Suspendue, ligotée, enflammée : Le cauchemar d’une jeune femme à Ekpè

 Suspendue, ligotée, enflammée : Le cauchemar d’une jeune femme à Ekpè

Dans la chambre aseptisée de l’hôpital de zone de Suru-Léré à Cotonou, une voix brisée raconte l’innommable. Vendredi 24 avril 2026, cette jeune femme victime d’une torture par le feu à Ekpè a livré un témoignage glaçant, à la fois précis et déchirant, sur les violences qu’elle affirme avoir subies. Son récit, relayé par l’Institut national de la femme, plonge dans une obscurité que les mots peinent à éclairer.

Tout serait parti d’un soupçon absurde. Un téléphone portable disparu. Un homme plus âgé, selon elle, aurait alors ordonné qu’elle soit retenue sur place. Très vite, la tension dégénère en cauchemar. « Après m’avoir ligotée les mains et pieds puis suspendue en l’air, ils ont allumé le feu en bas », a-t-elle confié, la voix éteinte. Pire encore, elle raconte avoir été dénudée de force, soumise à des sévices humiliants, avant que ses bourreaux n’embrasent le sol sous son corps meurtri.

Les stigmates parlent d’eux-mêmes. Le médecin chirurgien Cyrille Kpangon dresse un constat clinique sans appel. « Elle aurait été légaturée et on voit très bien au niveau des deux poignets des liens de ce qu’elle a été attachée. Au niveau des deux chevilles aussi on voit des traces de ce qu’elle a été attachée. Les deux mains sont enflammées avec l’impossibilité de mobiliser les doigts. À part ça, au niveau du corps, elle a plein de lésions en bonne voie de cicatrisation », a-t-il détaillé, d’après le site Bénin Web Tv.

Mais au-delà du corps, c’est l’esprit qui vacille. « On sent qu’elle a été secouée. On va donc demander des psychologues pour nous aider à la gérer », ajoute le chirurgien. Le directeur de l’hôpital, docteur Patrick Topanou, abonde : « Elle a été vraiment affectée parce que ses propos vont du coq à l’âne. Elle est affectée sur le plan psychologique. À ce niveau, on aura forcément besoin de l’encadrer, de l’accompagner, pour qu’elle retrouve ses sens. »

La machine judiciaire, elle, s’est mise en route. Après la diffusion virale d’une vidéo sur les réseaux sociaux, la Police Républicaine a lancé une traque. Au moins six personnes ont déjà été arrêtées. Elles devraient être présentées au procureur dans les tout prochains jours pour répondre de ces actes d’une barbarie que rien ne saurait justifier.

Etienne YEMADJE

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