Thèse de Doctorat : Mention très honorable avec félicitations du jury pour Abissi Marc Adjaoké

 Thèse de Doctorat : Mention très honorable avec félicitations du jury pour Abissi Marc Adjaoké

Abissi Marc Adjaoké a brillamment soutenu sa thèse de doctorat à l’Université d’Abomey Calavi au Bénin. Cette recherche porte sur la géographie et la gestion de l’environnement avec une spécialisation en agroécologie et gestion intégrée des agrosystèmes. Le sujet précis de son travail concernait un ravageur redoutable nommé Spodoptera frugiperda. Cet insecte nuit gravement aux cultures de maïs dans la région des Collines au centre du Bénin. Le jury a décerné à l’unanimité la mention très honorable avec les félicitations du jury. Cette distinction récompense la qualité et la rigueur de ses travaux.

L’objectif principal de cette étude d’après l’impétrant, Abissi Marc Adjaoké était d’améliorer les stratégies de gestion intégrée face à ce ravageur invasif. Son arrivée en Afrique a bouleversé les systèmes de production céréalière. Pour y parvenir, le chercheur a défini plusieurs objectifs spécifiques. Il a d’abord analysé les perceptions et les pratiques des paysans concernant la gestion de l’insecte. Ensuite, il a évalué l’occurrence et la dynamique des populations du ravageur ainsi que ses ennemis naturels. Il a également testé l’efficacité des associations culturales entre le maïs et les légumineuses. Enfin, il a examiné la sensibilité des principales variétés de maïs cultivées localement.

La méthodologie utilisée combine des enquêtes, des prospections et des expérimentations en milieu réel. Pour les enquêtes, un échantillon représentatif de 1270 personnes a été interrogé selon la formule de Schwartz. Les données ont été collectées avec l’application KoboCollect. Les résultats montrent que les producteurs possèdent une connaissance empirique du ravageur. Ils savent reconnaître les dégâts sur les feuilles et les stades larvaires les plus destructeurs. Cependant, cette connaissance reste centrée sur les stades avancés de l’insecte. Cela limite les capacités de détection précoce et d’intervention rapide.

La prospection a porté sur 7200 plants de maïs examinés selon un schéma de dépistage en forme de W. Les résultats révèlent que les producteurs pratiquent majoritairement la monoculture de maïs à 36%. Les associations maïs manioc représentent 13%. Les associations maïs arachide et soja atteignent près de 50 pour cent. La lutte contre le ravageur est dominée par la méthode chimique à 83%. Viennent ensuite l’utilisation de biopesticides à 9 % et la combinaison des deux à 6%.

L’expérimentation menée dans un champ école paysan a testé différentes associations maïs légumineuses. Plusieurs variétés de maïs ont été comparées, dont une variété locale nommée Kogblé, deux variétés améliorées et une variété hybride. Les chercheurs ont également identifié de nombreux ennemis naturels du ravageur. Parmi eux, on trouve des coccinelles à 37%, des fourmis à 29 % des punaises à 13%, des mouches parasitaires à 14%, ainsi que des perces oreilles et des araignées.

Selon le jury, les résultats confirment l’intérêt des pratiques agroécologiques. Les associations culturales et la régulation biologique constituent des leviers essentiels pour une gestion durable du ravageur. L’analyse comparative montre que la variété locale et la variété hybride présentent une meilleure tolérance aux attaques. Un expert ayant examiné le travail souligne qu’il répond pleinement aux objectifs fixés. Il note que le document est bien structuré et clairement rédigé. Il salue la méthodologie rigoureuse associant enquêtes participatives, prospections de terrain et expérimentations en milieu paysan.

Cette thèse apporte donc une contribution majeure à l’amélioration des stratégies de gestion intégrée de Spodoptera frugiperda. Elle montre les limites des pratiques conventionnelles de lutte chimique. Elle propose des alternatives fondées sur la valorisation des associations maïs légumineuses et sur la protection des ennemis naturels locaux. Ces résultats sont d’une grande importance pour la production maïsicole au Bénin et plus largement pour l’Afrique de l’Ouest.

Raison pour laquelle, le jury n’a pas hésité à décerner à l’unanimité la mention très honorable avec les félicitations du jury.

Damien TOLOMISSI

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