Qualification des Amazones U17 pour le 2ème tour des éliminatoires du mondial féminin : Vincent Rautureau analyse le succès
Renverser une montagne n’est pas donné à toutes les équipes. Les jeunes Amazones du Bénin l’ont pourtant fait. Battues 3 buts à 1 à l’aller, elles ont infligé un cinglant 4-0 au retour face au Burkina Faso. Une qualification pour le deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du monde féminine des moins de dix-sept ans. Une soirée de folie. Une leçon de caractère. Au lendemain de ce succès retentissant, Vincent Rautureau, le manager des sélections nationales de jeunes, a accepté de revenir sur cette performance. C’est le quotidien du service Public, la Nation qui a mené cet entretien.
Vincent Rautureau ne cache pas son bonheur. Il parle de pierre blanche, de journée à savourer. Renverser un score de 3 buts à 1 avec une équipe de jeunes, relève de l’exploit. Mais ce qui le réjouit par-dessus tout, c’est la qualité du jeu produit. Il félicite l’engagement et la détermination de ses joueuses. Inscrire quatre buts face au Burkina Faso dans un contexte si tendu, voilà une performance à graver dans les mémoires.
Comment un tel retournement a-t-il été possible ? Vincent Rautureau explique que tout est parti d’une remise en question. « Chaque joueuse a analysé ses erreurs du match aller. Le staff aussi. Le problème n’était pas la création d’occasions, mais l’efficacité. Deux tirs sur les montants, plusieurs face à face manqués. Il fallait corriger ces imperfections. Les ajustements ont porté leurs fruits. Le jeu proposé au retour a été fluide, cohérent, intéressant. Le Bénin regorge de talents, rappelle le manager. Il faut désormais répéter ce type de performance pour viser une Coupe d’Afrique ou une Coupe du monde », a-t-il répondu.
Les quatre buts portent tous la signature d’une même joueuse. Romaine Gandonou. Vincent Rautureau la félicite chaleureusement : « Avoir du talent est une chose. Savoir l’exprimer au bon moment en est une autre. Elle avait déjà des occasions à l’aller sans concrétiser. Cette fois, elle a été décisive et exemplaire. Une belle preuve de caractère ». Mais le manager tient à souligner le caractère collectif de cette victoire. « Ne pas encaisser de but montre les progrès défensifs. La gardienne a corrigé ses erreurs. Les changements ont stimulé la concurrence. Les clubs formateurs, la Fédération, le ministère, tous ont contribué à cette réussite », a-t-il indiqué.
Le deuxième tour approche désormais. Le Bénin affrontera la Sierra Leone. Le match aller se jouera à domicile à Lomé autour du 22 ou du 23 mai. Vincent Rautureau envoie un message clair aux joueuses : « D’abord, savourer. Célébrer cette victoire, car c’est important sur le plan émotionnel. Ensuite, se remettre au travail très rapidement. La préparation doit être rigoureuse. La Sierra Leone est une équipe à prendre au sérieux. »
Malgré ce succès, dira-t-il des progrès restent à faire. « Sur le plan individuel, certaines joueuses peuvent encore améliorer leur technique. Collectivement, il faut travailler la dernière passe, l’efficacité sur coups de pied arrêtés, la gestion des temps faibles ». Toutefois, il préfère retenir le positif : « La réaction après le match aller a été remarquable. La solidité défensive a été exemplaire. Toutes les joueuses, titulaires ou remplaçantes, se sont impliquées. »
Cette victoire, conclut Vincent Rautureau, n’est pas celle « d’une seule joueuse, aussi brillante soit elle. C’est celle de tout un groupe. C’est ensemble que les jeunes Amazones ont triomphé du Burkina Faso. »
Damien TOLOMISSSI