Réutilisation et économies : La méthode de la CENA
Depuis le lundi 4 mai 2026, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), a entrepris une activité importante au sein de son siège. Il s’agit d’une opération de tri du matériel qui a servi lors des derniers scrutins. Cette tâche s’inscrit dans le cadre des travaux habituels qui suivent toute élection. L’objectif principal est de bien conserver tout l’équipement encore utilisable afin de préparer l’avenir avec davantage de rigueur et d’économie. Cette opération est placée sous la responsabilité de la Direction du matériel et des opérations. Elle doit s’étendre sur une période de dix jours au total.
Le matériel concerné par ce tri est très varié. On y trouve des lampes torches, des encres destinées aux tampons, des encreurs, des marqueurs à encre indélébile, du coton, des dissolvants, des cachets de vote, des cachets spéciaux pour les lettres, des cachets d’identification et d’authentification pour chaque poste de vote, des stylos à bille, des pots de colle, des bâtons de craie blanche, des marqueurs permanents et des ficelles d’emballage. Tous ces éléments proviennent des kits qui équipent les postes de vote. À cette liste s’ajoutent également les chasubles et les rideaux utilisés pour les isoloirs. Tous ces objets ont été rapportés au siège de la CENA par les coordonnateurs d’arrondissement et de zone. Ils sont désormais soumis à une vérification minutieuse.
D’un point de vue pratique, cette opération se déroule en plusieurs étapes simples mais précises. D’abord, les agents rassemblent le matériel par catégorie. Ensuite, ils le trient pièce par pièce pour évaluer son état. Enfin, ils constituent des colis séparés selon la nature et la qualité de chaque objet. Ce qui est encore en bon état est soigneusement rangé dans les magasins de la CENA. Ce matériel pourra ainsi servir de nouveau lors des prochaines échéances électorales. Les travaux sont réalisés par les agents de la Direction du matériel et des opérations. Ils bénéficient également de l’aide de quelques agents externes recrutés pour l’occasion. Cette manière de faire n’est pas nouvelle à la CENA. En effet, après chaque scrutin, l’institution prend soin de reconditionner tout le matériel récupérable.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté claire de rationaliser les dépenses publiques. Au Bénin, le coût des élections est un sujet important pour les citoyens et pour les autorités. Chaque fois que la CENA parvient à réutiliser du matériel ancien plutôt que d’en acheter du neuf, l’économie réalisée est sensible. Le tri et la bonne conservation permettent donc de réduire nettement le budget à prévoir pour les prochains votes. C’est une pratique vertueuse qui montre que l’on peut organiser des scrutins de qualité sans gaspiller l’argent du contribuable.
Par ailleurs, ce matériel conserve une utilité bien au-delà des seules élections générales. La CENA le met à la disposition d’autres structures publiques qui en font la demande. Cela se fait dans le cadre d’appuis techniques et logistiques. Plusieurs institutions bénéficient ainsi de cet accompagnement lors de leurs propres élections corporatistes ou consulaires. On peut citer notamment la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, connue sous le sigle CCIB. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, ou HAAC, reçoit également ce type de soutien. De même, le ministère chargé du Cadre de vie sollicite parfois l’expertise et le matériel de la CENA. Ces prêts permettent à ces structures de réaliser des économies à leur tour. Ils évitent un achat séparé et souvent coûteux de fournitures identiques.

En dehors de l’aspect purement organisationnel, cette opération de tri présente donc un double avantage. D’une part, elle assure la pérennité du matériel existant. Celui-ci est inspecté, réparé si besoin, et stocké dans de bonnes conditions pour ne pas se détériorer rapidement. D’autre part, elle contribue de façon directe à la réduction significative des budgets prévus pour les prochaines échéances électorales. Chaque scrutin en Bénin pourra ainsi être organisé avec davantage de maîtrise financière. C’est une bonne nouvelle pour les finances publiques, mais aussi pour la confiance des citoyens dans la gestion de leurs institutions.
En somme, la CENA montre l’exemple en alliant rigueur administrative et souci d’économie. Le tri du matériel électoral, commencé le 4 mai 2026 pour dix jours, est une illustration concrète de cette philosophie. Grâce à ce travail minutieux, des lampes torches, des rideaux, des cachets et bien d’autres objets retrouveront une seconde vie. Les prochaines élections pourront ainsi se dérouler dans de bonnes conditions sans peser inutilement sur le budget national. C’est là une gestion responsable et tournée vers l’avenir.
Arnaud ACAKPO (Coll)