ODEM : Trois ans de bilan et un appel à la responsabilité
L’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médias a bouclé vendredi 3 juillet 2026 sa neuvième mandature. Lors d’une cérémonie tenue à la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères, le président Ulrich Vital Ahotondji a présenté le bilan de trois années de gestion. La ministre de la Communication, Aurélie Adam Soulé, a salué ce travail et invité l’institution à poursuivre ses efforts pour une presse plus responsable et professionnelle.
Le président de l’ODEM, Ulrich Vital Ahotondji, a présenté le bilan de son équipe. Il a rappelé que son mandat a été placé sous le signe de la co-construction. « Chaque pas que nous avons posé, c’est avec vous. Chaque action a été posée dans le sens de la construction collective », a-t-il affirmé. Il a adressé ses remerciements à l’Assemblée spéciale, au CNPA et à l’ensemble de la corporation des journalistes.
Revenant sur les origines de l’institution, il a rappelé que l’ODEM a été créé en 1999 par les journalistes eux-mêmes. L’objectif était de « combattre la fébrilité des organes de presse » après l’ouverture démocratique de 1990. Il s’agissait de prouver que les professionnels des médias peuvent « s’auto-organiser et orienter leur profession ». Avec lucidité, Ulrich Vital Ahotondji a dressé un constat nuancé : « Nous n’avons pas encore vu une presse indépendante, libre, responsable, professionnelle et engagée pour le développement dans tous les sens. »
Pour progresser, l’Observatoire a mis en place un monitoring quotidien des médias, des analyses de contenu et la publication de rapports. Il a également réaffirmé son rôle de défenseur du public, « titulaire d’un droit constitutionnel à une information de qualité ». La mandature a aussi produit des outils importants, dont le « Guide du journaliste en période électorale ». Sur le plan institutionnel, l’ODEM s’est doté d’un compte bancaire à double signature, ce qui renforce son autonomie.
Le président a identifié le financement comme « le plus grand défi » à venir. Il a souligné que « le public a soif d’une information vraie » et que l’institution doit « continuer à inspirer cette qualité ». Il a invité la prochaine équipe à poursuivre ces efforts pour faire de l’autorégulation un levier durable de crédibilité.
La ministre de la Communication, Aurélie Adam Soulé, a pris la parole après le président. Elle a salué un exercice qu’elle qualifie « d’opportunité de réflexion collective ». Elle a ajouté que « la liberté de la presse ne peut prospérer durablement sans une exigence permanente de responsabilité, de déontologie et d’éthique ». Faisant l’éloge du modèle d’autorégulation, elle a estimé que « tout système qui s’autorégule limite les besoins de régulation extérieure ». Elle a donc appelé l’ODEM à poursuivre son action « de façon responsable, profonde et durable ».
Évoquant les défis liés aux médias sociaux, aux fausses nouvelles et aux manipulations, la ministre a insisté sur le renforcement des compétences et le respect des principes déontologiques. Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement pour un paysage médiatique professionnel. Elle a appelé à une mobilisation collective de l’État, des régulateurs et des journalistes pour bâtir « un espace médiatique exemplaire », tout en félicitant l’équipe sortante.
Pierre MATCHOUDO


