Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Voici les quatre piliers pour une bonne année »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Voici les quatre piliers pour une bonne année »

À l’aube d’une nouvelle année, où les discours tournent souvent autour des succès à obtenir et des biens à accumuler, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè invite à une pause essentielle. Sous la métaphore de l’ombre du grand arbre, il propose un retour aux racines de l’être. Pour lui, face à un monde qui court, la stabilité véritable ne se trouve pas dans la vitesse, mais dans la profondeur de certaines valeurs. Lisez plutôt !!!

Mes enfants, mes frères, mes sœurs. Asseyons-nous un moment à l’ombre du grand arbre. Écoutons le vent dans les feuilles. Respirons. Une nouvelle année s’ouvre, comme une page blanche. Beaucoup parlent de projets, d’argent, de succès. Moi, aujourd’hui, je veux vous parler de racines. De ce qui tient debout l’homme, quelle que soit sa religion, sa couleur, son pays. Je vois le monde courir, toujours plus vite. Mais quand on court sans racines, le premier vent fort nous couche. Alors, il est urgent, plus que tout, d’adopter quatre piliers dans son cœur : l’humilité, la sincérité, la solidarité. Et une règle simple : ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse. Tout cela, en faisant bien son travail, chaque jour. C’est le chemin pour vivre en paix et recevoir les bénédictions du Créateur du ciel et de la Terre.

Commençons par le premier pilier : l’humilité. Elle, ce n’est pas se faire petit. Ce n’est pas dire : « Je ne suis rien ». Non. L’humilité, c’est savoir d’où l’on vient. C’est se souvenir que l’on a appris à marcher en tombant. Que l’on a appris à parler en bégayant. Que l’on sait aujourd’hui parce que d’autres nous ont enseigné avant. L’arbre le plus haut a commencé par une petite graine dans la terre. L’homme qui croit tout savoir est comme une calebasse fermée. On ne peut rien y verser de nouveau. Restez comme le tam-tam, creux pour résonner. Soyez fier de vos compétences mais n’oubliez jamais que vous êtes un maillon dans une grande chaîne. Le Créateur a donné à chacun un talent. Le vôtre est à vous, mais il sert au tout. Travailler avec humilité, c’est accomplir sa tâche avec soin, sans crier sur les toits : « Regardez ce que je fais ! ». La récolte appartient à celui qui sème en silence, avec respect pour la terre.

Passons au second pilier : la sincérité qui n’est rien d’autre que l’eau claire. L’eau boueuse ne reflète pas le ciel. Un cœur qui n’est pas sincère ne reflète pas la lumière. Soyez vrai avec vous-même d’abord. Regardez-vous dans le miroir le matin et soyez en paix avec la personne que vous voyez. Ensuite, soyez vrai avec les autres. Une parole sincère vaut plus qu’un discours parfumé de mensonges. Dans votre travail, si vous ne savez pas, dites « Je ne sais pas, mais je vais apprendre ». Cela demande plus de courage que de mentir. Les relations bâties sur la vérité sont solides comme le baobab. Les relations bâties sur le mensonge sont fragiles comme une toile d’araignée dans la tempête. Le Créateur voit au fond des cœurs. Il bénit les mains propres et les intentions pures. Quand vous êtes sincère, vous dormez paisiblement. Vous n’avez pas peur que vos paroles d’hier vous trahissent aujourd’hui.

Voici le troisième pilier, le ciment qui nous unit, la solidarité. Nous sommes une communauté. Un seul doigt ne peut attraper un grain de mil. Une seule branche ne fait pas de l’ombre. La solidarité, ce n’est pas seulement donner quand on a trop. C’est voir son prochain. C’est tendre l’oreille à la détresse qui ne fait pas de bruit. C’est partager le peu que l’on a, car partager multiplie. Dans votre domaine, soyez solidaire. Aidez le nouveau à apprendre. Transmettez votre savoir. Une réussite égoïste est une réussite amère. Une réussite partagée est douce comme le miel. Souvenez-vous, la pirogue avance quand tout le monde rame ensemble. Si une seule rame à contre-courant, tout le monde tourne en rond. La solidarité, c’est comprendre que le bonheur de ton voisin fait aussi ton bonheur. Le Créateur a créé un monde d’interdépendance. La pluie nourrit la terre, la terre porte l’arbre, l’arbre donne des fruits à l’homme. Nous sommes tous liés.

Et la règle d’or, simple et puissante : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse.»

Posez cette question avant chaque acte, avant chaque parole. Tu n’aimes pas qu’on te vole ? Ne vole pas. Tu n’aimes pas qu’on te mente ? Ne mens pas. Tu n’aimes pas qu’on te méprise ? Ne méprise pas. Cette règle est le garde-fou de toutes nos actions. Elle est universelle. Elle est le fondement de la paix. Appliquez-la dans votre famille, au marché, sur votre lieu de travail. Si tout le monde vivait avec cette pensée, les tribunaux seraient vides et les cœurs légers. Cette règle, c’est le respect de la vie et de la dignité de l’autre. Le Créateur a fait chaque être unique et précieux. Lui faire du mal, c’est offenser la création tout entière.

Maintenant, tout cela n’est pas que de la pensée. Agissez dans votre domaine. Faites bien votre travail.

Votre travail, quel qu’il soit, est votre contribution au monde. Le cultivateur qui laboure avec soin nourrit le village. L’enseignant qui instruit avec passion éclaire les esprits. L’artisan qui sculpte avec amour crée de la beauté. Faites votre travail avec excellence, avec amour, avec intégrité. Ne trichez pas sur la qualité. Ne cherchez pas à gagner du temps au détriment du bien fait. Un travail bien fait est une prière silencieuse, une offrande. Et c’est là que la bonté du Créateur se manifeste. Quand vous semez de bonnes graines, avec des mains propres et un cœur droit, la moisson sera abondante. Pas seulement en biens matériels, mais en paix intérieure, en respect, en joie durable. La Providence sourit à l’effort honnête.

Alors, en cette nouvelle année, je vous en supplie, ne vous perdez pas dans les complications. Revenez à l’essentiel. Enracinez-vous dans l’humilité. Purifiez-vous dans la sincérité. Grandissez dans la solidarité. Et guidez vos pas par la règle d’or. Travaillez de vos mains et de votre intelligence comme une offrande. Le Créateur du ciel et de la Terre, qui fait briller le soleil sur les justes et les injustes, est un océan de bonté. Mais on ne puise pas dans l’océan avec un cœur fermé ou avec des mains sales. Approchez-vous avec un cœur ouvert, avec ces quatre piliers, et vous verrez sa bonté couler dans votre vie, abondante, comme la pluie après la saison sèche. C’est la sagesse de nos ancêtres. C’est le chemin du vrai bonheur. Suivez-le, et vous ne vous égarerez pas. Que votre année soit fertile et lumineuse.

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE

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