Droits des handicapés : Abdel Rahman Ouorou Baré sollicite l’Assemblée nationale

 Droits des handicapés : Abdel Rahman Ouorou Baré sollicite l’Assemblée nationale

La promotion des droits des personnes handicapées a franchi une nouvelle étape le lundi 20 juillet 2026 à Porto-Novo. Abdel Rahman Ouorou Baré, récemment élu au Comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies, a été reçu au cabinet du président de l’Assemblée nationale, le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou. Cette audience, qui s’est déroulée au Palais des Gouverneurs, avait pour objectif d’explorer le rôle stratégique que l’institution parlementaire peut jouer dans la protection et la promotion des droits des personnes vivant avec un handicap au Bénin.

Bien que sa prise de fonction officielle au sein du Comité onusien n’intervienne qu’en janvier prochain, Abdel Rahman Ouorou Baré a tenu à entamer dès maintenant les concertations avec les acteurs clés du pays. Son choix de rencontrer le président Joseph Fifamin Djogbénou n’est pas le fruit du hasard. Ce dernier, en tant qu’ancien garde des Sceaux, a été l’artisan principal de la loi sur les droits des personnes handicapées, un texte fondateur qu’il a lui-même signé. Cette proximité avec le sujet fait de lui un allié précieux pour la cause.

À l’issue de l’entretien, Abdel Rahman Ouorou Baré s’est confié à la presse parlementaire avec une clarté qui a marqué les observateurs. Il a rappelé que l’Assemblée nationale occupe une place centrale dans la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, un instrument international que le Bénin a ratifié. Selon lui, le parlement « ne doit pas se contenter d’un rôle de contrôle et de représentation, il doit aussi être un moteur de l’inclusion sociale par le vote de lois ambitieuses et l’adoption de politiques publiques volontaristes. »

Les échanges ont notamment porté sur plusieurs textes en instance à l’Assemblée nationale, dont la loi sur la reconnaissance de la langue des signes, une avancée majeure pour la communication et l’autonomie des personnes sourdes. Il a également évoqué la ratification du Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées, qui permettrait d’harmoniser la législation béninoise avec les standards continentaux les plus exigeants. Par ailleurs, la question du soutien financier et technique aux organisations de personnes handicapées a été abordée, de même que la possibilité de faire voter des lois sectorielles couvrant des domaines précis comme l’emploi, la santé ou l’éducation adaptée.

Outre l’état des textes, Abdel Rahman Ouorou Baré a tenu à saluer l’engagement constant du président Djogbénou en faveur de l’inclusion. Issu de la société civile, le professeur est connu pour sa sensibilité aux questions sociales et sa volonté de promouvoir ce qu’il appelle l’intelligence sociale. Cette approche, qui place l’humain au cœur de l’action politique, a trouvé un écho favorable chez son interlocuteur. Le président de l’Assemblée nationale a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les personnes handicapées dans leur combat quotidien pour la dignité et l’égalité des chances.

Cette rencontre survient dans un contexte particulier, marqué par la présentation récente du rapport du Bénin devant le Comité des droits des personnes handicapées. Ce rapport a donné lieu à des recommandations précises que le pays doit désormais mettre en œuvre. Abdel Rahman Ouorou Baré a jugé essentiel d’associer le parlement à ce processus, car c’est au sein de l’enceinte législative que se joue une partie décisive de la traduction des engagements internationaux en réalité nationale.

Le chemin vers une société véritablement inclusive est encore long. Mais des signes encourageants se multiplient, et la convergence de volontés entre les institutions et les défenseurs des droits humains laisse espérer des progrès tangibles dans les années à venir.

Patrice ADJAHO

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