Vodou : Une lumière pour le Bénin

 Vodou : Une lumière pour le Bénin

Dadah Bokpè Houézrèhouèkè partage une vision essentielle, le Vodou, religion ancestrale, est la fierté et l’âme du Bénin. Loin des clichés, il incarne l’équilibre, la protection et la joie. Il appelle à soutenir les Vodun Days, initiative du président Talon, pour affirmer avec force cette identité spirituelle et rayonnante.

Je viens à vous avec cette fois-ci le cœur plein, pour partager une vision de nos racines, de notre identité, et de la fierté qui doit nous habiter. Je veux parler du Vodou. Pas du Vodou des ombres et des peurs que d’autres ont inventé. Mais du Vodou de la lumière, de l’équilibre et de la vie. Trop longtemps, on nous a fait croire des choses qui n’étaient pas vraies. On a associé notre spiritualité à la sorcellerie, à des pratiques obscures. Il est temps de dire les choses clairement, avec simplicité et force. Le Vodou est fondamentalement une religion. C’est un lien sacré entre les vivants, les ancêtres, et les forces invisibles qui régissent l’univers. C’est un système de valeurs, de respect, et d’harmonie avec la nature. Le Vodou n’est pas, et n’a jamais été, associé à la sorcellerie. Cette confusion est un mensonge. Un mensonge créé de toutes pièces.

Qui a créé ce mensonge ? Le colonisateur. Pourquoi ? Parce qu’il avait besoin de ce discours pour affaiblir nos esprits, pour nous couper de notre force. Pour imposer sa propre religion, il devait d’abord détruire la nôtre. Il a peint nos rites en noir, a appelé nos divinités des « démons », et a fait passer notre dévotion pour de la peur. Mais pourquoi nos ancêtres y étaient-ils si attachés ? Parce qu’ils y trouvaient le sens, la protection, et un guide pour vivre en communauté.

Le Vodou, c’est bien plus qu’un ensemble de rituels. C’est le fondement même de notre être. Le Vodou, c’est notre fierté à nous. C’est la marque de notre résilience. Malgré les siècles d’assauts, il est resté vivant, tapis dans le secret des cœurs, murmuré dans les chants, présent dans le rythme des tambours. Il est la preuve que notre âme collective n’a jamais été conquise. Le Vodou, c’est notre identité. Il raconte qui nous sommes, d’où nous venons. Il est dans nos noms, dans nos proverbes, dans la façon dont nous saluons le jour qui se lève et dont nous remercions la terre nourricière. Il est la sagesse de Mawu-Lisa, la puissance de Hébiesso, la bienveillance de Mami Wata… Il est la mémoire de notre histoire inscrite dans le monde invisible. Le Vodou, c’est notre spiritualité. Une spiritualité qui ne sépare pas le sacré du quotidien. Elle enseigne que le divin est dans l’arbre que l’on plante, dans l’eau que l’on boit, dans le respect que l’on porte aux aînés. C’est une spiritualité d’équilibre : entre l’homme et la nature, entre l’individu et la communauté, entre les forces visibles et invisibles.

Alors, qu’offre le Vodou à celui qui le comprend et le pratique avec un cœur pur ? Le Vodou, c’est le bonheur. Le bonheur de se savoir enraciné, d’appartenir à une chaîne qui vient de très loin et qui continuera. Le bonheur des célébrations, des couleurs vives, des danses qui libèrent le corps et élèvent l’esprit. Le Vodou, c’est la joie. La joie communautaire des grandes fêtes, où tout un village ne fait qu’un. La joie intérieure qui naît de l’accomplissement des devoirs envers les ancêtres et les divinités. Le Vodou, c’est la protection. Une protection qui ne vient pas d’une peur superstitieuse, mais d’un pacte d’alliance et de respect. En honorant les forces qui nous entourent, en vivant selon les principes de justesse et de droiture, on s’assure une guidance et une sauvegarde.

Soutenir les Vodun Days

C’est pour toutes ces raisons que je dis aujourd’hui, nous devons soutenir de tout notre être la belle initiative du président Patrice Talon et de son gouvernement. L’initiative des Vodun Days. Cette initiative n’est pas seulement un festival. C’est un acte de libération. Un acte de vérité. C’est donner à notre identité béninoise le rayonnement qu’elle mérite. Pendant trop longtemps, nous avons caché cette part de nous par crainte du regard moqueur ou méprisant des autres. Aujourd’hui, nous la mettons en lumière. Nous l’offrons au monde, non plus comme une curiosité folklorique, mais comme un système de pensée riche, complexe et profondément humaniste.

Les Vodun Days, c’est l’occasion de dire : « Voici qui nous sommes. Voici notre richesse spirituelle. Venez la découvrir dans sa beauté et sa dignité. » C’est un formidable vecteur de cohésion nationale. Que l’on soit du Nord ou du Sud, chrétien ou musulman, le Vodun, en tant que patrimoine culturel et historique, nous appartient à tous. C’est le socle sur lequel nos sociétés se sont bâties. Soutenir cette initiative, c’est honorer le sacrifice de nos ancêtres qui ont préservé cette flamme. C’est offrir à nos enfants une estime de soi inébranlable. C’est construire un Bénin fier de son passé, ancré dans son présent et confiant pour son avenir.

Je vois un Bénin où nos enfants, à l’école, apprendront la philosophie du Vodun comme on apprend la philosophie des Lumières. Je vois un Bénin où nos artistes puiseront dans ce réservoir inépuisable pour créer des œuvres qui parleront au monde entier. Je vois un Bénin où le touriste ne viendra plus pour un exotisme superficiel, mais pour une rencontre authentique avec une sagesse millénaire. Alors, mes frères, mes sœurs, embrassons cette renaissance. Approprions-nous notre récit. Pratiquons, expliquons, célébrons sans complexe. Le Vodun n’est pas derrière nous, dans un passé révolu. Il est devant nous, comme une boussole pour naviguer dans les défis du monde moderne. Il est notre âme. Il est notre force. Il est notre fierté.

Que les ancêtres nous guident et que les divinités bénissent notre chemin.

DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE

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