Romuald Wadagni : L’humilité d’un vainqueur, la promesse d’une nation
L’homme qui présidera bientôt à la destinée du Bénin a pris la parole pour la première fois depuis sa victoire à l’élection du 12 avril 2026. Romuald Wadagni s’est adressé à l’ensemble des Béninois avec humilité et fermeté. Son message, délivré au lendemain de la proclamation des résultats, a placé l’unité nationale au cœur de son projet. Ce discours, attendu par tout le pays, a marqué les esprits par sa tonalité rassembleuse et sa vision claire pour l’avenir.
Chers compatriotes, a-t-il commencé « Le 12 avril dernier, partout sur le territoire national et dans certaines de nos représentations diplomatiques, nous étions appelés aux urnes pour élire un nouveau président de la République. Les instances en charge de l’organisation du scrutin, par leur professionnalisme, nous ont permis d’accomplir notre devoir civique dans la ferveur, la convivialité et la discipline. Je voudrais les en féliciter. » Ce premier hommage aux organisateurs du scrutin n’était pas un simple geste de courtoisie. Il témoignait de la reconnaissance d’un vainqueur qui sait que la qualité des élections fait la légitimité de celui qui les remporte. Sans des élections libres et transparentes, aucune victoire n’a de valeur.
Romuald Wadagni a ensuite évoqué le moment décisif : « Dans la nuit du lundi, la Commission Électorale Nationale Autonome a proclamé les grandes tendances de l’élection qui me donnent vainqueur. Plus tôt en journée, j’avais déjà reçu les félicitations de mon challenger, Paul Hounkpé, dont je salue le sens républicain. » Cette mention de l’adversaire battu n’est pas anodine. En saluant la réaction de Paul Hounkpé, le nouveau président a voulu montrer que la démocratie béninoise est mature. Les élections peuvent être disputées, les campagnes parfois vives, mais les candidats savent reconnaître la volonté du peuple une fois les urnes dépouillées. Ce geste renforce la paix civile et donne un signal positif à toute la nation. Il montre que le Bénin est un pays où l’on peut être adversaire pendant la campagne et citoyens respectueux après le scrutin.
En ce qui me concerne, a poursuivi Romuald Wadagni, « c’est avec humilité que j’accueille ce résultat. Fruit de l’engagement des Béninoises et Béninois de toutes nos contrées, y compris de la diaspora. Fruit de l’investissement des partis politiques et des mouvements de soutien, mais aussi de diverses personnalités politiques ou civiles, sans oublier les centrales et confédérations syndicales. » Cette longue énumération montre que le nouveau président ne se considère pas comme un vainqueur solitaire. Il a conscience que sa victoire est le résultat d’un large rassemblement. Des citoyens ordinaires, des responsables politiques, des syndicalistes, tous ont contribué à ce succès. Cette diversité de soutiens l’oblige à gouverner pour tous, et non pour un clan. Un président ne doit jamais oublier qu’il a été élu par des millions de Béninois qui placent en lui leurs espoirs et leurs attentes.
Il a ensuite rappelé une conviction qui a guidé sa campagne : « J’avais dit, en m’engageant dans la compétition électorale, que notre plus grande force, dans un monde actuellement instable, réside dans notre unité nationale. Les tendances annoncées par la CENA, en ce qu’elles traduisent une large victoire, me paraissent être le reflet de ce besoin d’unité nationale face aux défis qui sont les nôtres. » Cette phrase est essentielle. Romuald Wadagni ne lit pas sa victoire comme un triomphe personnel. Il y voit la preuve que les Béninois aspirent à l’unité. Dans un monde instable, marqué par des crises multiples, un pays divisé est vulnérable. Un pays uni peut affronter les tempêtes. Les défis sont nombreux. La cherté de la vie, l’emploi des jeunes, la sécurité, la santé. Aucun de ces défis ne peut être relevé sans la cohésion de toute la nation.
« Ces tendances, j’y vois aussi la manifestation d’un consensus national dont je m’engage à tenir compte dans les fonctions qui seront les miennes dans quelques semaines. », a-t-il confié. Cette promesse est lourde de sens. Romuald Wadagni ne gouvernera pas en oubliant ceux qui ont voté contre lui. Il tiendra compte de l’ensemble des opinions pour prendre ses décisions. C’est là une marque de grandeur républicaine. La démocratie ne se limite pas à l’élection. Elle se vit chaque jour dans la manière dont on écoute et respecte les différences.
« Je veux vous réitérer ma conviction que c’est ensemble, à la suite des bases solides posées par l’action du président Patrice Talon, que nous irons encore plus loin dans la construction du Bénin, notre nation, pour en faire un pays moderne qui garantit le bien être à ses enfants, quelles que soient leurs conditions et où qu’ils vivent. » Par ces derniers mots, Romuald Wadagni inscrit son action dans la continuité. Il reconnaît ce que Patrice Talon a apporté au pays. Il promet d’aller plus loin. Le Bénin moderne, prospère et uni, voilà l’horizon qu’il dessine. Les semaines à venir diront comment cette première déclaration se traduira en actes. Mais le ton est donné. L’unité et l’humilité seront les maîtres mots de ce nouveau mandat. Le président a parlé. Au peuple maintenant de juger sur les actes.
LA REDACTION