Campagne présidentielle au Bénin : Convivialité et mobilisation au cœur du débat

 Campagne présidentielle au Bénin : Convivialité et mobilisation au cœur du débat

La campagne électorale en vue du scrutin présidentiel du 12 avril prochain est officiellement ouverte depuis le vendredi 27 mars. Les candidats sont entrain de sillonner le pays pour présenter leurs projets aux électeurs. Cette édition se distingue par un contexte particulier puisque deux duos seulement sont en lice, une configuration qui invite à la concentration des débats.

D’un côté, le duo de la mouvance présidentielle composé de Romuald Wadagni et de sa colistière Talata. De l’autre côté, le tandem de l’opposition modérée formé par Paul Hounkpè-Judicaël Hounwanou. Entre ces deux visions, les électeurs béninois auront à choisir celle qui leur paraît la plus à même de conduire le pays dans les prochaines années. Mais au-delà des programmes et des propositions, c’est l’esprit dans lequel cette campagne s’engage qui mérite d’être salué.

Dès les premières heures, les signes sont encourageants. Les partisans des deux camps affichent une ferveur compréhensible, mais celle-ci s’exprime dans le respect mutuel. Les déclarations liminaires des responsables politiques ont tous appelés à la retenue et à la fraternité. Le Bénin, pays de dialogue et de consensus, semble avoir retenu les leçons des scrutins passés où la tension avait parfois pris le pas sur la raison. Cette fois ci, la campagne s’annonce sous les meilleurs auspices.

Les observateurs politiques soulignent déjà un fait notable. La présence de seulement deux duos permet d’éviter la dispersion des voix et des énergies. Le débat peut se concentrer sur l’essentiel, à savoir les projets de société proposés aux Béninois. Dans ce cadre, chaque candidat a l’opportunité durant les 15 jours de campagne de s’adresser directement aux électeurs sans que le bruit des petites formations ne vienne parasiter le message. C’est une chance pour la démocratie béninoise que de pouvoir organiser un face à face clair et lisible.

La campagne qui aujourd’hui se trouve déjà à son cinquième jour est placée sous le signe de la convivialité. Les premières sorties des candidats dans les villes et villages montrent des foules enthousiastes mais disciplinées. Les caravanes se croisent sans heurts, les meetings se déroulent dans la joie. Cet état d’esprit est essentiel car il prépare le terrain pour un scrutin apaisé. Quand la campagne est joyeuse, le vote est serein. Quand les partisans savent se parler sans se déchirer, la nation sort grandie de l’épreuve électorale.

Les autorités en charge de l’organisation du scrutin ont également pris leurs dispositions. Les forces de l’ordre ont reçu des consignes claires de neutralité et de retenue. La Commission électorale nationale autonome a multiplié les rencontres avec les candidats pour s’assurer que les règles du jeu soient acceptées par tous. Les médias, publics et privés, se sont engagés à couvrir la campagne avec équilibre et professionnalisme. Tous les ingrédients sont réunis pour que cette élection soit un modèle de transparence et de paix.

Un autre défi attend cette campagne celui de la mobilisation. Les précédents scrutins ont parfois souffert d’une abstention préoccupante. Cette fois ci, les deux duos multiplient les initiatives pour inviter les citoyens à se rendre aux urnes. Car une élection gagnée dans l’indifférence est une victoire fragile. C’est pourquoi les appels à la participation massive se font entendre de toutes parts. Les jeunes, qui représentent une part considérable du corps électoral, sont particulièrement ciblés par des actions de sensibilisation.

Les femmes aussi sont appelées à jouer un rôle décisif. Leur présence dans les équipes de campagne et leur capacité à mobiliser autour d’elles peuvent faire basculer le scrutin. Les candidats le savent et multiplient les déplacements dans les marchés, les lieux de rencontre et les associations féminines. Cette attention portée à la gent féminine est une bonne nouvelle pour la vitalité démocratique du pays.

Dans les jours qui viennent, les débats vont s’intensifier. Les candidats vont confronter leurs visions sur les grands sujets qui préoccupent les Béninois : l’emploi des jeunes, l’amélioration des conditions de vie, la sécurité, la santé, l’éducation. Chaque citoyen aura à cœur d’écouter, de comparer, de se forger une opinion éclairée. Car le vote du 12 avril n’est pas un simple geste, c’est un acte de confiance dans l’avenir.

La campagne qui se déroule est donc bien plus qu’une formalité électorale. Elle est le moment où la démocratie béninoise montre son visage le plus abouti. Celui d’un peuple qui sait se parler, se respecter et choisir en toute liberté. Les deux duos en présence portent une responsabilité immense celle de faire de cette compétition une fête civique où l’intérêt général prime sur les ambitions particulières.

Le Bénin a souvent donné l’exemple en Afrique par la qualité de son dialogue politique. Cette élection présidentielle de 2026 peut confirmer cette réputation. Il suffit que chacun, électeur comme candidat, partisan comme observateur, mette du sien pour que la campagne reste ce qu’elle doit être : un moment de bonheur civique, de plaisir partagé et de mobilisation joyeuse. Le 12 avril, les urnes parleront. Mais avant cela, la parole est donnée aux Béninois pour qu’ils choisissent en toute connaissance de cause celui qui aura la lourde charge de les conduire vers les lendemains.

Pierre MATCHOUDO

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