Utilisation récurrente des fausses fesses et dérivées : Cotonou, carrefour de l’usurpation des beautés et formes rares
Cotonou est devenu un carrefour de l’usurpation des beautés et des formes rares. De nombreuses femmes cherchent à conquérir les hommes non pas par leur beauté réelle mais par des stratégies détournées. Ces comportements se multiplient à Cotonou et prennent progressivement forme dans bien d’autres villes du Bénin. Certes, il est important, voire impérieux, pour une femme de se rendre belle. Car la nature elle-même exige cela de la femme. Mais quand le fait de se rendre belle sort du réel pour corrompre les cœurs, il y a mille raisons de s’interroger.
Sans tourner autour du pot, des hommes, jeunes et adultes, mariés ou non, ne manquent jamais l’occasion d’adresser des mots doux aux femmes qu’ils trouvent belles en ville, dans un bar, un night-club, un restaurant, sur une moto, au cours d’un voyage en transport commun, dans les petits commerces et ailleurs. En effet, comme la nature exige de la femme qu’elle soit toujours rayonnante, elle contraint de la même manière l’homme à tomber sous son charme. Les uns cherchent à tirer un coup, les autres à trouver leur âme sœur. Les intentions ne sont pas toujours les mêmes. C’est dans cet activisme libidinal qu’est née, depuis l’avènement des réseaux sociaux au Bénin, une nouvelle tendance. La remarque est effective et perceptible dès les premiers contacts.
Vivre dans un foyer auprès d’un homme, voilà un choix que rares sont les femmes qui l’opèrent encore sous nos tropiques aujourd’hui. Avec des arguments fallacieux, elles sont prêtes à peindre en noir tout ce que représentait jadis leur homme. Celles qui n’ont pas encore eu la chance de vivre sous un toit préfèrent se régaler dans les méandres du multipartenariat sexuel. Le slogan aujourd’hui se résume à cette phrase : la vie est un choix. Cette philosophie ne peut faire l’objet d’aucune condamnation puisque des lois et d’autres textes donnent plein pouvoir à la femme, avec l’évolution du temps, de choisir son mode de vie. Cela a d’ailleurs encouragé et permis à des milliers de femmes béninoises de vivre autrement leur existence. Le marchandage du sexe via les réseaux sociaux a pris une autre tournure.
Derrière cela, la modernisation des villes formalise davantage la publicité sexuelle. Outre l’atmosphère que dégagent les nouvelles tendances de beauté dans les bars, night clubs, restaurants et autres lieux, les places publiques sont inondées par des femmes, surtout de jeunes filles, pendant les jours de travail, les weekends, mais aussi pendant les heures de travail. Parmi elles, certaines y vont par plaisir pour se déstresser ou pour organiser de petites fêtes entre amies. À l’opposé, d’autres viennent pour ensorceler les hommes qui ne maîtrisent pas leur libido avec leur charme trompeur.
Seulement, tous les trous n’ont pas la même circonférence. Derrière ces beautés visiblement parfaites, attirantes et attendrissantes, se cachent parfois des gredines, des coquines et des mascottes qui traquent les hommes en présentant ce qu’elles n’ont pas et ce qu’elles ne pourront jamais avoir. Des peaux en lambeaux avec des vergetures cachées sous des vêtements, des yeux clignotants avec de faux cils, un visage de fée en or surendetté par des parures, des perruques détachables qui peuvent s’envoler en cas de vents violents ou d’un soufflet lors d’une petite dispute, des fesses et des seins couchés et amortis. Elles ne manquent pas d’ingéniosité pour arrondir ou donner une forme attirante à ces organes afin de toucher les cœurs.

Porter des caoutchoucs, la mode chez certaines femmes
Or, porter des caoutchoucs des heures durant pour plaire aux hommes reste dangereux pour la peau et surtout pour l’organe génital. Ces usurpatrices de beauté ignorent ces risques. Se donner une forme apocryphe et inventée, c’est aussi courir le risque de développer un cancer. Un jeune entrepreneur digital prénommé Wisdom a partagé une histoire édifiante avec la cellule des grandes enquêtes du journal Gaskiyani Info. Voici son témoignage.
Il raconte avoir rencontré une femme à la beauté ravissante et à la forme bien polie. Derrière cela, dit-il, « c’était la merde ». Ils se sont donné rendez-vous pour prendre un verre, manger et ensuite se donner du plaisir dans un guest house qui lui a coûté très cher. Elle a accepté. Mais arrivée sur les lieux, elle l’empêchait de mettre la main dans son caleçon pour toucher ses fesses ou d’introduire sa main dans son soutien-gorge. Il a tout fait, elle n’a pas cédé, mettant en avant qu’il s’agissait d’un premier contact et que, tel qu’il la voyait, il voulait faire et fermer la page. Au final, elle l’a obligé à éteindre la lumière avant de passer à l’essentiel. Il a obtempéré. Ils ont fait un premier tour, puis un deuxième. Après cela, elle a constaté qu’il faisait nuit. Elle devait rentrer pour aller tôt au travail. Il était environ deux heures du matin. Elle s’est levée brusquement pour faire sa toilette et rentrer.

C’est à ce moment-là, selon Wisdom, que Dieu l’a vendue. Il a trouvé ses vêtements au sol. En voulant les ramasser, il a découvert le pot aux roses. Dans le collant qu’elle avait porté, enlevé et déposé au pied du lit derrière, se trouvait un lourd objet. Il a poussé sa curiosité pendant qu’elle se lavait. C’était une masse de fesses en caoutchouc qui, au toucher, n’a rien à envier à une peau humaine. L’objet présentait une forme de hanches et de fesses bien arrondies. Wisdom s’est dit fâché, mécontent et outré. Il a déposé les vêtements sur le lit pour voir sa réaction à son retour. Elle est restée muette comme une carpe derrière sa moto jusqu’à destination. Elle avait compris. Depuis ce temps, son numéro est sur la liste noire. S’il l’appelle avec un autre numéro, dès qu’elle entend sa voix, elle rejette l’appel.
Selon Wisdom, la plupart des jeunes filles et jeunes dames rencontrées surtout la nuit sont des spécialistes de ces exploits ingénieux pour attirer vers elles les hommes, bien qu’elles n’aient jamais mis les pieds dans une grande école ou une université de formation aux métiers de la beauté. Tout comme beaucoup d’hommes ont été épinglés par ces oiseaux rares qui n’ont rien à faire avec l’éthique et la morale. Qui s’y frotte s’y pique, tel est leur mot d’ordre.
Etienne YEMADJE