Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Quand l’objectif parle, le stress écoute »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Quand l’objectif parle, le stress écoute »

Dans la bouche de Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, la sagesse ne se pare pas de mots compliqués. Elle descend dans la vallée des jours ordinaires pour y cueillir des vérités simples mais fortes. Selon lui, beaucoup de gens fuient le stress négatif comme on fuit un essaim d’abeilles. Pourtant, ce stress que l’on dit négatif devient un allié précieux pour ceux qui osent avoir un objectif clair. Voici sa parole, libre et profonde, sur cette alliance étrange entre la peur et l’espoir.

« Mes chers amis, vous qui lisez ces lignes, je souhaite partager avec vous une vérité que j’ai apprise au fil des saisons et des épreuves. Cette vérité concerne le lien secret entre un objectif clair et ce que nous appelons le stress négatif. Beaucoup de gens pensent que le stress est un ennemi à fuir, une ombre qui gâche la joie du voyage. Mais, je vous dis que ceux qui ont un objectif acceptent aussi le stress négatif. Non pas comme un fardeau, mais comme un compagnon de route nécessaire.

Je vais plus loin ce jour. Non seulement ils l’acceptent, mais ils finissent par l’apprivoiser comme on apprivoise un cheval fougueux. Car un objectif sans stress est comme un feu sans chaleur. Cela n’existe pas. Regardez la rivière qui coule vers la mer. Elle rencontre des rochers, des chutes, des rétrécissements. Ces obstacles lui donnent sa force et son bruit joyeux. De même, votre stress négatif est le bruit que fait votre âme quand elle avance malgré les cailloux.

Quand on se lève le matin sans savoir où l’on va, on peut ressentir un stress vague, une inquiétude sans nom. Ce stress-là est stérile. Il tourne en rond comme une feuille morte emportée par le vent. Mais quand on a planté un bâton dans la terre pour marquer sa direction, le stress qui vient alors a une forme et une utilité. Il devient le gardien de notre vigilance. Par exemple, un cultivateur qui espère une belle récolte sait bien que la pluie qui tarde ou les insectes qui arrivent vont lui causer du souci. Ce souci n’est pas une malédiction. Il le pousse à vérifier ses outils, à surveiller son champ, à se lever plus tôt. Voilà ce que j’appelle le stress négatif accepté et transformé. Et je vous le dis solennellement, c’est une clé que peu de gens savent tourner.

Ne vous méprenez pas sur mes paroles. Je ne dis pas qu’il faut chercher l’angoisse ou vivre dans la peur. Je dis que refuser tout stress, c’est souvent refuser tout objectif qui a de la valeur. Regardez l’enfant qui apprend à marcher. Il tombe, il pleure, il craint de tomber encore. Ce sentiment est désagréable. Pourtant, grâce à cette petite peur, il serre les doigts de sa mère, il regarde le sol, il avance avec prudence. Le stress négatif de la chute ne l’a pas arrêté. Il l’a aidé à mieux poser ses pas. De la même manière, une personne qui veut fonder une famille sait qu’elle devra faire face aux soucis d’argent, aux disputes passagères, aux nuits blanches. Accepter cela d’avance, c’est déjà montrer sa force. C’est même le premier pas de la bravoure.

Dans mon village, j’ai connu un homme qui rêvait de construire un pont sur la rivière pour que les écoliers ne se mouillent plus pendant la saison des pluies. Tout le monde se moquait de lui. Il a passé des nuits sans sommeil à calculer le coût des pierres et du ciment. Il a senti son estomac se serrer quand les promesses d’aide n’arrivaient pas. Ce stress négatif, il ne l’a pas caché. Il l’a regardé en face et il a continué. Aujourd’hui, le pont est là. Les enfants traversent à pied sec. Et cet homme me dit souvent que sans les nuits difficiles, il n’aurait jamais trouvé la volonté de frapper à tant de portes. Le stress négatif a été son aiguillon. Je rajoute ceci : si cet homme avait fui son stress, il aurait fui son rêve. Les deux ne font qu’un.

Il faut comprendre une chose importante. Le mot négatif ne signifie pas inutile. La pluie est négative pour celui qui veut danser dehors, mais elle est positive pour le riz dans la rizière. De même, le stress que vous ressentez avant un examen, avant un entretien pour un emploi, avant une conversation délicate avec un proche, ce stress-là vous rappelle que l’enjeu compte à vos yeux. Si vous n’aviez pas d’objectif, vous seriez indifférent. Or l’indifférence est une petite mort. Donc, remerciez votre stress négatif de vous prouver que vous tenez vraiment à votre but. Et osez même lui dire merci à voix haute.

Je parle souvent aux jeunes gens qui veulent réussir dans le commerce ou dans les études. Ils me disent : Dadah, j’ai trop de peur. Je leur réponds : Cette peur est une bonne nouvelle. Elle signifie que tu as mesuré la hauteur de l’arbre que tu veux grimper. Celui qui ne craint rien n’a jamais rien entrepris de grand. Le secret n’est pas de supprimer le stress, mais de lui donner une place. Acceptez-le comme un feu qui chauffe l’eau sans faire déborder la marmite. Le stress devient négatif et mauvais seulement quand il vous paralyse ou vous rend malade. Mais quand il vous pousse à mieux préparer votre discours, à ranger vos affaires la veille, à réviser une dernière fois vos leçons, alors il agit comme un ami sévère mais juste. Je vous le dis, cet ami-là vous mènera loin si vous ne le chassez pas de votre case.

Certains jours, vous allez trembler. Vos mains vont suer. Votre cœur va battre plus vite. C’est le prix du courage. Ceux qui n’ont rien à perdre ne connaissent pas ce sentiment. Mais vous, vous avez quelque chose à perdre parce que vous avez quelque chose à gagner. Un objectif noble attire à lui les difficultés comme un aimant attire la limaille. Ne fuyez pas. Dites-vous que le grand baobab a poussé lentement sous le soleil brûlant et sous les vents violents. Sans cette pression, il serait resté une herbe fragile. Moi, j’ai vu des baobabs résister à la foudre. Ils ne le devaient pas à leur chance, mais à leurs racines poussées dans la douleur.

Pour conclure, mes amis, je vous invite à changer votre regard. Au lieu de maudire votre stress négatif, dites-lui merci. Écoutez ce qu’il veut vous apprendre. Peut-être vous dit-il que vous devez vous lever plus tôt. Peut-être vous dit-il que vous devez demander de l’aide. Peut-être vous dit-il que votre objectif est vraiment important pour vous. Alors respirez profondément, posez un pied devant l’autre, et avancez avec ce compagnon rugueux mais fidèle. Car ceux qui ont un objectif acceptent aussi le stress négatif. Et ceux qui l’acceptent finissent par le dompter. Et ceux qui le domptent touchent un jour du doigt l’horizon qu’ils avaient dessiné dans leurs rêves. Que la paix soit dans votre cœur, et que votre route soit claire malgré les cailloux. Je vous laisse avec cette pensée dernière : le stress négatif n’est pas votre ennemi. Il est la preuve que vous vivez debout. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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