Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La vie nourrit la vie »
Assis sous l’arbre où des générations se sont transmises l’essentiel, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè nous offre le fruit de sa sagesse. Dans une époque frénétique, sa voix résonne comme un rappel aux vérités immuables : la vie nourrit la vie, nos ancêtres marchent avec nous, et chaque épreuve porte en germe une transformation. Un testament philosophique d’une profondeur rare, à lire comme on boit à une source après une longue marche.
« Je suis assis sous le grand fromager où mes ancêtres se sont toujours assis, et j’écoute la terre qui murmure ses secrets éternels. La vie nourrit la vie, c’est la première grande loi que j’ai comprise. Je l’observe chaque jour dans mon milieu. La feuille morte devient engrais, la graine tombée devient arbre, la pluie qui s’infiltre devient source. Rien ne se perd, tout circule, tout se transforme. Quand je récolte le maïs, je sais que je dois à mon tour nourrir la terre. C’est un échange sacré.
Je sens constamment la présence de nos ancêtres. Ils ne sont pas partis, ils sont simplement transformés. Mon grand-père est dans la force de mes bras quand je travaille. Ma grand-mère est dans la douceur de mes paroles quand je console un enfant. Nous formons une grande chaîne vivante, et chaque génération est un maillon précieux. C’est cette certitude qui m’a appris à voir le mal différemment. Ce que vous appelez « mal » est souvent une transformation que vous ne comprenez pas encore. La chenille qui voit son monde se défaire ne comprend pas qu’elle devient papillon. Nous devons apprendre à regarder au-delà de l’apparence immédiate.
Notre savoir moderne est souvent trop étroit. Il veut tout mesurer, tout prouver, tout réduire à ce qu’on peut toucher et compter. Mais l’univers est bien plus vaste que cela ! La vraie connaissance embrasse à la fois ce qu’on voit et ce qu’on devine, ce qu’on prouve et ce qu’on pressent. Je puise dans mon expérience et ma lecture de la vie pour comprendre le réel. Cela peut vous surprendre, mais pour moi, l’imagination n’est pas le contraire de la réalité. Elle en est la source la plus profonde. Quand je regarde les étoiles, je ne vois pas seulement des astres lointains. Je vois les feux des ancêtres, je vois des histoires écrites dans la lumière, je vois les rêves de ceux qui nous ont précédés. L’acquisition de la sagesse demande une patience infinie. Je compare toujours cela à la croissance du baobab. Le baobab ne se presse pas. Il prend son temps pour enfoncer profondément ses racines. Il sait que les saisons se succéderont, que les pluies reviendront. Notre âme, elle aussi, a besoin de ce temps pour mûrir.

Dans notre quête d’élévation, nous rencontrons inévitablement des difficultés. Ces épreuves ne sont pas des punitions, mais des passages nécessaires. Comme la terre doit être labourée pour recevoir la semence, notre cœur doit parfois être brisé pour laisser entrer plus de lumière. Chaque obstacle sur notre chemin nous fortifie, nous affine, nous prépare à recevoir des vérités plus grandes. Je vous invite à cultiver cette patience avec moi. Patience comme la rivière qui use la pierre sans violence. Patience comme la graine qui attend le printemps dans l’obscurité confiante. Patience comme la nuit qui sait que l’aube viendra inévitablement.
Quand vous traversez des moments difficiles, souvenez-vous que vous n’êtes jamais seul. Nous marchons ensemble, main dans la main avec ceux qui nous ont précédés, guidés par ceux qui nous suivront. Chaque épreuve relative que nous surmontons nous élève un peu plus, nous rapproche un peu plus de la sagesse complète. Je termine en vous redisant cette vérité fondamentale : la vie nourrit vraiment la vie. Chaque geste d’amour que vous posez, chaque parole de réconfort que vous prononcez, chaque pensée positive que vous cultivez – tout cela nourrit le grand fleuve de la vie qui nous porte tous.
Rien n’est perdu dans l’univers. Tout se transforme, tout circule, tout revient. Nous sommes éternellement unis dans cette grande danse de la transformation. Il vous revient de porter ces vérités, de les faire vivre, de les enrichir de votre propre expérience. La sagesse n’est pas un trésor à garder, mais une semence à partager.
DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE