Présidentielle du 12 avril 2026 : La HAAC cadre la campagne médiatique

 Présidentielle du 12 avril 2026 : La HAAC cadre la campagne médiatique

À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, un vent d’organisation souffle sur les médias béninois. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), a rendu publique une décision importante. Celle-ci encadre le déroulement de la campagne médiatique pour le scrutin qui désignera le prochain duo Président et Vice-président de la République. L’objectif affiché est de  permettre à chaque candidat de s’exprimer dans un cadre équitable tout en préservant la paix et la cohésion nationale.

Le temps de la parole politique est désormais compté et minuté. La HAAC a fixé des dates précises que tous les médias devront respecter. Pour le premier tour de l’élection, la campagne médiatique débutera le vendredi 27 mars 2026 à minuit et s’achèvera le vendredi 10 avril 2026 à la dernière minute de la journée. Si un second tour s’avérait nécessaire, il se déroulerait du vendredi 24 avril au vendredi 8 mai 2026, selon les mêmes horaires. Pendant ces périodes, l’information électorale devient une matière délicate qui demande une attention particulière.

Les organes de presse sont invités à faire preuve d’une rigueur exemplaire dans tout ce qu’ils diffuseront. Qu’il s’agisse de recueillir les informations, de les traiter, de les programmer ou de les diffuser, chaque étape devra être menée avec soin. La HAAC rappelle que le métier de journaliste, en période électorale, ressemble à « celui d’un jardinier qui doit arroser chaque plante avec équité sans jamais étouffer l’une au profit de l’autre ».

Pour éviter que la campagne ne dérape sur des pentes glissantes, l’autorité de régulation a édicté plusieurs interdictions précises. Les médias ne devront pas diffuser de chansons, de jeux, de spots, de communiqués, de proverbes, de caricatures ou de récits satiriques qui pourraient jeter de l’huile sur le feu. Tout ce qui pourrait inciter à la haine ou menacer la cohésion nationale est proscrit. C’est une manière de rappeler que la compétition électorale doit rester une fête démocratique et non un champ de bataille.

Les sondages d’opinion liés à l’élection sont également bannis des médias pendant la campagne. L’idée est d’éviter que des chiffres, parfois trompeurs, n’influencent le choix des électeurs ou ne créent des dynamiques artificielles. De même, les journalistes sont appelés à vérifier scrupuleusement leurs sources avant de publier une information. La rumeur n’a pas sa place dans le paysage médiatique en période de scrutin.

La décision de la HAAC innove en évoquant un sujet très actuel : l’intelligence artificielle. Les médias doivent s’interdire toute manipulation des informations diffusées et des propos des candidats par un usage incontrôlé de ces nouvelles technologies. À l’heure où il devient facile de fabriquer de fausses images ou de faux discours, cette mise en garde tombe à point nommé. Elle rappelle que la technologie doit servir la vérité et non la travestir.

La vigilance doit aussi s’exercer sur les contenus numériques. Les médias sont invités à redoubler d’attention pour ne pas laisser les fausses informations se répandre comme une traînée de poudre sur leurs plateformes en ligne. La paix sociale est un bien trop précieux pour qu’on laisse le mensonge la menacer.

Du côté des candidats, la HAAC a prévu un dispositif qui vise à placer tout le monde sur un pied d’égalité. Les médias retenus pour la campagne officielle devront assurer un accès gratuit et équitable aux duos en lice ainsi qu’aux partis politiques qui les soutiennent. Cette règle d’or garantit que chaque concurrent pourra exposer ses idées sans que l’argent ou l’influence ne vienne fausser le jeu.

Dans les journaux télévisés ou radiodiffusés, chaque duo candidat bénéficiera d’un espace bien défini. La HAAC a prévu deux reportages de trois minutes chacun à chaque édition du journal. C’est une fenêtre d’expression régulière qui permettra aux électeurs de découvrir les propositions des uns et des autres. Dans la presse écrite, l’espace réservé est de mille cinq cents signes, ce qui correspond à peu près à un quart de page par parution. Les partis politiques auront également droit à un reportage quotidien pour défendre leurs idées.

La société civile n’est pas oubliée dans ce dispositif. Ses différentes composantes disposeront d’un volume d’expression limité mais réel : cinq reportages et cinq publications au cours de la campagne. C’est une manière de reconnaître le rôle que jouent ces acteurs dans le débat public.

Pour permettre aux candidats de détailler leurs projets, deux émissions spéciales ont été créées. La première s’appelle « Face à la Nation ». Dans ce programme, chaque candidat pourra s’adresser directement aux citoyens pendant dix minutes, sous forme de message ou d’entretien. La seconde émission, baptisée « En route vers la Marina », offre un format plus long. Pendant cinquante-deux minutes, chaque duo candidat pourra exposer en profondeur son projet de société et répondre aux questions des journalistes.

En cas de second tour, un moment particulièrement attendu viendra compléter ce dispositif. Un débat direct de quatre-vingt-dix minutes sera organisé entre les deux duos encore en lice. Il sera diffusé en direct et en français sur l’ensemble des médias retenus, offrant

Patrice ADJAHO

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