Israël- Liban : La guerre sans fin entre voisins ennemis

 Israël- Liban : La guerre sans fin entre voisins ennemis

Depuis des décennies, la frontière entre Israël et le Liban reste l’une des plus explosives du monde. Officiellement, les deux pays sont en état de guerre depuis 1948. Aucune relation diplomatique, aucun vol commercial, aucun geste d’apaisement durable. Pourtant, en 2026, une lueur d’espoir a semblé poindre à l’horizon, avant de s’éteindre presque aussitôt dans le bruit des bombes. Alors, à quand la fin de cette guerre ? Rien n’est moins sûr.

Le début de l’année 2026 a marqué une escalade brutale. Après l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de Téhéran, a lancé des tirs de roquettes massifs sur le nord d’Israël. Israël a répliqué par des bombardements d’une intensité inédite sur Beyrouth et le sud du Liban. Selon la page Wikipédia dédiée à ce conflit, « au 1er juin, au moins 3433 personnes (dont 3 200 civils) ont été tuées et 10 395 blessées (dont 334 enfants) dans les bombardements israéliens sur le Liban ». Les chiffres sont glaçants, et ils ne cessent de grimper. Des centaines de milliers d’habitants ont fui leurs maisons, transformant le pays du Cèdre en un immense camp de déplacés. L’armée israélienne, elle, a perdu 24 soldats et quatre civils selon un décompte officiel.

Les trêves, un mirage permanent

Face à ce bain de sang, les médiateurs internationaux se sont mobilisés. Washington, sous la houlette du président Donald Trump, a réussi à arracher un cessez-le-feu de dix jours le 16 avril 2026. « Cette trêve devait permettre d’ouvrir des négociations directes entre Israël et le Liban, une première en plusieurs décennies », rappelle le site de la BBC. Hélas, à peine entrée en vigueur, la paix de papier a volé en éclats. Les deux camps se sont mutuellement accusés de violations. Le Hezbollah a continué à tirer des roquettes et des drones kamikazes, tandis qu’Israël a étendu sa zone d’occupation au sud du fleuve Litani, atteignant même la rivière Zaharani, plus au nord.

Le 1er juin, un nouvel accord a été annoncé, plus ambitieux : Israël s’engageait à ne plus bombarder la banlieue sud de Beyrouth, et le Hezbollah promettait de cesser ses attaques. Mais trois jours plus tard, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté l’accord. « Il n’y aura pas de sécurité pour le nord d’Israël tant que les villages du sud du Liban ne bénéficieront pas eux-mêmes de garanties de sécurité », a-t-il martelé. Les frappes ont immédiatement repris, plus violentes que jamais. Le 9 juin, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de la ville chrétienne de Tyr, élargissant encore la zone de combat.

Le Hezbollah, maître du chaos

Au cœur de l’impasse, il y a le Hezbollah. Cette milice chiite, puissamment armée par l’Iran, est à la fois une force politique majeure au Liban et un acteur régional redoutable. Pour elle, accepter un cessez-le-feu permanent reviendrait à renoncer à sa raison d’être : la lutte armée contre Israël. « Le Hezbollah rejette ce compromis, il considère que l’accord accorde trop de liberté d’action à Israël, notamment le maintien de ses opérations militaires dans certaines zones du sud du Liban », analyse un rapport de la radio allemande Deutsche Welle. En clair, tant que l’armée israélienne occupera un seul centimètre carré du territoire libanais, les roquettes continueront de pleuvoir.

Une population épuisée et divisée

Pendant ce temps, la population libanaise paie un tribut effroyable. Les hôpitaux sont submergés, les écoles sont fermées, et les agriculteurs ne peuvent plus cultiver leurs terres parsemées de bombes non explosées. À Beyrouth, les habitants expriment leur lassitude. « Plusieurs cessez-le-feu annoncés ces derniers mois n’ont jamais été pleinement respectés, chaque camp accusant l’autre de violations répétées », témoigne un journaliste de DW. Du côté israélien, le calme n’est pas non plus au rendez-vous. Les sirènes retentissent quotidiennement dans les villes du nord, et des dizaines de milliers d’habitants ont été évacués.

Vers une paix possible ou une guerre généralisée ?

Alors, à quand la fin ? Les pessimistes parient sur une guerre longue, qui pourrait durer des années. Les optimistes évoquent la pression américaine et les échanges diplomatiques inédits qui ont eu lieu à Washington entre ambassadeurs israéliens et libanais. « Le 14 avril, des représentants du Liban et d’Israël ont tenu leurs premiers entretiens depuis plus de 30 ans », rappelle la BBC. C’est un signe. Mais ces pourparlers, aussi historiques soient-ils, n’ont pour l’instant abouti à aucun résultat concret. Car le véritable maître du jeu reste le Hezbollah, qui refuse toute reconnaissance de l’État hébreu et toute démilitarisation. Tant que le conflit avec l’Iran, parrains du Hezbollah, n’aura pas trouvé de solution régionale, le Liban restera une poudrière. En attendant, les cadavres continuent de s’accumuler, et les familles pleurent leurs morts. La fin de la guerre ? Elle n’est pas pour demain. Mais dans ce Moyen‑Orient toujours en ébullition, rien n’est jamais totalement figé. L’histoire nous a appris que les haines les plus anciennes peuvent parfois être surmontées, pour peu que les peuples, las de la guerre, imposent enfin la paix.

Grassien SETONDJI

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