Assemblée nationale du Bénin : Bio Tchané s’en va, deux députés font une pause

 Assemblée nationale du Bénin : Bio Tchané s’en va, deux députés font une pause

L’Assemblée nationale du Bénin a rouvert ses portes le mercredi 15 avril 2026 à Porto Novo pour sa première session ordinaire de l’année. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Joseph Djogbénou, installé officiellement à la tête de l’institution. Mais en dehors des discours et des traditions, cette séance inaugurale a été marquée par des annonces qui ont changé le visage de l’hémicycle. Plusieurs correspondances ont été lues, annonçant des démissions et des suspensions de mandats. Trois députés de la dixième législature quittent ou mettent entre parenthèses leur fonction. Chacun avec ses raisons et ses procédures.

Abdoulaye Bio Tchané a choisi de tourner la page. Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée, il confirme sa démission effective à compter du 9 février 2026. Il invite le bureau à enclencher sans délai les démarches prévues par la loi pour le remplacer. La procédure est claire. Le code électoral et le règlement intérieur organisent le remplacement automatique en cas de vacance de siège. Le suppléant d’Abdoulaye Bio Tchané entrera en fonction prochainement. Rien ne doit s’interrompre dans le travail législatif. La représentation nationale continue de tourner, même quand un élu s’en va pour de bon.

Mais la démission n’est pas la seule voie possible. Deux autres députés ont fait un choix différent. Ils ne quittent pas définitivement l’Assemblée. Ils suspendent leur mandat pour une durée déterminée. Herman Orou Takou, élu de la septième circonscription sur la liste du Bloc républicain, a saisi le président de l’institution. Il annonce qu’il cesse ses fonctions temporairement. Il fonde sa demande sur l’article 92 de la Constitution, qui permet à un député de se retirer pour un temps tout en conservant son statut. Dans sa correspondance, il demande l’installation de son suppléant, Issifou Boubakar. L’article 12 du règlement intérieur prévoit exactement cette situation. Le suppléant assure l’intérim, le titulaire respire, le travail continue.

Shadya Alimatou Assouma, députée de la treizième circonscription électorale, a engagé une procédure identique. Elle aussi a informé l’Assemblée de la suspension de son mandat. Elle sollicite la prise de fonction de sa suppléante, Mounifa Karim Tidjani, afin que sa circonscription reste pleinement représentée dans l’hémicycle. La loi ne fait pas de différence entre un homme et une femme sur ce point. La suspension est un droit ouvert à tous les élus, sans distinction.

Ces décisions révèlent un mécanisme institutionnel bien rodé. La Constitution et le règlement intérieur distinguent clairement deux situations. La démission définitive fait perdre le siège de manière irrévocable. Le député disparaît complètement de l’échiquier parlementaire. Son suppléant le remplace jusqu’à la fin de la législature. La suspension temporaire est plus souple. Le député conserve son statut et son titre. Il cesse simplement d’exercer ses fonctions pendant une période donnée. Le suppléant assure l’intérim, mais le titulaire peut revenir quand il le souhaite, dans les limites prévues par la loi.

Dans les deux cas, l’Assemblée nationale maintient son fonctionnement sans interruption. La représentation des citoyens n’est jamais mise en danger. Les suppléants sont là pour cela. Ils attendent dans l’ombre, prêts à entrer en scène dès que le titulaire s’absente ou s’en va. Ce système garantit la continuité de la vie parlementaire. Il évite les vacances de siège qui pourraient bloquer le vote des lois ou le contrôle du gouvernement.

La première session ordinaire de l’année, qui a débuté en avril comme le veut la Constitution, se poursuivra dans les semaines à venir. Les députés encore en fonction examineront les dossiers inscrits à l’ordre du jour. Mais ils devront aussi procéder à l’installation effective des suppléants concernés. Les fauteuils changent de propriétaires, parfois pour quelques mois, parfois pour le reste de la législature. Le travail législatif, lui, ne s’arrête jamais. L’hémicycle de Porto Novo continue de vivre, porté par ceux qui restent et ceux qui arrivent. Les départs et les suspensions ne sont que des ajustements dans la grande mécanique de la démocratie béninoise

Arnaud ACAKPO (Coll)

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