Opération de libération des espaces publics à Cotonou : Garages et épaves ciblés
La mairie de Cotonou a décidé de passer à l’action. À partir du lundi 21 septembre 2026, elle lancera une grande opération pour libérer les emprises publiques. Les premiers concernés sont les garages installés sur les voies publiques, les épaves, les véhicules abandonnés et les véhicules stationnés illégalement. Cette décision arrive après plusieurs mois d’information, de sensibilisation et de dialogue avec les personnes concernées. Pour expliquer les contours de l’opération et répondre aux questions des journalistes, la mairie a organisé une conférence de presse le vendredi 18 septembre 2026 à l’hôtel de ville. La rencontre était animée par la Première Adjointe au Maire, Arlette Bello Saïzonou. Elle était accompagnée du Directeur des Services Techniques, Abdel Aziz Urbain Kpatchia, et du Directeur adjoint de la Police municipale.
Pour Arlette Bello Saïzonou, cette action s’inscrit dans la feuille de route municipale Cotonou 2026 à 2033, adoptée en juin dernier. Elle a expliqué que le changement d’échelle voulu par la municipalité ne se limite pas aux grands projets. Il doit aussi se voir dans le quotidien des habitants. « Réparer la ville, c’est permettre aux rues, aux trottoirs et aux espaces publics de retrouver leurs fonctions premières. Un véhicule abandonné qui occupe la chaussée ou un garage installé sur une emprise destinée à la circulation bloque la vie de tous », a-t-elle déclaré. La mairie met aussi l’accent sur la mobilité. Piétons, élèves, travailleurs, commerçants, conducteurs de taxi moto, personnes âgées et personnes à mobilité réduite ont besoin d’un espace public accessible et sécurisé. La libération des emprises doit donc rendre à la circulation les espaces qui lui appartiennent.
La municipalité affirme que l’opération sera progressive. Selon Abdel Aziz Urbain Kpatchia, le travail sur le terrain ne marque pas le début du processus. La démarche a commencé plusieurs mois plus tôt. Un communiqué daté du 13 avril 2026 avait invité les propriétaires et les exploitants concernés à se conformer à la réglementation sur l’occupation et la protection du domaine public. Un délai de 90 jours, qui arrivait à échéance le 13 juillet, avait été accordé pour permettre une mise en conformité volontaire. La mairie indique avoir poursuivi les discussions au-delà de cette date pour maintenir le dialogue.
Cette première phase sera suivie d’autres interventions contre d’autres formes d’occupation illégale. Les autorités municipales précisent cependant que l’objectif n’est pas de remettre en cause les activités économiques du secteur informel. Elles veulent plutôt permettre à ces activités de continuer dans un cadre organisé et compatible avec les autres usages de l’espace public. « Il ne s’agit pas d’un déguerpissement. C’est une remise en ordre de l’espace public et une action de salubrité urbaine », a insisté la Première Adjointe au Maire.

La mairie rappelle aussi les règles. Pour les véhicules épaves placés en fourrière, le propriétaire devra payer les frais d’enlèvement et de fourrière prévus par la réglementation. Il devra aussi s’acquitter d’une amende de cent mille francs CFA avant toute restitution. Pour les garages qui occupent irrégulièrement le domaine public, une verbalisation sera appliquée selon la superficie réellement occupée. Des frais d’enlèvement et de fourrière pourront s’ajouter si des véhicules sont concernés. Aucun véhicule ne pourra être restitué avant le paiement complet des sommes dues. Ces sommes peuvent comprendre les frais d’enlèvement, les frais de fourrière, les frais de garde et les amendes.
La municipalité rappelle enfin le cas des véhicules dont les propriétaires restent inconnus, introuvables ou insolvables. Selon l’article 17 de l’arrêté municipal cité lors de la conférence, lorsqu’un véhicule reste en fourrière pendant 90 jours dans ces conditions, la commune peut le vendre aux enchères publiques par l’intermédiaire d’un commissaire-priseur. Les propriétaires ont donc 90 jours pour faire les démarches et payer ce qu’ils doivent. Avec cette opération, la mairie de Cotonou veut une ville plus propre, plus fluide et plus agréable à vivre. Les habitants attendent maintenant de voir les résultats sur le terrain.
Patrice ADJAHO


