Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Fuyez ceux qui laissent l’amertume dans votre vie»

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Fuyez ceux qui laissent l’amertume dans votre vie»

Dans un monde où les apparences trompent souvent et où les masques tombent rarement au moment où on le souhaite, la sagesse populaire reste une boussole précieuse. Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, figure respectée dont les paroles puisent leur force dans l’expérience des anciens et la profondeur de l’observation humaine, livre ici une réflexion essentielle. Entre le regard qui ne soutient pas le vôtre, les paroles empoisonnées sur les absents, les flatteries excessives ou encore les réactions trop joyeuses face à vos malheurs, il offre un guide pour ne plus être dupe. Il ne s’agit pas de vivre dans la méfiance permanente, mais d’apprendre à lire dans les cœurs avec patience et lucidité. Voici ses paroles

« Écoutez-moi bien. Dans ce chemin qu’est la vie, nous croisons beaucoup de visages. Certains nous apportent la lumière, d’autres portent l’ombre sans que nous le sachions. Le mal le plus dangereux n’est pas celui qui vient de l’ennemi que vous connaissez. Non. Le véritable danger, c’est celui qui se tient près de vous, qui partage votre repas, qui connaît vos secrets, et qui pourtant prépare votre chute en silence. C’est de cela que je veux parler aujourd’hui. Comment reconnaître un proche sournois avant qu’il ne vous ait fait trop de mal. Car la vie nous enseigne que la souffrance la plus profonde ne vient pas toujours des adversaires déclarés, mais de ceux qui avaient notre confiance.

Le premier signe, et je vous le dis avec la force de l’expérience, c’est le regard qui ne soutient pas le vôtre quand vous parlez de vos succès. Une personne sincère se réjouit avec vous. Ses yeux brillent de la même joie. Mais celui qui vous veut du mal, même s’il vous félicite, ses yeux restent froids. Regardez bien. Le visage peut mentir, les paroles peuvent tromper, mais les yeux, eux, parlent toujours vrai quand on apprend à les lire.

Ensuite, observez comment cette personne parle des autres en votre présence. Celui qui médit d’un ami absent médira de vous demain quand vous serez loin. C’est une loi ancienne qui ne se trompe jamais. Si vous entendez votre proche dire du mal de ceux qui lui ont fait confiance, sachez que vous n’êtes pas une exception. Un jour, vous serez le sujet de ses paroles empoisonnées. La bouche qui crache le venin sur les autres finit toujours par vous atteindre.

Il y a aussi ce comportement que j’appelle le jeu des ombres. Le proche sournois ne vous attaque jamais en face. Il ne vous dit pas ce qui ne va pas. Il ne vient pas vers vous avec honnêteté. Non. Il préfère travailler dans le dos, glisser des mots à droite, des insinuations à gauche, semer le doute autour de vous sans jamais se montrer. Quand vous sentez que des portes se ferment sans raison, que des amis s’éloignent sans explication, posez-vous la question. Quelqu’un arrose votre jardin de mauvaises herbes pendant que vous dormez.

Un autre enseignement que la vie m’a donné, c’est d’observer comment cette personne réagit à vos malheurs. Le proche sincère pleure avec vous. Il cherche à vous relever. Mais le proche sournois, même s’il fait semblant de compatir, porte dans ses yeux une petite lumière de satisfaction. Votre douleur le nourrit. Votre échec le rassure. Prenez garde à ceux qui sourient trop vite quand vous traversez une tempête.

Je vous dirai aussi ceci. Le sournois est souvent celui qui veut tout savoir de vous mais ne donne jamais rien de lui. Il pose des questions, fouille vos affaires, veut connaître vos projets, vos faiblesses, vos peurs. Mais quand vous lui demandez simplement comment va sa famille, il détourne le regard ou change de sujet. Il veut avoir une longueur d’avance sur vous. Il accumule des informations comme on amasse des armes. Un jour, il s’en servira contre vous.

Faites attention aussi à ceux qui vous flattent trop. La vraie amitié n’a pas besoin de mots sucrés. Celui qui vous dit toujours oui, qui approuve tout ce que vous faites, qui ne vous contredit jamais, cache souvent autre chose. La sincérité ose dire non quand il le faut. La vérité ose mettre un frein. Mais la sournoiserie préfère vous voir aller dans le mur en souriant, pour ensuite dire qu’elle n’y est pour rien.

Je vous apprends aussi à regarder les alliances secrètes. Le proche sournois a souvent plusieurs visages. Il est ami avec tout le monde, mais ami sincère avec personne. Il passe son temps à tisser des liens dans tous les camps, à écouter ce qui se dit ici pour le répéter ailleurs. Il est l’ami de vous et de celui qui vous déteste. Il porte l’eau aux deux moulins. Un jour, quand le conflit éclate, vous découvrez qu’il a alimenté le feu des deux côtés.

Alors que faire face à cela ?

La sagesse ne vous dit pas de vivre dans la peur ou de suspecter chaque main tendue. Non. La sagesse vous dit d’observer le temps. Le temps est un grand révélateur. Laissez le faire son travail. Les masques tombent toujours. Ce qui est caché finit par apparaître au grand jour. Donnez du temps à vos relations avant de donner votre confiance entière.

Apprenez aussi à écouter votre cour. Quand quelque chose vous gêne, quand une petite voix intérieure vous dit méfiez-vous, ne l’ignorez pas. Nous avons tous reçu cette intelligence du dedans. Elle nous parle avant que la raison ne prenne le dessus. Ce malaise que vous ressentez sans pouvoir le nommer, c’est peut être votre sagesse qui frappe à la porte.

Enfin, entourez-vous de personnes simples. Celles qui disent ce qu’elles pensent, qui vous regardent dans les yeux, qui ne changent pas de visage selon les personnes qui arrivent. La vérité est plus facile à porter que le mensonge. Le franc parler est parfois dur à entendre, mais il ne vous trahit jamais.

Je termine par cette parole que mes anciens m’ont transmise. On ne juge pas l’arbre à son ombre mais à ses fruits. Regardez ce que laisse cette personne dans votre vie. Si elle laisse la paix, la confiance, la joie, alors vous avez trouvé un allié. Si elle laisse le doute, la division, l’amertume, alors fuyez. La vie est trop courte pour la passer à se méfier de ceux qui devraient nous aimer. Que ces paroles vous accompagnent. Que la lumière éclaire vos chemins. Et que la sagesse vous préserve des visages qui cachent des cœurs obscurs. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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