ouest. Non pas seulement parce que Romuald Wadagni est devenu président du Bénin. Mais parce que des signes ont réchauffé les cœurs. Des représentants du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont fait le déplacement. Ces trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont répondu présents à l’invitation. Un geste fort. Un geste rare ces derniers temps. La foule a applaudi. Les regards se sont éclairés. Quand le protocole a annoncé les noms, une belle émotion a saisi l’assemblée.

Le Burkina Faso, qui dirige aujourd’hui l’AES, avait envoyé son ministre des affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Le Mali était représenté aussi par son ministre des affaires étrangères, Abdoulaye Diop. Quant au Niger, c’est son premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui a fait le voyage. Ce dernier est apparu vers la fin de la cérémonie, au moment des poignées de main et des sourires échangés avec le nouveau président. Ces présences ont été remarquées. Elles ont été saluées comme il se doit.

Après la pluie, le beau temps

Pour comprendre l’importance de ce moment, il faut rappeler un passé récent. Depuis juillet 2023, la frontière entre le Bénin et le Niger restait fermée. Les relations étaient glaciales. Les autorités de Niamey accusaient le président sortant Patrice Talon d’ingérence et de vouloir déstabiliser le pays. Le dialogue était rompu. La confiance avait disparu. Mais ce dimanche, quelque chose a bougé. Les délégations de l’AES sont venues. Elles ont écouté. Elles ont félicité. C’est un premier pas. Un pas fragile, mais réel.

Ce geste ne trompe personne. Il montre que les portes ne sont pas fermées pour toujours. Romuald Wadagni, dans son discours, a tendu la main à ses voisins. Il a parlé de fraternité. Il a dit sa conviction que tous les pays de la région sont condamnés à travailler ensemble contre le terrorisme et pour le développement. Les représentants de l’AES étaient là pour entendre ce message. Et ils ont choisi d’être visibles. C’est cela, le vrai signe. L’AES a envoyé ses hauts responsables. Pas des anonymes. Des décideurs. Des hommes qui parlent au nom de leur pays.

Le message poignant du ministre malien

Le moment le plus émouvant de cette réconciliation en marche est venu du ministre malien. À la fin de la cérémonie, Abdoulaye Diop s’est approché du micro de Banouto. Il avait un message à transmettre. Un message de son président de transition, le général Assimi Goïta, à l’attention du nouveau chef de l’État béninois. Sa voix était calme, mais ferme. Il a déclaré : « C’est un honneur de représenter le président de la transition, le général d’armées Assimi Goïta, pour répondre à l’invitation pour l’investiture du président du Bénin à qui il nous a demandé d’adresser ses vœux de réussite et sa volonté de vouloir œuvrer avec tout le peuple de la région pour la paix, la stabilité et la fraternité. »

Ces quelques phrases ont eu l’effet d’une douce pluie sur une terre assoiffée. Le ministre malien a reçu des ovations lorsqu’il s’est levé pour aller féliciter le nouveau président béninois. Visiblement touché, il a confié ce que ce chaleureux accueil lui inspirait. Selon lui, cette marque d’affection démontrée par les Béninois signifie que l’union règne entre les peuples au-delà des querelles entre dirigeants. « Cela veut dire que nos peuples sont toujours ensemble et il faut continuer à être ensemble », a-t-il laissé entendre avec un large sourire.

Une cérémonie sobre mais chargée de sens

Au total, treize autres délégations étaient également présentes. La cérémonie s’est déroulée au Palais des Congrès de Cotonou. Selon le code de protocole du Bénin, aucun chef d’État n’a assisté à l’investiture. Cela n’a pas empêché l’AES d’être hautement représentée. Une preuve que l’on cherche à renouer le fil du dialogue. Les paroles d’Abdoulaye Diop résonnent encore. La volonté de travailler ensemble pour la paix et la stabilité a été clairement exprimée. Un signe édifiant pour toute l’Afrique de l’Ouest, fatiguée des crises et assoiffée d’unité. Ce 24 mai 2026, Cotonou est devenue le théâtre d’un rapprochement que beaucoup n’osaient plus espérer.

Damien TOLOMISSI

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