Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Le bruit, une double blessure »
Dadah Bokpè Houézrèhouèkè partage une vérité fondamentale : « Le bruit, sous toutes ses formes, ne fait pas de bien. Il fait du mal à autrui et il est nuisible pour soi-même. » Au-delà du vacarme physique, il dénonce les paroles inutiles, les jugements et le tumulte intérieur. Ce bruit nous blesse et blesse les autres, volant paix et énergie. La solution ? Un choix conscient : privilégier l’écoute, la parole juste et de petits moments de silence. En cultivant cette paix intérieure, nous offrons un refuge à notre entourage et contribuons à une harmonie collective. Une sagesse simple pour transformer notre présence au monde.
« Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une vision simple, une vérité fondamentale qui éclaire ma voie : le bruit, sous toutes ses formes, ne fait pas de bien. Il fait du mal à autrui et il est nuisible pour soi-même. Cela semble évident, n’est-ce pas ? Pourtant, regardons autour de nous. Combien d’entre nous l’oublient, chaque jour ?
Mais qu’entends-je précisément par « bruit » ? Ma pensée va bien au-delà du vacarme des moteurs, des cris ou de l’agitation des foules. Je parle aussi du bruit des paroles inutiles, des disputes qui n’en finissent pas, des plaintes répétées comme un refrain triste, des jugements lancés trop vite, des conversations qui tournent à vide et n’alimentent pas l’âme. Je parle, surtout, du bruit intérieur : ce tumulte de pensées agitées, de colères que l’on garde en soi, d’inquiétudes qui tournent en cercle. Tout cela est du bruit. Et ce bruit, croyez-en mon expérience, ne construit rien de bon. Il ne soulage pas vraiment, il n’élève pas l’esprit, il n’apporte pas la paix.
Observons d’abord comment ce bruit blesse l’autre. Une parole dure, échappée sans réflexion, peut fendre un cœur pour longtemps. Une rumeur, répandue sans scrupule, peut détruire une réputation patiemment bâtie. Une voix qui monte, un cri, peut semer la peur ou réveiller la colère chez celui qui le reçoit. Même le bruit physique, incessant et irrespectueux, est une violence. Il vole à notre prochain sa tranquillité, son droit au repos, à la concentration, à un peu de sérénité. Lorsque nous créons du bruit, nous envahissons l’espace de l’autre, son espace physique et son espace mental. Nous lui confisquons le silence, qui est le terrain fertile où germent la réflexion profonde, les idées claires et la vraie paix. En agissant ainsi, nous manifestons, sans un mot, un cruel manque de considération. Nous disons à l’autre : « Mon agitation, mon besoin de parler, ma présence imposante sont plus importantes que ta paix. »
Pourtant, l’aspect le plus subtil et peut-être le plus tragique, est que ce bruit nous nuit tout autant à nous-mêmes. Celui qui crie s’épuise et s’enroue bien avant d’avoir convaincu qui que ce soit. Celui qui diffuse des bruits négatifs empoisonne d’abord son propre esprit, comme un verre d’eau trouble que l’on voudrait offrir. Celui qui entretient en lui un tumulte de pensées anxieuses ou amères se prive, sans le voir, de joie et de lumière intérieure. Le bruit est un voleur. Il vole notre énergie, disperse notre attention, affaiblit notre jugement et épuise notre âme. Surtout, il nous empêche d’écouter. D’écouter vraiment les autres, mais aussi, et c’est capital, d’écouter notre propre voix intérieure, cette petite sagesse tranquille et constante qui ne peut nous guider que si nous lui laissons de l’espace pour se faire entendre.
Alors, que pouvons-nous faire ? La réponse n’est pas dans un silence absolu, forcé et contre nature. Elle réside dans le choix conscient, quotidien. Choisir la parole utile plutôt que la parole excessive. Choisir le ton calme et posé plutôt que l’emportement impulsif. Choisir d’écouter, pleinement, avant de chercher à répondre. Choisir de se retirer, parfois, du tumulte extérieur pour retrouver son centre, son équilibre.
Cela exige une discipline douce, une vigilance bienveillante. Avant de prendre la parole, interrogez-vous : ce que je m’apprête à dire est-il nécessaire ? Est-il vrai ? Est-il bienveillant ? Si votre cœur répond « non » à l’une de ces questions, alors le silence est souvent le plus précieux des cadeaux, pour vous et pour les autres. Face à une situation qui éveille la colère, prenez une profonde respiration. Laissez passer la première vague, ce bruit intérieur fait de fureur et de réaction. Attendez qu’elle s’apaise. Vous verrez, la réponse qui émergera ensuite sera plus juste, plus puissante, et plus respectueuse.
Il est bon de cultiver de petits moments de silence dans le jardin de votre journée. Quelques minutes le matin, à midi, le soir. Inutile de compliquer les choses. Asseyez-vous simplement, et écoutez. Écoutez les sons qui vous entourent sans les juger, laissez les pensées passer dans votre esprit comme des nuages dans le ciel. Peu à peu, vous ferez en vous de l’espace. Et dans cet espace libéré, la paix pourra prendre racine et grandir.
Cette paix intérieure, une fois nourrie, devient contagieuse. Une personne paisible, qui maîtrise ses paroles et son agitation, devient naturellement un refuge pour ceux qui l’entourent. Sa simple présence calme peut apaiser des tensions, inspirer confiance et ouvrir la porte à des échanges authentiques. En réduisant votre propre bruit, vous offrez au monde un cadeau précieux : vous cessez de participer à la grande cacophonie. Vous devenez un point de silence, un îlot de paix. Et cela, mes amis, est une contribution immense à l’harmonie collective.
Ne comprenez pas mes paroles comme un plaidoyer pour une vie étouffée, sans rires, sans discussions animées ou sans l’expression de la joie. Les éclats de rire sincères, l’enthousiasme partagé, les débats passionnés par une idée belle ne sont pas du bruit. Ils sont la vie même, lorsqu’ils sont vrais, respectueux et pleinement présents. Le bruit, lui, est vide. Il est un remplissage par peur du vide, une fuite, parfois une agression. Apprendre à distinguer l’un de l’autre, c’est tout l’art de vivre en harmonie avec soi-même et avec les autres.
Souvenez-vous toujours : ce qui a le plus de valeur dans l’existence est souvent simple et silencieux. Le battement régulier de votre cœur, le souffle léger de la brise sur votre visage, un regard de compréhension échangé, une main amie serrée dans la vôtre, la croissance patiente d’une plante, la splendeur silencieuse du soleil qui se lève. Aucun de ces bienfaits ne fait de bruit. Aspirez à cette qualité de présence. Une présence qui n’a nul besoin de s’imposer par le volume ou l’agitation pour être forte et remarquée. Une présence qui, précisément parce qu’elle est calme et recueillie, devient profondément audible et touchante.
Je vous invite à commencer aujourd’hui, maintenant. Prenez un instant. Cessez, si possible, le bruit autour de vous. Éteignez ce qui peut l’être. Puis, simplement, écoutez. Écoutez le silence, ou les sons doux et discrets de la vie qui continue. Respirez profondément. Et dans ce calme retrouvé, faites-vous cette promesse, à voix basse : « Je choisirai, plus souvent, la paix que le bruit. Pour mon bien, et pour le bien de tous ceux qui croiseront ma route. »
Voilà le chemin d’une vie bonne, telle que je la conçois. Une vie où l’on ne blesse pas, et où l’on ne se blesse pas soi-même inutilement. Une vie où la parole, lorsqu’elle trouve enfin sa raison d’être, a du poids, de la beauté et une juste résonance. Une vie où le silence n’est jamais un vide à craindre, mais la plus riche et la plus apaisante des présences. »
Une réflexion de DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE