De 0-2 à 2-2 : La remontada historique des Amazones U20 face au Mexique

 De 0-2 à 2-2 : La remontada historique des Amazones U20 face au Mexique

Le monde du football a découvert ce que les Béninois savent déjà. Les Amazones U20 ne sont pas de simples participantes à la Coupe du Monde en Pologne. Elles sont des compétitrices, des battantes, des artistes du ballon rond qui viennent d’offrir à leur pays un match mémorable face au Mexique. Samedi 5 septembre 2026 sur les pelouses polonaises, la jeune équipe béninoise a réalisé un exploit retentissant en arrachant le match nul 2 buts partout, après avoir été menée 2 à zéro. Une performance qui porte la signature d’un groupe soudé et d’un entraîneur visionnaire, Abdoulaye Ouzérou.

Le début de rencontre avait pourtant laissé présager le pire. Les Mexicaines, expérimentées et physiques, avaient pris le contrôle du jeu, marquant deux fois et semblant filer vers une victoire tranquille. Mais c’était sans compter sur la force de caractère des Amazones. La deuxième mi-temps a vu une toute autre équipe entrer sur le terrain. Plus conquérantes, plus audacieuses, les jeunes Béninoises ont inversé la tendance grâce à un mental à toute épreuve et une qualité technique qui a fait chavirer les gradins.

Au coup de sifflet final, l’entraîneur Abdoulaye Ouzérou, visiblement ému, a livré son analyse avec la lucidité et la passion qui le caractérisent. « En deuxième mi-temps, nous avons su trouver la solution et, à partir de ce moment-là, le match a changé de physionomie. Il ne faut pas oublier qu’en matière d’expérience, c’est la première fois que ces filles participent à une telle compétition. Cela les a peut-être inhibées en début de partie. Lorsqu’elles ont pris la mesure de l’adversaire, elles ont compris qu’elles pouvaient rivaliser, qu’elles étaient au niveau et qu’il fallait lâcher les chevaux. » Et ses joueuses l’ont fait en deuxième période, avec une intensité et une détermination qui ont laissé sans voix leurs adversaires.

Cette remontée fantastique, c’est en grande partie l’œuvre d’une joueuse exceptionnelle, Romaine Gandonou. L’attaquante béninoise a inscrit un doublé salvateur, deux gestes de grande classe qui resteront gravés dans les mémoires. Pour son premier match en Coupe du Monde, elle a su répondre présent dans les moments les plus critiques. Au micro de la FIFA, elle a partagé sa joie avec une humilité désarmante. « Je suis très contente d’avoir inscrit un doublé pour mon premier match. Nous allons continuer à travailler en vue de la deuxième rencontre. Avec mes coéquipières, nous donnerons tout pour gagner et prendre les trois points. » Ces paroles montrent l’état d’esprit qui anime ce groupe, une ambition tranquille et une soif de victoire qui ne demande qu’à s’exprimer.

Mais au-delà des buts et de la tactique, c’est l’âme de cette équipe qu’il faut écouter. Interrogée en zone mixte, Soukou Hosane, l’attaquante internationale béninoise évoluant sur le flanc gauche, a résumé avec une fierté vibrante ce que ce match représente. Ses mots, empreints d’une rage froide et d’une foi collective, donnent la mesure de ce groupe hors norme : « C’est l’équipe qui n’a jamais abandonné, c’est l’équipe qui a travaillé jusqu’au bout. Et je pense que le Bénin a été la parfaite image de cette équipe ce soir. » Une déclaration qui résonne comme un manifeste. Soukou, visiblement habitée par l’exploit, a poursuivi, la voix encore pleine de l’effort fourni sur la pelouse : « Je suis tellement fière de moi et des joueurs sur le terrain, du staff, tout le monde. On a tellement travaillé pour être là où on est aujourd’hui. Personnellement, on vous a senti vraiment en rage sur tous les ballons.  » Une rage qui s’est vue sur chaque duel, chaque pressing, chaque repli défensif. L’internationale béninoise a balayé d’un revers de main les doutes et les étiquettes de « petite équipe » : « Je pense qu’en tant que petite équipe, on a quelque chose à prouver. C’est pour ça que depuis le début, on se dit qu’on va travailler le plus fort qu’on peut. On n’abandonnera pas jusqu’à la fin. Et c’est exactement ce qui s’est passé sur le terrain. « 

Les Béninoises ont su bousculer leurs adversaires par leur intensité et leur jeu rapide. Le sélectionneur mexicain, Dorival Bueno, a d’ailleurs reconnu la supériorité physique de son adversaire dans le dernier acte. « Nous avons eu un peu de mal physiquement à cause du style de jeu des Béninoises. Nous savions que le match pourrait se dérouler ainsi. Nous avions le match en main et aurions pu marquer un autre but. À ce niveau, il est très important de tirer le meilleur parti des occasions que nous nous créons. Nous devons maintenant tout analyser calmement, sans céder au désespoir et en gardant la tête froide. » Une déclaration qui, sans être une excuse, souligne la difficulté qu’a rencontrée une équipe pourtant favorite face à la fougue et à l’audace des Amazones. Le prochain rendez-vous sera une nouvelle opportunité de voir ce groupe exceptionnel confirmer son potentiel.

Damien TOLOMISSI

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