Romuald Wadagni vu par la diaspora américaine et canadienne : Une méthode, un rythme, une nouvelle dynamique
Le 24 mai 2026, Romuald Wadagni prêtait serment au Palais des Congrès de Cotonou et ouvrait solennellement le septennat 2026-2033. Cent jours plus tard, de Montréal à Washington en passant par Toronto, New York et Vancouver, la diaspora béninoise suit de près les actions du nouveau Président de la République. Elle commente et décortique ses faits et gestes avec une attention particulière. Loin du pays mais très proche des familles restées au Bénin, elle juge moins les discours que les effets concrets sur le terrain. Pour beaucoup d’Américains et Canadiens d’origine béninoise, c’est ce rapport direct entre les annonces et la réalité qui marque véritablement les esprits.
Un infirmier béninois vivant à Montréal confie son impression : « On a l’impression qu’il veut que la puissance de l’État se voie dans le quotidien. » Cette perception d’une action gouvernementale tangible est partagée par de nombreux membres de la diaspora. Les visites diplomatiques, huit pays en moins de trois semaines, sont également saluées comme un signe clair de repositionnement du Bénin sur la scène internationale. Pour les Béninois d’Amérique du Nord, cette mobilité présidentielle témoigne d’une volonté affirmée de redynamiser les relations extérieures et d’ouvrir de nouveaux horizons pour le pays.
C’est sur le volet social que les retours sont les plus nourris, car c’est ce qui allège directement le fardeau des familles restées au pays. La gratuité de la scolarité pour les filles dans le secondaire public dès la rentrée 2026-2027 est particulièrement symbolique. Comme le souligne un maître nageur d’origine béninoise installé à Vancouver : « Investir dans l’éducation des filles est une composante d’une même politique de développement humain. » Cette mesure, perçue comme une avancée significative, témoigne d’une vision à long terme pour l’émancipation de la jeunesse féminine béninoise.
L’engagement de l’Etat pour les urgences vitales dans les hôpitaux et la prise en charge systématique des cas critiques sont interprétés comme une preuve de courage et de souveraineté par un autre Béninois de Miami. Ces décisions marquent une rupture avec les pratiques antérieures et montrent une volonté affirmée de placer la santé des citoyens au cœur des priorités nationales. Igor Hans Bagoudou, un Béninois vivant au Texas, apporte une analyse nuancée : « Une politique sociale ne doit pas seulement distribuer des prestations ; elle doit permettre aux personnes vulnérables de retrouver progressivement leur autonomie. » Cette exigence d’accompagnement vers l’indépendance plutôt que d’assistanat résonne fortement dans une diaspora attachée aux valeurs de responsabilité et de travail.
L’insertion économique des jeunes est au cœur des préoccupations des Béninois vivant au Canada et aux États-Unis. Ils attendent des mesures concrètes pour créer des emplois, soutenir l’entrepreneuriat et offrir des perspectives d’avenir à une génération qui constitue l’avenir du pays. Le sentiment dominant n’est pas à l’euphorie, mais à un optimisme mesuré, teinté d’une attente vigilante. Serge Isaac Kpatinvo, de Montréal, résume cette position : « Les cent premiers jours, pour moi, sont acceptables. » Pour lui, il est encore trop tôt pour juger un septennat, et la prudence reste de mise.
Néanmoins, certains attendent la transformation des annonces en résultats visibles hors des communiqués officiels. Ils souhaitent surtout une implication davantage de la diaspora dans le financement et le transfert de compétences, au-delà des simples envois d’argent. La diaspora aspire à être reconnue comme un partenaire à part entière du développement national, capable d’apporter son expertise, ses réseaux et ses ressources. La route est longue, mais les premiers pas sont encourageants pour une diaspora qui reste profondément attachée aux destinées de son pays d’origine.
Fidèle AKODODJA


