La recette de Jude Houétognankou aux Guépards face aux Pharaons : « Jouer vraiment libres »

 La recette de Jude Houétognankou aux Guépards face aux Pharaons : « Jouer vraiment libres »

Les Guépards s’activent pour un match importantissime dans l’histoire du football béninois. Ce lundi 5 janvier 2026 à Agadir, ils affrontent les redoutables Pharaons d’Égypte en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Un défi immense que beaucoup voient comme une montagne infranchissable. Mais pas Jude Houétognankou, le président des Dragons de l’Ouémé. Pour lui, la surprise est non seulement possible, elle est à portée de main, pourvu que les joueurs y croient et appliquent la bonne recette.

Interrogé sur le parcours des Guépards jusqu’ici, Jude Houétognankou ne cache pas son admiration pour le premier match de la compétition, contre la République Démocratique du Congo. « C’est le match d’entrée. Le premier match qu’on a joué contre la RD Congo », confirme-t-il. Il rappelle que les Léopards, qui avaient pourtant tenu en échec le Nigeria et le Cameroun, étaient sûrs d’écraser le Bénin. « Mais tout de suite, ils ont été surpris par la technique de jeu développée par les joueurs. Il y avait une distribution réelle des balles. Ils étaient en confiance. Et ils ont joué, ils ont joué décomplexés. » Cette entrée en matière, solide et sereine, a selon lui jeté les bases de la mentalité qui a permis la qualification.

C’est sur cette base que le président fonde son optimisme pour le choc à venir contre l’Égypte. Son argument est simple et fort : le Bénin a déjà prouvé qu’il pouvait créer l’exploit. « Je pense que le Bénin a déjà prouvé par le passé qu’on peut surprendre. C’est possible. On l’a fait au cas. On a surpris le Maroc. On les a battus. Malgré toute la kyrielle de stars internationales qu’ils avaient, ça a été fait. » Pour lui, il n’y a donc aucune raison de ne pas rééditer cet exploit face aux Pharaons. La condition ? Que l’entraîneur trouve la meilleure stratégie et que les joueurs gardent cet état d’esprit libérateur. « Gagner, aller de l’avant, distribuer la balle. Quand vous êtes une équipe solidaire, on est suffisamment fort. »

Il insiste particulièrement sur la psychologie du match. Pour Jude Houétognankou, les Guépards n’ont strictement rien à perdre, alors que la pression pèse entièrement sur les épaules des Égyptiens, tenus de l’emporter. « C’est plutôt les Pharaons qui vont commencer par douter après une demi-heure de jeu s’ils ne trouvent pas la solution idéale pour violer les cages béninoises. Ce qui va les contraindre à se mettre dans un état psychologique plus agressif que le nôtre. » Cette analyse le conduit à une conviction ferme : « Il va falloir qu’ils jouent vraiment libres et je crois que la victoire sera de notre côté. Moi, j’y crois. »

Mais la foi ne suffit pas. Le président des Dragons de l’Ouémé avance aussi des pistes tactiques très concrètes. Selon lui, la clé du match réside dans le lien entre le milieu de terrain et l’attaque. « La clé de ce match, c’est qu’il faut absolument que le milieu du terrain joue avec les attaquants. Il faut qu’ils aient le courage d’oser dans les 18 mètres. » Il encourage les joueurs à pénétrer dans la surface de réparation avec une mentalité de gagnant, sans complexe. « Il faut qu’ils aient le courage de bien frapper. Quand ils sont dans les 18 mètres, il faut qu’ils se disent qu’ils sont dans une zone sécurisée, genre ‘Je n’ai rien à perdre’. Il faut qu’ils aient le courage de foncer, de créer à la limite des pénaltys. »

Pour terminer Jude Houétognankou lance un message de soutien et de responsabilisation aux joueurs. Il les place comme les porte-étendards de toute une nation. « Je pense qu’il faut croire en eux, et de se dire que ce sont les 14 millions de Béninois qui leur confient leur destin. C’est très important qu’ils sachent que tout le Bénin, le monde entier, l’Afrique les regarde pour cet espoir. » Un message qu’il conclut par un vœu et un rendez-vous festif. « La victoire à nous contre l’Égypte. Bonne chance aux Guépards et on se retrouve au soir du 5 pour festoyer. Victoire aux Guépards et bonne chance. »

Le discours de Jude Houétognankou résonne comme une feuille de route et une source de motivation. Il mêle le souvenir des exploits passés, une analyse tactique précise, et une confiance inébranlable dans le mental des joueurs. Un cocktail qui, s’il est partagé par l’équipe, pourrait bien donner raison à cet optimiste et écrire une nouvelle page glorieuse du football béninois.

Damien TOLOMISSI

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