Du simple souhait à l’action publique : La parole aux Béninois pour le prochain président

 Du simple souhait à l’action publique : La parole aux Béninois pour le prochain président

Au Bénin, une idée nouvelle fait son chemin. Il s’agit de redonner la parole aux gens ordinaires, à ceux qui votent, qui travaillent, qui espèrent. Une initiative originale vient de voir le jour. Elle invite chaque citoyen à exprimer ce qu’il attend du futur président, Romuald Wadagni. Le nom de ce projet est parlant : « Des besoins réels aux actions concrètes ». La formule résume à elle seule une grande ambition. Transformer les préoccupations quotidiennes en propositions solides pour ceux qui gouverneront demain. La présentation officielle a eu lieu le mardi 28 avril 2026 à Cotonou.

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une campagne précédente. Celle-ci s’appelait « Je vote parce que… ». Cette première phase avait déjà touché beaucoup de monde. Désormais, les initiateurs vont plus loin. Ils veulent une participation citoyenne plus profonde, plus concrète. L’objectif est de stimuler l’engagement civique, surtout chez les jeunes. Car trop souvent, les jeunes restent à l’écart des grandes décisions. On les écoute peu. On les consulte encore moins. Cette initiative veut changer cela.

Kevin da Silva, responsable communication de ACLB  croit fermement que chaque personne a un rôle à jouer dans la démocratie. Il le dit avec conviction. « Nous croyons qu’ensemble, nous pouvons impulser un changement dans notre société », affirme-t-il. Son appel est simple. Il souhaite une participation plus large, plus ouverte, plus inclusive. Mais il sait que des efforts doivent être faits pour convaincre. Beaucoup de jeunes pensent encore que la gestion de la cité ne les regarde pas. C’est une idée fausse, selon lui. Il insiste : chaque jeune a quelque chose à dire. Chaque voix compte dans la vie démocratique du pays.

La première phase de la campagne a déjà donné des résultats encourageants. Quatorze (14) contenus numériques ont été produits. Ils ont circulé sur les réseaux, dans les téléphones, au fil des conversations. Osylvia Akpaki, une des responsables, se souvient des retours. Plusieurs jeunes ont avoué que ces vidéos et ces messages avaient changé leur regard. Certains ont même décidé d’aller voter parce qu’ils se sentaient enfin concernés. Une petite révolution silencieuse.

La grande nouveauté de cette étape réside dans un outil simple mais puissant. Une plateforme de collecte a été mise en place. Elle est accessible à tous, en ligne, et surtout de manière anonyme. Chaque citoyen peut s’exprimer sans crainte, sans pression, sans avoir à donner son nom. Kevin da Silva le répète : « Aucune contrainte. Vous avez une idée, une plainte, un souhait, un rêve pour le pays. Vous écrivez tout simplement ce que vous attendez du futur président. La plateforme recueille tout. Rien n’est jugé, rien n’est écarté. L’adresse est facile à retenir. Elle se trouve sur le site de JRA ONG. »

L’artiste chanteur Credo joue un rôle particulier dans ce dispositif. Il n’est pas là pour faire un show ou chanter ses tubes. Il est sur le terrain. Il va à la rencontre des gens. Il écoute. Lors de ses visites dans les marchés populaires, il a été frappé par la sincérité des échanges. Les femmes surtout, qui tiennent les étals, qui élèvent les enfants, qui se lèvent tôt, ont beaucoup de choses à dire. Leurs préoccupations sont concrètes, immédiates, bien réelles. Credo recueille ces paroles comme des trésors. Il les transmet. Il amplifie les voix qui, d’habitude, ne sont pas entendues.

Une fois toutes les contributions rassemblées, un travail important commencera. Les attentes seront analysées, classées, compilées. Rien ne sera perdu. Le résultat final prendra la forme d’une lettre ouverte. Ce document sera adressé aux autorités, au futur président en particulier. Mais ce ne sera pas une simple lettre de doléances oubliée dans un tiroir. Ses concepteurs veulent en faire un outil de plaidoyer. Un mécanisme de redevabilité. Les citoyens pourront ainsi vérifier, plus tard, si les promesses ont été tenues, si les besoins réels ont donné naissance à des actions concrètes. Une belle manière de redonner du sens à la démocratie. Une façon élégante de rappeler que le pouvoir vient du peuple et doit rendre des comptes au peuple.

Parfait DOSSA

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