Une crypto-monnaie « anti-manipulation » pour l’Afrique : Makponsè lance l’offensive pour sa monnaie numérique
Samuel Abraham Makponsè, promoteur de l’Alpha Omega Coin (AOC), a présenté vendredi 26 janvier 2025 sa vision et une campagne marketing agressive pour sa crypto-monnaie. Lancée il y a cinq ans, celle-ci se prépare à une entrée sur des plateformes internationales. Mais sa particularité réside dans des mécanismes de régulation inédits, destinés à limiter la spéculation et à « délivrer l’Afrique du colonialisme économique ». Retour sur des annonces qui mêlent innovation technique, restrictions volontaires et discours messianique.
D’entrée de jeu, Samuel Abraham Makponsè a tenu à rappeler les fondamentaux qui, selon lui, font la supériorité des monnaies numériques. « Lorsque vous êtes en crypto-monnaie, vous êtes dans une monnaie où il n’y a pas de fausses pièces », a-t-il expliqué, insistant sur l’aspect inaltérable et sécurisé de la blockchain. Il a mis en avant la fluidité des transactions, possibles « 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », à l’échelle mondiale, dès lors qu’une connexion internet est disponible. Pour lui, cette technologie facilite des échanges directs et affranchis des intermédiaires traditionnels, posant les bases d’une nouvelle souveraineté financière.
Cependant, l’Alpha Omega Coin ne se présente pas comme une crypto-monnaie comme les autres. Son promoteur la décrit comme un « projet particulier » au sein de l’écosystème des crypto-actifs, principalement en raison de ses mécanismes de régulation internes. « AOC dispose de deux stratégies anti-manipulation fondamentales », a déclaré Makponsè. La première, dite « progressive », concerne la distribution même des jetons. La seconde, qualifiée de « régressive », encadre strictement leur liquidité et leur retrait par les détenteurs.
Le principe annoncé est simple dans son intention, mais complexe dans son application : éviter la volatilité extrême et la spéculation à court terme qui caractérisent souvent ce marché. « Seule une quantité limitée de jetons serait disponible au moment de la cotation prévue sur des plateformes d’échange internationales », a-t-il précisé, visant à créer une rareté maîtrisée à l’entrée en bourse.
Mais l’annonce la plus marquante concerne les restrictions temporelles imposées aux investisseurs. Samuel Abraham Makponsè a détaillé un calendrier contraignant pour les retraits. « À partir du 2 janvier 2026 au 1er janvier 2028, vous ne pouvez sortir que 10% de ce que vous avez comme AOC sur votre portefeuille », a-t-il indiqué. Puis, il a ajouté une phase encore plus restrictive : « Et enfin, à partir du 2 janvier 2028 jusqu’au retour de Jésus de Nazareth, c’est-à-dire jusqu’à l’avènement de Jésus-Christ et donc jusqu’à l’enlèvement de l’église, vous ne pouvez donc sortir que 5% de ce que vous avez. D’où c’est régressif et tout cela équilibre le marché. »
Cette référence eschatologique, surprenante dans un contexte financier, souligne la dimension presque philosophique ou doctrinale que son promoteur souhaite donner à ce projet. Elle introduit une temporalité très longue, voire indéfinie, dans la gestion du capital, une approche inédite qui vise à ancrer l’investissement dans la durée et à décourager toute logique de trading frénétique.
Pour accompagner le lancement de cette nouvelle phase et la future cotation, une campagne de communication en ligne agressive a été annoncée. Elle devra expliquer au grand public, et particulièrement au marché africain que Samuel Abraham Makponsè cible prioritairement, les règles spécifiques de l’AOC. Le promoteur nourrit en effet une ambition géopolitique affichée : « délivrer l’Afrique du colonialisme » grâce à cette monnaie virtuelle. Il voit dans la blockchain un outil d’émancipation économique permettant au continent de s’affranchir des dépendances financières historiques.
Les défis à relever sont toutefois immenses. Il s’agira de convaincre les investisseurs de la solidité technologique du projet, mais aussi d’accepter des règles de liquidité bien plus strictes que celles du marché traditionnel des crypto-actifs. La crédibilité des mécanismes « anti-manipulation » et la transparence des opérations seront scrutées à la loupe par la communauté crypto, souvent méfiante envers les projets aux règles trop personnalisées.
En définitive, la conférence de Samuel Abraham Makponsè a dévoilé bien plus qu’une simple campagne marketing. Elle a présenté une crypto-monnaie à régime restrictif, portée par un discours mêlant innovation technique, contrôle des marchés et une vision quasi-messianique de la libération économique de l’Afrique. L’Alpha Omega Coin propose un pari audacieux : celui de la stabilité par la contrainte volontaire. Son succès dépendra de sa capacité à trouver un équilibre entre ses principes régulateurs stricts et les attentes de liberté et de rendement qui animent généralement les adeptes des monnaies numériques. Les prochains mois, jusqu’à la cotation prévue, seront déterminants pour voir si cette voie singulière saura séduire un marché pourtant réputé pour son appétit de risque et sa volatilité.
Parfait DOSSA