SMIG au Bénin, le gouvernement passe à l’offensive : Analyse de  olaïtan Jean Tonoukouin

 SMIG au Bénin, le gouvernement passe à l’offensive : Analyse de  olaïtan Jean Tonoukouin

Par la voix de son porte-parole Wilfried Léandre Houngbédji, le gouvernement a invité les salariés à dénoncer les entreprises qui bafouent le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti. Cette décision, attendue depuis de longues années, selon Olaïtan Jean Tonoukouin, analyste de la vie sociale, mérite d’être saluée car elle offre enfin une voie de recours à ceux qui subissent des rémunérations indignes, en particulier dans le secteur informel et au sein des petites et moyennes entreprises. Lisez plutôt !!!

« En appelant les employés à signaler les abus, l’État choisit une stratégie intelligente à trois volets. Il responsabilise d’abord le travailleur en le plaçant au cœur du dispositif de contrôle. Il dissuade ensuite les employeurs malveillants en faisant peser sur eux une menace réelle. Il réaffirme enfin que le SMIG n’est pas une simple recommandation mais un droit garanti par la loi. Cette approche est d’autant plus sage qu’un pays ne peut se développer en sacrifiant la dignité de ceux qui font tourner son économie. Un travailleur décemment rémunéré devient un consommateur actif, un parent épanoui et un citoyen pleinement engagé dans la vie nationale.

Pourtant, si cette avancée est essentielle, elle ne saurait occulter une autre urgence tout aussi cruciale. Le respect des huit heures de travail journalier reste largement ignoré dans le pays. Aujourd’hui encore, la majorité des employeurs imposent des journées de dix, douze heures ou plus, sans aucune compensation pour les heures supplémentaires. Vendeuses, agents de sécurité, ouvriers et employés de bureau subissent ce rythme épuisant, terminant tard pour reprendre tôt, avec un salaire qui reste fixe. Le Code du Travail béninois est pourtant sans équivoque : la durée légale est de quarante heures par semaine, soit huit heures par jour. Toute heure au-delà doit être majorée. Ignorer cette règle, c’est porter atteinte à la fois au temps du travailleur, à sa santé et à son pouvoir d’achat. La fatigue chronique, l’épuisement professionnel et l’absentéisme en sont les conséquences prévisibles.

C’est pourquoi un appel solennel est lancé aux plus hautes autorités. Le président de la République a eu le courage d’ouvrir le dossier du SMIG, et le peuple lui en est reconnaissant. Il est désormais invité à poursuivre dans cette dynamique de justice sociale en lançant une campagne nationale de contrôle et de sensibilisation sur le respect strict des huit heures de travail. Que les mêmes canaux de dénonciation soient ouverts et que les mêmes sanctions tombent. Car un salaire juste perd son sens si le travailleur n’a plus de temps pour sa famille, pour se reposer et pour vivre pleinement. Respecter le SMIG, c’est protéger le pouvoir d’achat. Respecter les huit heures, c’est protéger la dignité humaine. Le Bénin que nous voulons bâtir est un Bénin où le travail libère et n’épuise pas. »

Etienne YEMADJE

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