Du refus à l’engagement pour un cadre de dialogue : Boni Yayi justifie son entrée au Sénat

 Du refus à l’engagement pour un cadre de dialogue : Boni Yayi justifie son entrée au Sénat

L’ancien président de la République, Boni Yayi, a surpris l’opinion publique en annonçant un revirement majeur dans sa position politique. Longtemps opposé à l’idée de siéger au sein du nouveau Sénat qu’il jugeait inopportun, il a finalement décidé d’exercer son droit de sénateur, conformément à l’article 113-3 de la Constitution. Dans une déclaration solennelle adressée à ses compatriotes, il explique ce changement par l’évolution du contexte politique national.

L’ancien chef de l’État a rappelé qu’au moment où le projet de loi instituant le Sénat a été introduit, il avait clairement fait connaître son opposition. Il indique qu’il n’envisageait pas alors de siéger dans cette institution pour des raisons qu’il avait exposées publiquement. Mais, selon ses propres termes, « la loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts ». Il souligne notamment que « notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore ». Il constate également que « les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats ».

Dans son message, l’ancien président affirme partager « les préoccupations du peuple quant à la nécessaire décrispation de la vie politique, à travers la prise en compte des priorités qui ont toujours été les miennes, à savoir : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales incompatible avec l’existence de prisonniers et d’exilés politiques, le renforcement des acquis de l’unité nationale, la sécurité, la défense du territoire, la démocratie et la paix ». Il tient à rassurer ses compatriotes en ces termes : « Je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie, le pain et la paix ». Il promet également de « rester fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique ».

C’est après une mûre réflexion que Boni Yayi a conclu que « le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple ». Il annonce donc son intention d’exercer son droit de sénateur « afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune », en précisant : « Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution ». Il s’engage par ailleurs à faire du Sénat « un vase d’honneur pour les intérêts du peuple », aux côtés de ses collègues. Il conclut son message en invitant ses compatriotes à continuer de prier pour le pays et à œuvrer pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie, dans une « union de prières », ajoutant une bénédiction finale pour le Bénin. Ce revirement marque un tournant dans la vie politique nationale, ouvrant la voie à de nouveaux débats sur le rôle et l’utilité de la chambre haute du Parlement.

Damien TOLOMISSI

Articles similaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *