Abdel Rahman Ouorou Barè élu au comité des droits des personnes handicapées de l’ONU : «…de Cotonou à New York, nos diplomates ont su mobiliser… »

 Abdel Rahman Ouorou Barè élu au comité des droits des personnes handicapées de l’ONU : «…de Cotonou à New York, nos diplomates ont su mobiliser… »

Le Bénin confirme son rayonnement diplomatique. Abdel Rahman Ouorou Barè vient d’être élu expert au Comité des droits des personnes handicapées de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Une consécration qui, comme le souligne lui-même, récompense une stratégie offensive menée main dans la main avec les autorités béninoises. De Cotonou à New York, les diplomates ont su convaincre 122 pays. Retour sur une élection historique et les missions cruciales de ce comité.

Vous avez été élu expert au Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU. Quelles sont vos premières impressions ?

Je ressens une grande fierté d’appartenir à cette nation qui ne cesse de prouver l’efficacité de sa diplomatie. Cette élection n’est pas seulement une victoire personnelle. Elle est le fruit de la réputation internationale de notre pays construite ces dernières années. Siéger au Comité des droits des personnes handicapées en tant qu’expert est une lourde et exaltante responsabilité à laquelle je ne saurais me dérober.

Une élection à l’ONU n’est jamais facile. Elle résulte souvent de négociations très intenses et ardues. Quelle part ont joué les autorités de notre pays dans ce succès ?

Je répondrai à cette question en disant que mon gouvernement n’a pas seulement proposé et soutenu ma candidature mais également il a conçu une stratégie de campagne d’une efficacité à nulle autre pareille afin de mobiliser des votants pour la cause de notre pays. Ainsi, de Cotonou à New York, nos diplomates ont su mobiliser les réseaux, les convaincre et faire basculer 122 voix en faveur du Bénin. Sans cette diplomatie offensive et déterminante, ce succès international n’aurait pas été possible. A ma modeste mesure, je leur rends un hommage patriotique. Je tiens, par ailleurs, à sincèrement remercier le Président de la République, SEM Romuald Wadagni, les ministres Olushegun Adjadi Bakari, Véronique Tognifodé et Corinne Amori Brunet, ainsi que leurs collaborateurs, aussi bien ceux de Cotonou que de New York.

Pour que nos lecteurs comprennent bien l’importance de votre élection, quelles sont les missions spécifiques de ce Comité de l’ONU ?

Le Comité des droits des personnes handicapées est un organe composé d’experts indépendants qui contrôle la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées par les États parties. Ses missions sont très stratégiques et se structurent autour de trois piliers. D’abord, l’évaluation des stratégies nationales en rapport avec la prise en compte du handicap : ce Comité étudie les rapports périodiques de tous les pays signataires afin de vérifier si leurs lois, leurs installations et leurs moyens financiers respectent la participation et la dignité des personnes handicapées. Ensuite, l’examen des requêtes : le Comité est également compétent pour examiner les violations des droits de l’homme des personnes handicapées dans les pays signataires. Enfin, l’élaboration de directives générales : le Comité fait des recommandations pour accompagner les gouvernements du monde entier sur des sujets cruciaux comme l’accessibilité universelle, l’éducation inclusive, le droit au travail ou l’autonomie des personnes handicapées. Comme on le constate, ce Comité est un organe de contrôle, de jurisprudence et d’orientation à l’échelle planétaire.

C’est une responsabilité considérable. Croyez-vous que la réputation du pays sur ces problématiques précises ait été un atout pour nos diplomates dans cette élection ?

Tout à fait, parce que vous savez, dans ces conditions, une diplomatie efficace s’appuie toujours sur des réalités nationales concrètes et positives. Cette élection est une reconnaissance internationale des efforts constants et pragmatiques du gouvernement béninois en ce qui concerne la participation sociale des couches vulnérables. Notre pays, en matière d’inclusion sociale des personnes handicapées, a sérieusement avancé avec un cadre juridique et social très en phase avec les objectifs de développement durable. Nos diplomates, en plus de leur efficacité, avaient un sérieux bilan sur lequel ils pouvaient s’appuyer.

Pour terminer, comment aborderez-vous ce poste, vu l’importance de toutes ces missions ?

Dieu ne donne jamais à une âme une charge supérieure à ses épaules. Mon parcours et mon expérience me permettront d’y aller avec beaucoup d’humilité, de responsabilité, de compétence, de rigueur, d’équité et de justice. Je veillerai à ce que, dans chaque État, la Convention relative aux droits des personnes handicapées soit une réalité dans sa mise en œuvre. Je travaillerai pour que l’inclusion et l’équité progressent partout dans le monde, en m’inspirant des dynamiques positives que nous construisons chez nous au Bénin. Je veillerai à être digne de la confiance que les Béninois et la communauté internationale ont placée en moi, en prouvant que l’Afrique, et en particulier le Bénin, a toute sa place dans la gestion planétaire des droits des personnes handicapées. Je ne saurais terminer sans adresser mes plus sincères remerciements au Président Patrice Talon pour sa vision et les réformes courageuses qu’il a déployées en faveur de l’inclusion sociale des personnes handicapées, réformes que le Président Romuald Wadagni poursuit avec abnégation. Le Bénin démontre qu’une société plus équitable et accessible est possible.

Propos Recueillis par Patrice ADJAHO

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