Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Ce qui fait la force d’une association » 

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Ce qui fait la force d’une association » 

Dans ce texte empreint de sagesse et de chaleur humaine, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, figure respectée et guide éclairé, livre sa vision profonde de la vie collective. Avec des mots simples et des images puisées dans le quotidien, il nous rappelle que faire partie d’une association ou d’un mouvement est d’abord une aventure humaine. À travers des enseignements sur l’engagement, le respect, la transparence et la convivialité, il trace pour le chemin qui mène d’un simple groupe de travail à une véritable famille unie par un rêve commun. Un message universel à méditer pour tous ceux qui ont choisi de cheminer ensemble.

Mes amis, mes frères, mes sœurs de cheminement, posons-nous un instant. Nous avons choisi de faire route ensemble. Nous avons décidé de joindre nos forces au sein de ce mouvement, au cœur de cette association. Ce n’est pas un acte anodin. C’est une promesse que l’on se fait à soi-même et que l’on fait aux autres. C’est la décision de construire quelque chose de plus grand que nos simples ambitions personnelles. Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous une pensée simple sur la manière d’honorer cette promesse, sur la façon de bien se comporter dans cette maison commune que nous édifions.

Il faut d’abord comprendre une chose essentielle. Une association, un mouvement, est comme un grand arbre. Chaque branche, chaque feuille a sa place et son rôle. Mais toutes puisent leur sève à la même racine. Cette racine, c’est la mission commune, l’objectif précis pour lequel nous nous sommes réunis. Si une branche décide de pousser dans une direction contraire au tronc, elle s’affaiblit et prive l’arbre de sa force. Ainsi, la première des sagesses est d’aligner nos actions sur cette mission. Avant d’agir, avant de proposer, demandons-nous toujours : « Est-ce que cela sert le but pour lequel nous sommes là ? Est-ce que cela rapproche notre mouvement de son rêve ou l’en éloigne-t-il ? » Garder ce cap, c’est déjà faire preuve d’un grand respect pour le groupe.

Ensuite, il y a ce document que nous appelons les statuts, ou le règlement intérieur. Certains les voient comme des contraintes, des papiers poussiéreux qui empêchent d’agir librement. Je vous invite à changer de regard. Les statuts sont comme les règles d’un jeu. Supposons une partie de football sans règles, chacun courant après le ballon avec ses propres idées. Ce serait la confusion, et bientôt la dispute. Les règles ne sont pas là pour brimer le joueur, mais pour que le jeu puisse avoir lieu, pour que chacun puisse exprimer son talent dans un cadre clair. Respecter les statuts, c’est accepter ce cadre. C’est dire au groupe : « Je reconnais ton organisation, je reconnais ta manière de fonctionner, et je m’y plie pour que nous puissions tous avancer ensemble, sans heurts inutiles. » C’est une preuve d’intelligence collective.

Mais le respect des règles ne suffit pas. Il faut y mettre du cœur, de la chaleur humaine. Il faut faire preuve d’engagement. L’engagement, ce n’est pas seulement être présent aux réunions. C’est être présent par la pensée et par l’action. C’est arriver avec l’esprit ouvert et les manches retroussées. C’est proposer son aide avant même qu’on ne la demande. C’est accepter les petites tâches ingrates avec le même sourire que l’on met à préparer une grande fête. Un groupe où chacun attend que le voisin fasse le travail est un groupe qui s’éteint doucement. Un groupe où chacun met la main à la pâte est un groupe qui rayonne et qui attire. L’engagement, c’est la preuve vivante que l’on croit au projet.

Et dans cette aventure commune, il y a une attitude d’or à cultiver : la collaboration. Personne ne détient la vérité absolue. Personne n’a toutes les compétences. La force du groupe, c’est justement de rassembler des personnes différentes. Celui qui est fort pour parler et celui qui est fort pour écrire, celui qui a des idées et celui qui a des mains habiles. Accepter de collaborer, c’est accepter de ne pas tout faire seul. C’est tendre la main à l’autre et reconnaître sa valeur. C’est mettre nos talents en commun comme on met des pierres de couleurs différentes pour créer une belle mosaïque. Sans cette humilité de travailler ensemble, nos différences deviendraient des divisions.

Cette collaboration doit être éclairée par la transparence. Dans une famille, on n’aime pas les cachotteries. Dans un mouvement, c’est pareil. La transparence, c’est oser dire ce que l’on pense lors des réunions, et non dans les couloirs après. C’est partager les informations que l’on a, pour que personne ne se sente exclu ou mis de côté. C’est expliquer clairement ses actions, surtout lorsque l’on a une responsabilité. La transparence est la lumière qui empêche les petits malentendus de devenir de grandes ombres. Elle construit la confiance, et la confiance est le ciment le plus solide qui soit.

Bien entendu, tout cela ne peut fonctionner sans un ingrédient de base : le respect. Le respect des idées, même quand on ne les partage pas. Le respect du temps des autres, en commençant les réunions à l’heure. Le respect de la parole, en écoutant vraiment celui qui s’exprime, sans le couper. Le respect des différences d’opinion, en discutant avec calme et en cherchant toujours ce qui rassemble plutôt que ce qui divise. Un mot dur peut blesser plus profondément qu’un désaccord. Une parole aimable peut apaiser bien des tensions. Le respect, c’est l’huile qui permet aux rouages de fonctionner sans grincer.

Pour que cette huile circule bien, il est essentiel de communiquer activement. Ne laissez pas les questions sans réponse. Ne laissez pas les doutes s’installer. Si vous avez un problème, parlez-en. Si vous avez une idée, partagez-la. Si vous ne comprenez pas quelque chose, demandez. La communication, c’est le sang qui circule dans les veines du groupe. Quand elle s’arrête, les extrémités s’engourdissent et meurent. Quand elle est fluide, tout l’organisme est vivant et réactif. Osez dire, mais osez aussi écouter. C’est dans cet échange que naissent les plus belles solutions.

Enfin, n’oublions pas une chose. Nous ne sommes pas seulement des collègues ou des camarades de route. Nous sommes aussi des compagnons. Et les compagnons savent qu’il est bon, après le travail, de partager un moment de joie simple. Participer aux moments de convivialité, ce n’est pas du temps perdu. C’est du temps gagné pour l’esprit d’équipe. Autour d’un plat partagé, d’une chanson ou d’une simple discussion, les masques tombent. On découvre l’humain derrière le responsable, le père de famille derrière le trésorier, le rêveur derrière le secrétaire. Ces instants tissent des liens invisibles mais très forts. Ils font que, le lendemain, lorsqu’il faudra affronter une difficulté, on ne verra plus seulement un collègue, mais un ami. Et avec un ami, on est prêt à déplacer des montagnes.

Alors voilà, chers compagnons de route. Aligner nos pas sur la mission commune, respecter le cadre que nous nous sommes donné, nous engager sincèrement, collaborer avec humilité, agir avec transparence, traiter chacun avec respect, communiquer sans crainte et partager des moments de joie. Voilà comment on construit une maison solide. Voilà comment on fait d’un groupe une véritable famille. Que nos actions soient toujours à la hauteur de nos rêves collectifs. La route est longue, mais ensemble, elle est belle.

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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