Et si Les Démocrates soutenaient Wadagni : La décision qui pourrait tout changer
La semaine écoulée, l’ancien président Boni Yayi a quitté son poste à la tête du parti Les Démocrates. La raison officielle ? Des problèmes de santé. Après des décennies de vie politique intense, l’homme qui a dirigé le pays de 2006 à 2016 a choisi de passer la main. Sa décision laisse orphelins les membres de son parti politique qui chercher à le convaincre pour revenir sur sa décision. Mais dans tout vide, il y a aussi une promesse. Peut-être, c’est l’heure pour les Démocrates de surprendre tout le monde en soutenant Romuald Wadagni.
Cette idée peut sembler étrange. Elle peut même choquer au premier abord. Car Romuald Wadagni n’est pas un membre de l’opposition. Il est le ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement de Patrice Talon. C’est l’homme qui gère les comptes du pays, celui que les institutions internationales félicitent souvent pour son travail. Alors pourquoi un parti d’opposition irait-il soutenir un ministre du pouvoir en place ? La question mérite d’être posée. Et peut-être mérite-t-elle une réponse audacieuse.
En effet, Romuald Wadagni n’est pas un politicien comme les autres. Il n’a jamais couru après les postes. Il n’a jamais participé aux petites querelles qui fatiguent tant les citoyens. C’est un technocrate, un homme de dossiers, un serviteur de l’État qui a passé des années à redresser l’économie béninoise. Sous son action, le pays a connu une transformation que même ses adversaires reconnaissent. Les routes se sont construites. Les hôpitaux se sont modernisés. Le Bénin a gagné en respect sur la scène internationale. Ces réalités, personne ne peut les nier.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. Bien sûr, il reste des défis immenses. Mais quand un homme fait du bon travail, pourquoi ne pas lui tendre la main ? Pourquoi l’opposition devrait-elle rester enfermée dans son camp, à refuser par principe tout ce qui vient du pouvoir ? La politique, ce n’est pas un jeu d’enfants. C’est la gestion de la cité, du bien commun. Et le bien commun, justement, pourrait bénéficier d’une telle alliance.
Si Les Démocrates, le parti de Boni Yayi, qui représente une partie de l’électorat, décident de soutenir Romuald Wadagni, cela ne serait pas une trahison. Ce serait un acte de courage. Ce serait dire que l’intérêt du Bénin passe avant les étiquettes, avant les rancunes, avant les vieilles habitudes. Ce serait construire un pont entre deux rives qui se tournent parfois le dos. Le peuple béninois, lui, en a assez des divisions. Les citoyens ordinaires ne comprennent pas toujours pourquoi ceux qui devraient travailler ensemble passent leur temps à se battre. Ils veulent du travail, de la sécurité, de l’espoir pour leurs enfants. Ils veulent que leur pays avance. Si Les Démocrates et Romuald Wadagni s’unissaient, ce serait un message magnifique envoyé à la nation. Ce serait la preuve que la politique peut être belle, qu’elle peut rassembler au lieu de diviser.
Bien sûr, des obstacles existent. Il y a des blessures anciennes entre le camp de Boni Yayi et celui de Patrice Talon. Il y a de la méfiance, des souvenirs douloureux. Mais justement, la grandeur se mesure à la capacité de dépasser ces blessures. Soutenir Wadagni, c’est reconnaître qu’un homme compétent mérite d’être aidé, quel que soit son camp d’origine.
Les Démocrates ont besoin d’un nouveau souffle.
La démission de Boni Yayi, même si elle est douloureuse, ouvre un espace inédit. Le parti peut choisir la facilité : désigner quelqu’un de l’intérieur, continuer comme avant, rester dans l’opposition traditionnelle. Mais il peut aussi choisir l’audace. Il peut décider de surprendre, d’innover, de proposer quelque chose que personne n’attend. Et quoi de plus surprenant que de soutenir un homme du gouvernement reconnu pour son efficacité ?

Romuald Wadagni, est un homme discret, travailleur, qui ne cherche pas les projecteurs. Il parle peu mais agit beaucoup. Dans un monde politique où les bavards sont nombreux, un tel profil peut plaire. Les Béninois en ont assez des promesses non tenues, des discours enflammés qui n’aboutissent à rien. Avec Wadagni, ils auraient quelqu’un qui connaît les dossiers, qui maîtrise les chiffres, qui a déjà prouvé sa capacité à gérer.
Il y a aussi un autre aspect important. Le Bénin a besoin de stabilité. Un large rassemblement autour d’une candidature sérieuse apaiserait les tensions. Cela montrerait que le Bénin est un pays mature, capable de dépasser ses clivages pour choisir l’intérêt général. Cela enverrait un signal fort à nos partenaires étrangers, aux investisseurs, à tous ceux qui regardent notre démocratie.
Bien sûr, il ne s’agit pas de forcer qui que ce soit. Les Démocrates doivent décider librement, en leur âme et conscience. Mais la question mérite d’être posée sérieusement, sans tabou, sans préjugé. Que veulent les militants du parti ? Que veulent les citoyens qui se reconnaissent dans ses valeurs ? Veulent-ils rester dans l’opposition pour l’opposition, ou veulent-ils participer à la construction du Bénin de demain ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La politique n’est pas un match de football où il faut absolument que son camp gagne. C’est une aventure collective où chacun doit apporter sa pierre. Si Romuald Wadagni incarne une certaine idée du progrès, pourquoi ne pas le soutenir ? Pourquoi ne pas mettre de côté les vieilles querelles pour bâtir quelque chose de neuf ?

Le moment est venu de réfléchir. Le départ de Boni Yayi, si triste soit-il, peut devenir une opportunité. Une chance de réinventer la politique béninoise, de lui donner un visage nouveau, rassembleur, tourné vers l’avenir. Les Démocrates ont entre leurs mains la possibilité de faire un geste historique. Tendre la main à Romuald Wadagni, ce serait tendre la main à une certaine idée de l’excellence, de la compétence, du service public.
Le peuple béninois, lui, regarde. Il attend. Il espère que ses dirigeants sauront être à la hauteur. Il espère que la politique saura le surprendre en bien, pour une fois. Alors oui, la question mérite d’être posée. Et si Les Démocrates soutenaient Romuald Wadagni ? Et si, pour la première fois depuis longtemps, l’intelligence l’emportait sur les calculs ? Et si le Bénin montrait l’exemple à toute l’Afrique ? « L’avenir appartient à ceux qui osent », dit-un adage. Le Bénin mérite cette grandeur.
Damien TOLOMISSI