Cherté du charbon de bois : Un produit devenu presque un luxe

 Cherté du charbon de bois : Un produit devenu presque un luxe

Le charbon de bois fait de plus en plus parler de lui au Bénin. Devenu rare et cher, ce combustible utilisé quotidiennement par de nombreux ménages pèse désormais lourd dans les dépenses des familles.

Dans les ménages comme sur les marchés des départements de l’Atlantique, du Littoral ou de l’Ouémé etc…, le constat est le même : le charbon de bois se fait rare et son prix grimpe. Sur les ondes des radios, les auditeurs appellent pour se plaindre. Dans les quartiers, les discussions tournent autour de cette hausse qui complique davantage le quotidien des familles. A Cotonou, l’augmentation est particulièrement visible. Le sachet qui se vendait autour de 250 francs CFA est désormais proposé à 500 francs dans certains points de vente. « Ce qui se vendait à 100 francs est désormais à 200 francs et on en trouve difficilement », témoigne un vendeur au marché de Godomey. Pour les ménages, il faut désormais revoir les habitudes. « Je suis obligée de réduire ma cuisine. Avant, j’achetais deux sachets. Aujourd’hui, je n’en prends qu’un seul », confie une cliente à Cocotomey.

Une pénurie qui soulève des questions

Cette flambée des prix intervient alors que le charbon reste largement utilisé pour la cuisson, notamment dans les familles qui ne disposent pas d’une alternative accessible. Le gaz de cuisine, lui aussi, est présenté comme cher et difficile à trouver. D’où les interrogations des consommateurs. Pourquoi le charbon est-il devenu si rare et si cher ? Qu’est-ce qui explique cette situation alors que le recours au fagot de bois semble avoir fortement diminué dans les ménages ?

Dans les faits, un problème de ravitaillement des marchés est évoqué. Certaines sources font état d’une interdiction visant les camions transportant des sacs de charbon vers Cotonou. Si cette information était confirmée, cette contrainte pourrait expliquer, au moins en partie, la pénurie actuelle et la hausse des prix. Mais plusieurs zones d’ombre demeurent. Le caractère temporaire de la mesure n’est pas établi. Sa portée exacte n’est pas non plus confirmée, pas plus que son éventuelle inscription dans un dispositif plus large de protection des forêts. En attendant une communication officielle, les consommateurs en paient déjà le prix. Un produit de première nécessité voit son coût presque doubler, sans que les ménages disposent, pour l’heure, d’une explication claire.

Les ménages et vendeurs pris dans l’étau

Dans plusieurs quartiers des villes de Cotonou et d’Abomey-Calavi, l’inquiétude grandit. « On nous demande de cuisiner pour nos enfants. Mais avec quel feu ? Le gaz est cher. Le charbon est rare. Que faire ? », s’interroge une mère de famille. Une autre raconte les difficultés rencontrées pour s’approvisionner : « Je passe des heures à chercher du charbon. Quand j’en trouve, le prix me fait mal au cœur. » Les vendeurs ne sont pas épargnés. « Les camions ne viennent plus comme avant. Nous vendons ce que nous avons. Après, nous ne savons pas », explique un jeune commerçant. Certains affirment même avoir du mal à constituer leurs stocks. « Nous sommes dans le même bateau. Si le charbon manque, nous manquons aussi », confie un commerçant. La situation pèse particulièrement sur les familles modestes, pour lesquelles le charbon reste une source essentielle d’énergie pour la cuisson. Faute d’alternative abordable, beaucoup continuent donc de l’acheter malgré la hausse des prix.

Des réponses attendues

Face à cette situation, les consommateurs réclament des explications. Ils veulent savoir si une interdiction est effectivement en vigueur, pourquoi elle aurait été prise et quelles solutions pourraient être proposées aux ménages concernés. « Si on interdit le charbon, il faut nous donner une solution. Sinon, comment allons-nous cuisiner ? », demande un habitant de Cotonou. La hausse du prix du charbon de bois dépasse ainsi la seule question commerciale. Elle touche directement le quotidien des familles, leur alimentation et leur budget. En attendant des explications officielles, les ménages continuent de chercher le combustible dont ils ont besoin. Le charbon se raréfie, les prix restent élevés et, dans les quartiers, l’impatience grandit.

Damien TOLOMISSI

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