Éliminatoires des JO : Abdoulaye Ouzérou reconnaît un domaine à renforcer chez les Amazones
La première phase des préparatifs des éliminatoires des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 a pris fin pour les Amazones A du Bénin. Pendant près d’une semaine, les joueuses locales ont travaillé intensément sous la conduite du sélectionneur Abdoulaye Ouzérou. Au terme de ce stage, le coach a livré son bilan. Il se dit rassuré par le travail accompli.
Le technicien béninois a d’abord évoqué le niveau de son groupe. Selon lui, la sélection présente un profil varié. « On a une sélection avec un niveau hétérogène entre celles qui étaient en Coupe du Monde qui, elles, sont forcément physiquement prêtes et les autres qui ont arrêté le championnat depuis quand même un bon moment », a-t-il expliqué. Il a aussi mentionné la troisième vague de joueuses, celles qui ont participé à la Champions League. Le coach craignait un écart physique trop important. Mais les tests réalisés le premier jour du stage ont donné des résultats encourageants. « On est rassuré parce que ce n’était pas si criant que ça. C’était là notre crainte », a-t-il confié.
Sur le plan technique, le sélectionneur note une progression intéressante. Mais il reste un domaine à renforcer. Il s’agit de la tactique. « Il y a un domaine dans lequel nous devons travailler encore plus. C’est le domaine tactique », a-t-il affirmé. Pour lui, cette partie du travail est la plus difficile pour un entraîneur. Il rappelle que la priorité a d’abord été donnée aux problèmes techniques. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la tactique depuis deux ans. Le coach espère que les progrès seront plus rapides.
A la question de savoir sur le choix de ne convoquer que des joueuses locales, Abdoulaye Ouzérou a expliqué sa démarche. Deux intentions guident cette décision. La première concerne les joueuses locales habituées à la sélection. La seconde vise les nouvelles venues. « C’est maintenant qu’il faut profiter pour voir le niveau au contact de celles qui ont l’habitude de venir, qui ont déjà un niveau un peu plus évolué », a-t-il déclaré. Il se dit satisfait de l’investissement de ces jeunes joueuses.
Le sélectionneur regarde déjà plus loin. Pour lui, ce stage n’a pas seulement pour but de préparer le match contre le Mali. Il s’agit aussi de préparer l’avenir. « Les nouvelles, ce n’est pas forcément pour le match contre le Mali dont on aura besoin. C’est des jeunes filles qui ont moins de 20 ans », a-t-il précisé. Il veut leur donner l’habitude de côtoyer le haut niveau. Ainsi, elles ne seront pas perdues lors des prochains regroupements. Le coach rappelle qu’il a déjà appliqué cette méthode avec les moins de 20 ans avant la Coupe du Monde. Plusieurs filles du groupe élargi n’avaient pas été retenues pour le tournoi. Mais elles avaient déjà découvert le niveau international.
Concernant l’adversaire, le Mali, le coach affirme bien le connaître. Il suit cette équipe depuis plusieurs mois. « C’est une bonne équipe. D’ailleurs, elle était à la Coupe d’Afrique des Nations », a-t-il souligné. Il note la forte présence de joueuses maliennes évoluant en France. Mais le technicien béninois affirme sa volonté de voir son équipe grandir. « On ne va pas se mettre au niveau des autres, mais on a envie de prendre la place des autres », a-t-il lancé. Pour lui, si le Bénin veut aller à la CAN ou aux Jeux Olympiques, il doit battre ce genre d’équipe. Le coach rappelle avoir déjà affronté huit nations du top dix africain en 18 mois. Une expérience précieuse selon lui. Il compare cette situation à la boxe. Pour passer devant, il faut gagner contre les meilleurs.
Damien TOLOMISSI



