Commande publique : L’Etat privilégie les produits locaux

 Commande publique : L’Etat privilégie les produits locaux

Le gouvernement béninois vient de poser un acte fort. Désormais, les administrations publiques doivent acheter en priorité les produits fabriqués au Bénin. Une circulaire invite les institutions et les entités de l’État à privilégier les biens locaux dans leurs commandes.

C’est une décision qui mérite d’être saluée. Et pour cause, elle donne de la valeur au travail des artisans, des producteurs et des petites entreprises du pays. En effet, cette mesure s’inscrit dans la politique nationale de promotion de la production locale. Elle s’appuie sur le Code des marchés publics et sur les règles de l’UEMOA en matière d’artisanat. Concrètement, les administrations doivent se tourner vers les artisans, les unités de production et les entreprises locales habilités. Parmi les articles visés figurent les céréales et leurs dérivés, comme le riz, le gari, le maïs et le fonio. La liste englobe aussi les huiles et autres produits oléagineux, les jus et les eaux, les produits d’hygiène, les textiles, le mobilier scolaire et administratif, ainsi que divers matériaux de construction.

Elle comprend en outre des biens destinés directement aux services publics, tels que des tables-bancs, des armoires et des rayonnages, sans oublier les tenues et les uniformes. Pour être retenus, ces produits doivent être fabriqués localement et répondre aux spécifications techniques ainsi qu’aux exigences de qualité inscrites dans le Répertoire des prix de référence.

Les produits commandés doivent respecter les normes de qualité. La règle couvre toute la procédure d’achat, depuis l’identification des besoins jusqu’à la réception. Autrement dit, l’État ne va plus acheter à l’étranger ce qu’il peut trouver ici. Si un bien fabriqué au Bénin existe et répond au besoin, son remplacement par un produit importé devra obtenir l’autorisation préalable du ministre de l’Économie et des Finances. C’est une protection intelligente pour nos entreprises.

Sur les marchés, la nouvelle suscite de l’espoir. « C’est une bonne chose. Avant, on voyait les administrations acheter des meubles venus d’ailleurs alors que nos menuisiers ont le savoir-faire. Aujourd’hui, on nous reconnaît », se réjouit Jean, menuisier à Cotonou. « Moi, je fabrique des sacs en tissu local. Si l’État achète nos produits, je pourrai embaucher deux apprentis. C’est du travail pour les jeunes », ajoute Aïcha, artisane.

Cette décision ne fait pas seulement plaisir aux producteurs. Elle aide aussi l’économie du pays. Quand l’argent reste au Bénin, il crée des emplois, il fait vivre des familles et il renforce les recettes publiques. C’est un cercle vertueux. Les artisans vendent plus, ils investissent, ils forment d’autres jeunes. Les petites entreprises grandissent. Le pays dépend moins des importations.

Bien sûr, il faudra de la rigueur. Les administrations doivent jouer le jeu. Les producteurs doivent offrir des produits de qualité, respecter les délais et les prix. Le Répertoire des Prix de Référence aidera à éviter les abus. Il permettra à chacun de connaître les prix justes. Les agents publics devront être formés pour appliquer la circulaire sans favoritisme.

Le président Romuald Wadagni et son gouvernement montrent ainsi leur volonté de valoriser le made in Bénin. Ce n’est pas un slogan. C’est une action concrète. La consommation des produits locaux devient une priorité nationale. C’est une fierté pour tous les Béninois. « Quand on achète ce qui est fabriqué chez nous, on soutient nos frères et nos sœurs. On construit notre pays ensemble », témoigne une vendeuse de jus de fruits naturels.

Cette circulaire est une main tendue aux artisans et aux entrepreneurs. Elle dit simplement que le Bénin croit en ses filles et ses fils. Elle invite chaque administration à faire sa part. Elle rappelle que la commande publique est un levier puissant pour le développement. En choisissant le local, l’État ne dépense pas plus. Il dépense mieux. Il donne du sens à chaque achat. Que les contrôleurs fassent leur travail. Alors le Bénin pourra dire avec fierté que ses administrations sont les premières à consommer ce que le pays produit. C’est une belle victoire pour le travail béninois.

G. SETONDJI

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