Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La modestie ouvre ce que la force ferme »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La modestie ouvre ce que la force ferme »

Dans un monde où chacun veut paraître, où les réseaux et les honneurs font tourner les têtes, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè a décidé de partager sa vision et sa sagesse sur la modestie. Loin des grands discours, il puise dans la cour de ses expériences. Il montre comment cette vertu discrète transforme l’intelligence, les relations, la sécurité, le pouvoir, l’argent et la maison. Un message simple, profond et nécessaire.

« Mes enfants, approchez et écoutez. Ce que je vais vous dire, je ne l’ai pas trouvé dans un grand livre. Je l’ai appris dans la cour de mon père, au marché, dans les champs, dans les administrations et surtout dans mes relationnels. Aujourd’hui, je veux vous parler de la modestie. Beaucoup de gens croient que la modestie est une faiblesse. Ils pensent qu’un homme modeste est un homme qui a peur, un homme qui s’écrase, un homme qui n’a pas de valeur. C’est faux. La modestie n’est pas le mépris de soi. C’est la connaissance de soi. Elle ne demande pas de te rabaisser. Elle demande de savoir ta vraie taille, de reconnaître que tu ne sais pas tout, et de donner aux autres la place qui leur revient.

La modestie commence par éclairer ton intelligence. Un homme orgueilleux croit qu’il a déjà tout compris. Il n’écoute personne. Il n’apprend plus. Il devient comme une calebasse fermée, qui garde son eau et ne reçoit plus la pluie. L’homme modeste, lui, pose des questions. Il demande le chemin quand il est perdu. Il reconnaît son erreur sans trembler. Et c’est ainsi qu’il avance. Dans ma jeunesse, j’ai vu des gens refuser une bonne idée simplement parce qu’elle ne venait pas d’eux. Ils ont perdu beaucoup. La modestie te garde en apprentissage toute ta vie.

Pense à Nelson Mandela. Il est resté 27 ans en prison. Quand il est sorti, il est devenu président. Beaucoup auraient voulu se venger. Lui, il a tendu la main à ses anciens gardiens. Il a invité ses ennemis à gouverner avec lui. Voilà la modestie d’un grand homme. Il n’a pas crié sa victoire. Il a construit son pays. Et le monde entier l’a respecté. Un autre exemple me vient du marché de Dantokpa. Il y avait un grand commerçant très riche. Un jour, un jeune vendeur lui a montré une nouvelle façon de ranger les marchandises. Au lieu de le chasser, le vieux commerçant l’a écouté. Il a gagné encore plus d’argent. L’orgueil ferme la porte. La modestie l’ouvre.

Ensuite, la modestie embellit tes relations. Regarde bien autour de toi. Les gens aiment s’approcher de celui qui ne se prend pas pour un roi. L’homme modeste écoute. Il ne coupe pas la parole. Il ne méprise pas le pauvre, il ne craint pas le riche. Il traite l’enfant et l’ancien avec le même respect. Voilà pourquoi les portes s’ouvrent devant lui. Voilà pourquoi on lui confie des responsabilités. Le monde ne suit pas longtemps l’homme qui regarde tout le monde de haut. Mais il suit volontiers celui qui marche à sa hauteur. Je me souviens d’un chef de village dans notre région. Il était puissant. Mais il saluait chaque paysan par son nom. Il s’asseyait par terre avec les anciens. Quand il est mort, tout le village a pleuré. Personne n’a osé dire du mal de lui. À côté, il y avait un autre chef qui ne parlait qu’aux riches. Quand il a eu un problème, personne ne s’est levé pour l’aider. La modestie tisse des liens que l’argent ne peut pas acheter.

Puis, la modestie veille sur ta sécurité. Un homme qui pense être arrivé arrête de regarder la route. Il se croit invincible. Alors il tombe, et sa chute est grande. L’homme modeste sait qu’un malheur peut arriver demain. Il garde les yeux ouverts. Il ne dépense pas tout parce qu’il a gagné un peu. Il ne méprise pas celui qui est tombé hier, car il sait qu’il pourrait tomber demain. Cette prudence n’est pas de la peur. C’est de la sagesse. Et la sagesse protège mieux qu’une armée.

La modestie donne aussi un vrai visage au pouvoir. Écoutez bien ceci. Le pouvoir sans modestie devient une maladie. J’ai connu des chefs qui commandaient sans écouter. Au début, on leur obéissait par crainte. Puis, petit à petit, les gens se sont éloignés. Un jour, ils se sont retrouvés seuls avec leurs ordres. Le vrai chef est celui qui se penche. Il remercie ceux qui travaillent. Il reconnaît la part de chacun dans la réussite commune. Quand un leader est modeste, son équipe se bat pour lui, non par peur, mais par amour. Cela vaut plus que tous les décrets du monde.

La modestie parle encore à ton argent

L’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître. Beaucoup de gens se perdent dès qu’ils ont quelques billets. Ils changent de démarche, de parole, d’amis. Ils oublient d’où ils viennent. La modestie te garde les pieds sur terre même quand ton grenier est plein. Elle te rappelle que la richesse passe, que la santé passe, que la beauté passe. Celui qui comprend cela garde la paix du cœur. Et la paix du cœur vaut mieux que l’or. La modestie entre enfin dans ta maison. Une famille où chacun veut avoir raison est un champ de bataille. Le mari qui n’écoute pas sa femme, la femme qui n’écoute pas son mari, les enfants qui méprisent leurs parents, tout cela vient de l’orgueil. La modestie guérit ces blessures. Elle apprend à demander pardon. Elle apprend à dire merci. Elle apprend à céder quand cela ne coûte rien. Une maison modeste est une maison où l’on dort bien.

Enfin, mes enfants, souvenez-vous de ceci. La modestie ne t’empêche pas d’être fort. Un homme modeste peut dire non. Il peut défendre la vérité. Il peut refuser l’injustice. Il le fait simplement sans bruit, sans insulter personne. C’est cela le courage tranquille. Le pays dont les dirigeants, les juges, les enseignants et les parents cultivent la modestie est un pays qui grandit. Car la modestie n’enlève rien à personne. Elle ajoute à chacun. Alors je vous le dis avec tout mon cœur. Sois grand par ce que tu fais, et petit par ce que tu penses de toi. Le fleuve le plus puissant ne crie jamais. Il avance. Fais comme lui. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE

Articles similaires