Transition républicaine au pôle économique : Olushegun Adjadi Bakari prend les rênes du super-ministère de la transformation structurelle
Le paysage institutionnel béninois entame sa mue sous l’égide du premier gouvernement du Président Romuald Wadagni. Ce mardi, les locaux du Ministère de l’Industrie et du Commerce ont servi de cadre à une cérémonie de passation de charges à la fois sobre et hautement stratégique. Mme Alimatou Shadiya Assouman a officiellement transmis les clés des secteurs de l’industrie, du commerce extérieur et du tourisme à son successeur, M. Olushegun Adjadi Bakari. Ce dernier prend la tête d’un portefeuille élargi, désormais configuré comme le véritable réacteur de la croissance et de l’investissement privé pour le septennat qui s’ouvre.
C’est le Secrétaire Général du Ministère, M. Eric Kader Gbian Tabé, qui a ouvert le bal des allocutions. Plantant le décor protocolaire, il a rappelé les fondements juridiques de cette transition, matérialisée par le décret numéro 2026-314 du 24 mai 2026 portant composition du premier gouvernement de l’ère Wadagni. « La présente cérémonie traduit la continuité de l’État à travers la passation des charges relatives au tourisme, au commerce extérieur et à l’industrie », a posé le Secrétaire Général, soulignant la fusion de blocs sectoriels désormais appelés à fonctionner en parfaite synergie.
Le bilan d’un ancrage structurel (2016-2026)
Prenant la parole avec une émotion teintée de solennité, la ministre sortante, Mme Alimatou Shadiya Assouman, a d’abord exprimé sa gratitude au nouveau Chef de l’État pour sa confiance renouvelée, avant de saluer l’action de l’ancien président Patrice Talon, sous l’autorité duquel elle a dirigé l’Industrie et le Commerce depuis septembre 2019, ainsi que l’intérim du Tourisme.
Mme Assouman a dressé le bilan d’une décennie de réformes profondes, notamment dans le secteur touristique, repositionné grâce à la marque-pays « Bénin, un monde de splendeurs » et des produits phares comme les Vodun Days. Sur le plan industriel, elle a rappelé la mise en place d’un code des investissements attractif et la viabilisation des premières zones industrielles.
En transmettant les dossiers, la ministre sortante a balisé le chemin pour son successeur en insistant sur les urgences de l’heure : l’opérationnalisation de la Société Bénin Tours S.A., la finalisation de la Stratégie Nationale d’Exportation (SNE), et le déploiement des zones économiques spéciales de Kétou et de Sèmè-Kpodji.

La doctrine Bakari : « Attirer, Transformer, Exporter »
Succédant à la tribune, le nouveau ministre Olushegun Adjadi Bakari a d’emblée placé son mandat sous le sceau de l’obligation de résultats, liant sa mission au projet de société défendu par le Président Wadagni. Transfuge du ministère des Affaires étrangères, M. Bakari entend convertir les ouvertures diplomatiques de ces trois dernières années en opportunités économiques concrètes.
« Le défi est de faire en sorte que le dynamisme de la croissance économique que notre pays connaît depuis dix ans devienne une réalité concrète pour chaque foyer, dans chaque panier de la ménagère », a martelé le ministre entrant.
Pour y parvenir, Olushegun Adjadi Bakari a dévoilé une feuille de route limpide, articulée autour d’un triptyque conceptuel fort : Attirer : Capter les flux de capitaux, d’entreprises et de touristes du monde entier vers la destination Bénin ; Transformer : Mettre un terme à l’exportation des matières premières brutes. « Lorsque nous exportons des matières premières brutes, en réalité, nous exportons des emplois », a-t-il diagnostiqué, promettant de sanctuariser la valeur ajoutée sur le sol national pour la jeunesse ; Exporter : Conquérir les marchés internationaux pour engranger des devises et consolider la souveraineté économique du pays.
Une seule grande maison pour un nouveau cap
L’un des moments forts du discours du ministre Bakari a été sa capacité à donner du sens à cette nouvelle architecture ministérielle, fusionnant trois entités autrefois distinctes. « C’est trois maisons différentes qui vont se mettre ensemble pour constituer une grande maison », a-t-il résumé, appelant ses nouveaux collaborateurs à la méthode et à l’ambition.
La cérémonie s’est conclue par la signature formelle du procès-verbal de passation de charges. En tendant la main à ses équipes et en réaffirmant sa politique de la porte ouverte, Olushegun Adjadi Bakari a posé les jalons d’une gouvernance de combat, où l’économie nationale ne se mesurera plus seulement en taux de croissance, mais en impact réel sur le quotidien des Béninois.
R. GUEZODJE