Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : «  La lumière de la nourriture traditionnelle »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : «  La lumière de la nourriture traditionnelle »

Selon Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, la nourriture ne se réduit pas à un simple combustible pour le corps ; elle porte en elle une lumière spirituelle qui relie l’homme à la nature et au divin. Il rappelle avec force que l’homme est ce qu’il mange et que les ancêtres ont jalousement préservé cette sagesse. Il invite à revenir aux sources, à consommer ce qui pousse près de nous, et à redécouvrir le pouvoir guérisseur des aliments traditionnels, loin des préparations industrielles qui dépouillent les aliments de leur force vitale. Car l’équilibre du corps et de l’âme passe par une nourriture en harmonie avec notre environnement et notre héritage.

« On m’a souvent demandé de dire quelque chose sur la nourriture. Aujourd’hui, je profite de cette occasion pour répéter ce que nos ancêtres ont toujours enseigné et préservé avec soin. Les sages ont caché toute cette sagesse dans un dicton célèbre qui affirme que l’homme est ce qu’il mange. Cette phrase simple contient en réalité une vérité profonde que nous avons trop souvent tendance à oublier dans notre monde moderne.

Dans la nature, toutes les choses existent et vibrent selon leur propre fréquence. Nos ancêtres connaissaient cette lumière intérieure et dans la tradition, cette connaissance est encore vivante aujourd’hui. Nous devons vraiment regarder d’où vient notre nourriture et quel effet elle produit sur notre corps et notre esprit. Beaucoup de gens cherchent des remèdes pour leurs maux, sans prêter attention à la lumière que contient la nourriture qu’ils consomment quotidiennement.

Quand on regarde les habitudes alimentaires des Européens, on constate à quel point ils se sont éloignés du sens véritable de la nature. Les substances nutritives sont généralement séparées de leur environnement naturel. Lors de la préparation industrielle, l’aliment est essentiellement dépouillé de sa force vitale. La nourriture est dans la plupart des cas préparée par des machines qui retirent toute l’énergie naturelle qu’elle contient. En revanche, quand on observe la lumière de la cuisine africaine, on voit que la nature est encore principalement respectée et que l’homme peut utiliser le pouvoir guérisseur de la nature pour lui-même.

Que signifie vraiment manger pour l’être humain ? Est-ce seulement pour entretenir notre corps physique ? La nourriture a-t-elle une fonction au-delà de combler notre faim immédiate ? Chaque aliment possède un pendant dans le monde spirituel. Tout est à la fois physique et spirituel. Tout est vibration. Chaque être vivant ou matière vibre à une certaine fréquence, selon sa tâche et sa fonction dans la création divine. Dans ce contexte, la matière doit servir l’âme et non l’inverse. L’homme qui néglige son corps ne peut pas non plus servir son âme correctement. L’âme ne peut se sentir bien que là où la pureté circule, là où la lumière du temple intérieur prend soin d’elle. La lumière de la raison, de la paix dans le spirituel, mais aussi la lumière du physique dans la nutrition, est une nécessité fondamentale.

On devrait donc aujourd’hui recommander aux Africains de regarder de plus près les habitudes de leurs ancêtres. Les gens ont tout à leurs pieds dans cette nature généreuse, mais ils n’utilisent pas toujours ces ressources à bon escient. On ne comprend souvent pas à quel point la tradition est riche et abondante. La vie s’y reflète comme la lumière des invocations et des rituels qui orientent leur éclat vers l’harmonie avec le Seigneur. Pourtant, beaucoup cherchent la vie à l’extérieur, là où l’on a souvent perdu soi-même la lumière essentielle. Les gens qui honorent la nature peuvent mieux recevoir la lumière que le Seigneur leur a donnée au début de leur incarnation.

Plus on s’éloigne de cette lumière originelle, plus on se perd et plus le chemin parcouru n’est pas achevé. Il faut donc revenir à ses sources pour simplement continuer la vie, alors qu’on aurait déjà pu terminer cette lumière pour en commencer une nouvelle, plus haute et plus pure. Dans ce contexte, il est conseillé aux Européens d’examiner la lumière de leur propre être. Si elle est l’expression du soi supérieur, l’homme doit la regarder et la réharmoniser avec la nature. Il faut prier davantage si l’on veut retrouver l’ordre divin dans notre alimentation.

Les Européens sont aussi entourés de la nature de différentes manières, mais ils ne la connaissent pas véritablement et ne l’utilisent pas correctement. Il y a peu de traditions qui continuent cette lumière, alors que ceci constitue une possibilité et un potentiel qui est loin d’être pleinement exploité. Pour conclure ce sujet, il est recommandé de regarder la nature autour de soi. Tout ce dont chaque personne, chaque peuple a besoin est déjà planté à proximité. Il faut commencer par soi-même. La personne qui cherche la guérison doit commencer par elle-même, là où elle se trouve, dans son environnement immédiat.

Chaque personne n’arrive pas dans ce monde par hasard à un endroit et à une heure précise. Exactement pour chaque individu, il est prévu ce qui doit être consommé pour rester en bonne santé sur le long terme. Manger ce qui pousse dans son propre environnement est ce qui apporte et maintient la santé. Par exemple, au Bénin et dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, il existe l’oracle Fâ qui, lors d’une initiation, indique selon les signes astrologiques d’une personne ce qu’il vaut mieux ne pas manger pour chaque individu. Imaginez-vous simplement si celui qui est né en Alaska au pôle nord en hiver pourra se nourrir de la même façon que celui qui est né et vit près de l’équateur ! Certainement l’un aura besoin de plus d’aliments chauds et gras que l’autre pour rester en bonne santé.

On m’a demandé si nous n’avions pas besoin de médicaments. Les médicaments sont devenus nécessaires car la dégénérescence est apparue depuis que l’être humain ne vit plus dans l’unité des pensées de Dieu. Les efforts pour revenir à Dieu sont le chemin qui nous guérira complètement. Nous conseillons donc à notre entourage proche de s’occuper de cela en laissant cette lumière intacte. C’est l’objectif que le Seigneur a donné, ce qui signifie aussi le chemin à suivre.

Tout ce qui est nécessaire peut être reçu par la nourriture, si l’on considère de plus près la lumière qu’elle contient. Voyez ce que le Seigneur a planté et mis en réserve dans la nature. Nous pouvons tout utiliser pour notre existence. Il suffit d’organiser les choses ici et de rechercher les objectifs pour lesquels le Seigneur les a donnés. En considérant l’effet de la nourriture, de la bonne nourriture, celle qui doit rester traditionnelle pour l’homme, nous devrions retenir que l’esprit prime sur la matière, mais la lumière de la matière est une colonne essentielle pour l’homme ici dans l’espace et le temps. On ne peut pas l’ignorer. Sinon, le corps pourrit de l’intérieur.

Je regarde combien de personnes âgées en Europe ont des problèmes de santé. Cette lumière n’a pas seulement à voir avec l’âge, mais avec la forme mentale et physique. Étonnamment, on rencontre en Afrique beaucoup de personnes âgées, la plupart dans des zones naturelles apparemment pauvres matériellement, mais cependant en bonne santé. Que ces pensées puissent vous faire l’objet de méditation pour le bien des hommes et à la gloire de Dieu, qui nous aime infiniment et a mis tout à notre disposition pour une vie descente ici-bas. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE

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