Romuald Wadagni entre jazz, rumba et poisson : Les secrets d’un président élu à 94,27%
La démocratie béninoise a franchi un cap décisif. Dimanche 12 avril, dans la paix et la bonne humeur, les Béninois ont accompli leur devoir civique. Ils ont choisi leur nouveau président. C’est Romuald Wadagni qui a remporté la mise. Avec 94,27 % des suffrages, il a décroché la victoire dès le premier tour. Un score historique. Une confiance écrasante. Le candidat succède ainsi à Patrice Talon. Ce plébiscite populaire en dit long sur l’espoir placé en lui. Le pays tourne une page importante, porté par la joie et l’unité retrouvée autour des urnes. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique bien avant la campagne présidentielle, Romuald Wadagni, qui va diriger les destinées du Bénin à partir du 24 mai prochain, a évoqué certains de ses secrets. Le futur président s’est livré avec sincérité sur sa personnalité, ses goûts et sa vision du monde.
L’une des questions portait sur sa principale qualité. Romuald Wadagni n’a pas hésité un seul instant. Il a répondu sans détour. Selon lui, sa plus grande force est l’empathie. Il a confié : « L’empathie. On me dit technocrate, mais je suis aussi spontané, sociable, attentif aux autres. Je suis un vrai Gémeaux. » Cette déclaration surprend agréablement. On imagine souvent un homme d’État froid et calculateur. Mais il se présente comme une personne proche des autres, capable de ressentir leurs joies et leurs peines. Il l’a d’ailleurs démontré lors de sa descente dans plusieurs villes du Bénin en contact avec les populations. Son signe astrologique, les Gémeaux, est connu pour son caractère adaptable et communicatif.
La question concernait son principal défaut. Là encore, le nouveau président a fait preuve d’une franchise remarquable. Il a déclaré : « L’impatience. Quand un dossier n’avance pas assez vite, il m’arrive d’écarter la personne qui en a la charge pour m’en occuper moi-même à sa place. » Cet aveu est intéressant car il révèle un tempérament exigeant et perfectionniste. Romuald Wadagni ne supporte pas les lenteurs administratives. Il préfère agir directement plutôt que d’attendre passivement. Ce défaut peut être perçu comme une force, car il montre sa détermination à obtenir des résultats rapidement.
François Soudan lui a ensuite demandé quelle qualité il préfère chez les autres et quel défaut il ne supporte pas. La réponse de Romuald Wadagni a été claire et nette. Il a dit : « L’honnêteté et la mauvaise foi. » Ces deux mots en disent long sur ses valeurs. L’honnêteté est pour lui une vertu fondamentale. Il attend de ses collaborateurs et de ses concitoyens qu’ils soient droits et transparents. En revanche, la mauvaise foi lui est insupportable. Il ne supporte pas les personnes qui refusent de reconnaître leurs torts ou qui déforment la vérité pour se dédouaner.

Les questions ont ensuite pris un tour plus léger. On l’a interrogé sur sa musique favorite. Sa réponse a montré un homme aux goûts variés et équilibrés. Il a expliqué : « Le jazz, pour aider à la réflexion. La rumba, pour la détente. » Le jazz est une musique complexe qui invite à la concentration et à l’introspection. C’est le choix parfait pour un chef d’État qui doit prendre des décisions importantes. La rumba, quant à elle, est une musique entraînante et chaleureuse. Elle permet de se relaxer et de partager des moments de convivialité. Ce contraste entre deux genres musicaux en dit long sur la personnalité équilibrée du futur président. En parlant de son plat préféré, il a été tout aussi direct. Il a répondu : « Le poisson sous toutes ses formes. » Cette réponse simple et gourmande le rapproche des Béninois, pour qui le poisson est un aliment de base très apprécié. Qu’il soit grillé, frit, bouilli ou en sauce, le poisson fait partie du quotidien et des fêtes. Ce choix culinaire témoigne de son ancrage dans la culture locale.
Enfin, une question plus profonde a été posée. Est-il panafricain ou mondialiste ? Sa réponse a dépassé ce clivage. Il a déclaré avec force : « Je suis un humaniste qui interagit avec le reste du monde et pour qui la géographie n’est pas une prison. » Par ces mots, il affirme sa vision ouverte et généreuse. Il ne se laisse enfermer dans aucune frontière. Il croit en l’humain avant tout, où qu’il se trouve. Cette position est celle d’un leader moderne, conscient des enjeux globaux mais attaché à ses racines.

Ainsi, à travers ces quelques confidences, Romuald Wadagni se révèle comme un homme à la fois exigeant et chaleureux, impatient mais empathique, ancré dans sa culture mais ouvert au monde. Les Béninois attendent désormais de voir comment ces qualités guideront son action à partir du 24 mai prochain.
Damien TOLOMISSI