Distinction royale à Houègbo Agon : ADFAT honore Dada Gblôtchion Ganlo et Houndégbaka
Une cérémonie exceptionnelle le mercredi 6 mai, dans l’enceinte du palais, Royal de Houègbo Agon. Pour clôturer en beauté cette célébration ancestrale si précieuse au bien-être des populations, le Xwétanu Houègbo Yôhonou, Sa Majesté Dada Houègbo Hôsù Dada Gblôtchion Ganlo a reçu une distinction honorifique d’une portée particulière. Idem pour le tradi-pratricien, Houndégbaka Nahouégandé Sinhouto qui a reçu un certificat de reconnaissance. Ces deux reconnaissances émanent de l’Association des Dignitaires de Fâ et des Tradithérapeutes (ADFAT-International), une structure qui œuvre depuis plusieurs années pour la sauvegarde des savoirs géomantiques et thérapeutiques hérités des devanciers.
Au cœur de la commune de Toffo, sur la terre sacrée de Houègbo Agon, la tradition souffle avec force depuis plusieurs semaines. Le Xwétanpu Houègbo Yôhonou, cette grande fête dédiée aux ancêtres venus de Tado, rythme la vie du royaume. Des sacrifices de bœufs sont offerts pour honorer la mémoire des anciens et nourrir la terre des origines. Chaque cérémonie rappelle que le peuple Agassouvi reste fidèle à ses racines. Le palais royal de Houègbo Agon siège spirituel de cette lignée, attire chaque année des fidèles en quête de ressourcement et de connexion avec les forces invisibles qui protègent la communauté. Ce lieu, dont le nom signifie « la pierre qui parle », a vu défiler un parterre d’invités de marque : dignitaires du Fâ, prêtres vodounon, têtes couronnées des royaumes voisins, ainsi que de simples curieux venus assister à l’événement.
Au milieu d’une assemblée vibrante d’émotion et de ferveur, un autre moment fort a marqué les esprits. Sa Majesté Dada Houègbo Hôsù Gblôtchion Ganlo a reçu une distinction d’une portée rare. Ce titre honorifique lui a été offert par l’Association des Dignitaires de Fâ et des Tradithérapeutes (ADFAT-International). Depuis des années, cette structure veille jalousement sur les trésors que sont les savoirs géomantiques, les remèdes hérités des anciens et aussi sur les divinités.
Le roi n’était pourtant pas seul à l’honneur. À ses côtés, Houndégbaka Nahouégandé Sinhouto, une figure respectée du royaume, a également vu son dévouement récompensé. Cet infatigable passeur de mémoire a reçu sa carte de membre officiel de l’ADFAT-International. Sous les acclamations chaleureuses de l’assistance, un certificat reconnaissance signé et scellé lui a été remis. Ce précieux document reconnaît officiellement son rôle de conseiller de l’association dans la commune de Toffo. Chaque jour, par sa discrète mais puissante action, il défend les rites sacrés, initie les jeunes aux langues ancestrales et cultive la médecine des aïeux. Désormais, son engagement lumineux est gravé dans le marbre par l’instance nationale tout entière.
Prenant la parole au nom de l’association, le président Dah Milonon Glèlè 2 s’est avancé avec une solennité pleine de chaleur. Vêtu de son pagne des grands jours, il a tenu à exprimer la joie profonde de toute l’Association des Dignitaires de Fâ et des Tradithérapeutes. Il a déclaré, la voix claire et le regard tourné vers le trône royal : « Sa Majesté Dada Houègbo Hôsù Dada Gblôtchion Ganlo incarne le respect le plus pur que l’on puisse porter aux œuvres de nos ancêtres. Chaque geste, chaque rite qu’il accomplit dans ce royaume est une flamme qui ne s’éteindra jamais. Nous sommes heureux, immensément heureux, de ce qu’il fait pour notre mémoire collective. L’ADFAT-International est fière de compter parmi ses soutiens un roi aussi fidèle à la parole des devanciers. » Puis, ajoutant une référence directe à la cérémonie de Houétanou, il précisa : « C’est ici, sur cette terre où les bœufs ont été sacrifiés, que nous scellons notre alliance. »
Le président n’a pas manqué de saluer un autre artisan de cette belle harmonie. Se tournant vers Houndégbaka Nahouégandé Sinhouto, il a poursuivi avec une émotion visible : « Houndégbaka est un modèle de collaboration et d’exemplarité. Chaque fois que l’association a besoin de lui, il se plie volontiers à la tâche pour honorer ADFAT-International. Son dévouement et sa sagesse font de lui un conseiller précieux. Nous lui remettons cette carte et ce certificat avec une reconnaissance sans borne. Que les ancêtres de Tado lui accordent longue vie et protection. »
Houndégbaka Nahouégandé Sinhouto, recevant ses précieux documents des mains des dignitaires, n’a pas caché sa satisfaction. Les yeux humides mais le sourire large, il a répondu avec une gratitude simple et profonde : « Mon cœur déborde de joie. L’ADFAT-International fait un travail magnifique. Être reconnu comme conseiller dans la commune de Toffo est un honneur que je ne porterai pas seul. Je le porterai avec tous les anciens et tous les jeunes qui aiment notre terre. Merci au président Dah Milonon Glèlè 2. Merci à Sa Majesté. Nous continuerons ensemble, main dans la main, à servir la tradition, à guérir les malades par les plantes et le Fâ, et à transmettre aux générations futures. »
À son tour, Dada Houègbo Hôsù Gblôtchion Ganlo a pris la parole. Son autorité naturelle n’a jamais égalé sa simplicité. Descendant quelques marches de son trône pour être plus proche de l’assemblée, il a remercié l’association et l’ensemble des dignitaires présents. Il a dit, d’une voix paisible mais ferme : « Ce que fait l’ADFAT-International pour notre royaume et pour la préservation du Fâ est une œuvre de salut. Nous sommes contents, vraiment contents. Ces distinctions ne sont pas des honneurs vains. Elles sont le signe que nos efforts pour maintenir vivante la flamme de Tado sont vus et respectés. Que les ancêtres bénissent chaque membre de cette association. » Il conclut en invitant l’assistance à un repas rituel.
La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère de recueillement et de fête. Les paroles échangées avaient nourri les vivants. Le palais de Houègbo Agon, une fois de plus, avait prouvé qu’il reste un phare spirituel pour tous ceux qui cherchent à renouer avec l’essence du patrimoine béninois. L’ADFAT-International, par cette double distinction, a scellé une alliance nouvelle avec la royauté de Houègbo Agon. Une alliance fondée sur le respect des morts, la guérison des corps et la transmission aux générations futures. Ainsi va la vie du royaume, entre bœufs sacrifiés, paroles royales et reconnaissance mutuelle. Ainsi grandit la mémoire de Tado, portée par des hommes contents de ce qu’ils bâtissent ensemble et par une association qui, désormais, peut compter sur un roi et un conseiller d’exception.
Damien TOLOMISSI