Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Pourquoi se méfier des apparences »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Pourquoi se méfier des apparences »

Dans cette nouvelle publication, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè nous adresse une parole simple. Il invite chacun à s’interroger. Pourquoi se méfier des apparences. Pourquoi regarder plus loin que ce que nos yeux touchent d’abord. Il ouvre une réflexion sur la sagesse du regard et la patience nécessaire pour voir la vérité. Il rappelle que la première image ne dit pas tout et que le temps révèle l’essentiel.

« Mes enfants, mes frères et mes sœurs, je viens vers vous comme un ancien qui a beaucoup marché. Je veux partager une pensée simple. Pourquoi ne pas se fier des apparences. En effet, l’apparence est la porte. Elle n’est pas la maison. Elle est le vêtement. Elle n’est pas le corps. Elle est la voix. Elle n’est pas le cœur. Quand tu rencontres une personne, tu vois sa figure, ses habits, sa démarche, sa manière de parler. Cela peut te plaire ou te déplaire. Mais cela ne te dit pas encore qui elle est. Cela ne te dit pas ce qu’elle a vécu. Cela ne te dit pas ce qu’elle porte dans son âme. Regarde autour de toi. Un homme porte un beau costume. Il conduit une belle voiture. Il parle avec assurance. Beaucoup le saluent. Mais dans sa maison, il refuse d’aider sa vieille mère malade. Il n’a pas de respect pour ceux qui l’ont porté. Son beau costume cache un cœur dur. Sa belle image ne vaut rien devant ses actes.

Au marché, il y a un vendeur de beignets. Ses habits sont simples. Ses pieds sont poussiéreux. Il rend exactement la monnaie. Il donne un beignet à l’enfant qui a faim. Il aide une vieille femme à porter son sac. Beaucoup ne le remarquent pas. Pourtant, son cœur est grand. Sa sagesse ne crie pas. Elle se voit dans ses gestes. Une jeune fille sourit toujours. Ses amis pensent qu’elle n’a pas de problème. Elle chante. Elle plaisante. Mais le soir, seule, elle pleure. Son sourire est une porte fermée sur une grande tristesse. Si tu juges seulement son visage, tu ne verras pas sa douleur. Tu ne pourras pas l’aider. Un enfant se tait en classe. On le croit lent. On le croit paresseux. Mais à la maison, il a peur. Il porte un poids lourd. Il n’ose pas parler. Si le maître le juge trop vite, il ne verra pas son intelligence. Il ne verra pas sa force cachée. Un pauvre cultivateur a les habits usés. Ses mains sont dures. Il connaît les saisons. Il sait quand planter. Il sait quand récolter. Il donne de bons conseils au village. Sa sagesse n’a pas besoin de beaux habits. La terre ne ment pas. Le temps montre ce qu’il vaut. Un riche commerçant a de l’argent. Il parle fort. On le respecte par peur. Mais il ne respecte personne. Il vole ses clients. Il méprise les pauvres. Sa richesse cache un cœur vide. L’argent ne remplit pas l’âme. Un orateur promet des routes, des écoles, des hôpitaux. Il parle comme un tambour. Il fait danser la foule. Après l’élection, on ne le voit plus. Les paroles sont belles. Les actes manquent. L’arbre se reconnaît à ses fruits. Pas à ses feuilles.

Le monde nous habitue à croire ce qui brille. On pense que celui qui a de beaux habits est meilleur. On pense que celui qui parle fort à raison. On pense que celui qui sourit n’a pas de peine. On pense que celui qui donne de l’argent est généreux. On pense que celui qui est pauvre n’a rien à enseigner. Toutes ces pensées sont des pièges. Elles sont des raccourcis que la paresse met dans notre esprit. La vérité, elle, marche souvent à pas lents. Elle demande du temps. Elle demande de la patience. Elle demande un regard qui ne s’arrête pas à la surface.

Pourquoi donc se méfier des apparences ?

Parce que l’apparence peut être construite. Un homme peut porter un costume et cacher un cœur dur. Une femme peut porter un sourire et cacher une grande tristesse. Un enfant peut avoir l’air tranquille et porter une peur immense. Un pauvre peut avoir l’air sale et posséder une sagesse que beaucoup ignorent. Un riche peut avoir l’air heureux et vivre dans le vide. Si tu juges trop vite, tu passes à côté de l’essentiel. Tu peux blesser quelqu’un qui méritait ton respect. Tu peux refuser une amitié qui aurait éclairé ta route. Tu peux suivre une personne qui te perdra. Il ne s’agit pas de devenir méfiant contre tout le monde. Il ne s’agit pas de fermer ton cœur. Il s’agit d’ouvrir les yeux plus grands. Il s’agit de ne pas laisser la première image décider pour toi. Il s’agit d’écouter, d’observer, d’attendre. Les paroles sont belles, mais les actes parlent plus fort. Les promesses sont douces, mais les fruits montrent l’arbre. Regarde ce que la personne fait quand personne ne la voit. Regarde comment elle traite celui qui ne peut rien lui donner. Regarde si elle reste quand la route devient difficile. Là, tu verras son vrai visage.

La sagesse nous apprend à séparer l’image de la vérité. L’image change. La vérité demeure. L’image séduit. La vérité libère. L’image peut mentir sans parler. La vérité peut se taire et pourtant se voir dans les actes. Celui qui cherche la vérité ne se contente pas du bruit. Il descend dans le silence. Il regarde le fond. Il pèse. Il réfléchit. Il ne condamne pas trop vite. Il ne loue pas trop vite. Il laisse le temps faire son travail. Pensez à l’eau. Une eau calme peut être profonde. Une eau bruyante peut être vide. Pensez à l’arbre. Un manguier qui donne de bons fruits ne crie pas. Il laisse ses fruits parler. Pensez au feu. Une petite lampe à huile peut éclairer une maison. Un grand feu de brousse peut tout brûler. Ainsi sont les personnes. Ce qui se montre trop vite n’a pas toujours de racines. Ce qui se cache peut porter une grande force. Apprenez donc à attendre. Apprenez à regarder deux fois. Apprenez à écouter jusqu’au bout.

Une graine plantée ne donne pas de fruit le même jour. On attend la saison. On arrose. On protège. Ainsi l’homme se révèle avec le temps. Ne juge pas sur un jour. Ne juge pas sur une parole. Ne juge pas sur un habit. Le temps est un bon maître. Il montre ce que l’image cache. Mes enfants, gardez ceci dans votre mémoire. Une belle porte peut cacher une maison vide. Une porte usée peut ouvrir sur un trésor. Ne laissez pas vos yeux être vos seuls maîtres. Apprenez à voir avec votre intelligence. Apprenez à voir avec votre cœur. Apprenez à voir avec le temps. Quand vous rencontrez quelqu’un, cherchez à savoir non pas seulement ce qu’il paraît, mais ce qu’il est. Cherchez à savoir ce qu’il fait, ce qu’il donne, ce qu’il protège, ce qu’il respecte. C’est là que l’homme se révèle.

Ne jugez pas l’arbre sur une feuille

Parce que la vie est plus profonde que ce que l’on voit. Mieux les personnes sont plus grandes que leur ombre. Car la vérité mérite qu’on prenne le temps de la chercher. Celui qui se méfie des apparences ne devient pas dur. Il devient plus juste. Il devient plus sage. Il devient plus humain. Il apprend à ne pas réduire l’autre à une image. Il apprend à laisser à chacun la chance de montrer son vrai cœur.

Que la sagesse vous accompagne. Que vos yeux restent ouverts. Que votre cœur reste prudent. Que votre esprit reste libre. Car ce que vous voyez n’est pas toujours ce qui est. Ce qui est se découvre dans la durée, dans l’acte et dans l’amour. Ne jugez pas la maison sur la porte. Ne jugez pas l’arbre sur une feuille. Ne jugez pas l’homme sur un moment. Le temps est un bon maître. Il montre ce que l’image cache. Il révèle ce que la parole oublie. Il fait tomber les masques et il laisse la vérité se lever. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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