Dans le bassin de l’avenir : Les futurs champions à l’assaut des chronos
Le bassin de Holy Land Parc a offert un spectacle magnifique le 21 mars dernier. Sous un ciel qui semblait s’être mis d’accord avec l’événement, la 9ᵉ édition de la compétition Les Futurs Champions a transformé chaque ligne d’eau en scène d’exploits. Organisée par l’Association Sportive Les Élites de la Natation, cette journée a révélé une jeunesse ambitieuse, prête à bousculer les chronos et à écrire les premières pages d’une histoire qui promet d’être belle.
Dès les premières épreuves, la catégorie des 10 à 11 ans a donné le ton. Chez les filles, Mouzou Alexandra du NTT a imposé sa maîtrise sur le 50 m brasse, touchant le mur en 55 secondes 83, devançant Agbalènon Fifamin Ayath et Awouzouba Malkia venues lui contester la victoire jusqu’au bout. Chez les garçons, Adehan Naïm Akorédé de l’ACOB a répondu avec la même autorité, imposant un rythme puissant et régulier qui n’a laissé aucune chance à ses poursuivants.
Mais la piscine n’a jamais connu de répit. En dos, Hutton Caroline Elien de l’ACOB a pris une belle revanche en s’imposant avec une technique de virage parfaitement exécutée. Puis en nage libre, Awouzouba Malkia a littéralement fendu l’eau, portée par une cadence élevée qui lui a offert la première place. Chez les garçons, Morou Korédé Hindola du même club a transformé le 50 m nage libre en démonstration de vitesse, laissant derrière lui une vague d’admiration.

Les plus jeunes, âgés de 6 à 7 ans, n’ont rien à envier à leurs aînés. Sur le 25 mètres, Ichola Hinojosa Lianna fiè de l’ACOB a signé un doublé impressionnant en brasse et en nage libre, affichant une aisance technique rare à cet âge. Chez les garçons, Morou Kashopé Nya Kenya du même club a dominé les débats avec la même sérénité. Leurs gestes déjà précis laissent entrevoir un avenir radieux pour la natation nationale.
Le relais 4 fois 50 m nage libre mixte a offert l’un des moments les plus vibrants de la journée. L’équipe de l’ECN, parfaitement synchronisée, a maintenu un rythme soutenu du premier au dernier passage, s’imposant en 2 minutes 26 secondes 60. Chaque relais a été exécuté avec une précision qui a creusé l’écart et enflammé les tribunes.

Au bord du bassin, Wilfried, l’initiateur de l’événement, observait la scène avec une fierté visible. Il a rappelé que l’objectif est de détecter et d’accompagner les talents dès le plus jeune âge. Devant le niveau affiché, il a affirmé sans hésiter que l’avenir de la natation béninoise se construit longueur après longueur, dans l’eau et dans la persévérance.
Les catégories des 14 15 ans ont ensuite pris le relais avec des exigences accrues. Wala Solim Grâce de l’ECN a marqué la compétition de son empreinte en enchaînant trois victoires : sur 200 m nage libre, sur 50 m nage libre et en papillon. Une domination sans partage où la technique, le souffle et l’explosivité se sont parfaitement conjugués. Chez les garçons, Hounkpatin S. Brice Alex de l’ASAP a répondu avec une régularité impressionnante, s’imposant lui aussi sur trois épreuves et confirmant un travail technique abouti.
Padonou Séyivè, nageur béninois, a souligné après sa course l’exigence du haut niveau. Chaque course, a-t-il expliqué, « demande une gestion précise de la respiration, des virages maîtrisés et une force préservée jusqu’à la touche. Une compétition comme celle-ci prépare les athlètes pour les prochaines échéances. »
Naomie, nageuse venue du Togo, a salué la qualité de l’organisation et le niveau élevé des concurrents : « Affronter d’autres nageurs est une source d’apprentissage précieuse. » Princesse Ahouzouba, nageuse béninoise, a mis en avant la progression constante que permet ce type de rendez-vous. Le travail accompli à l’entraînement trouve ici sa récompense et donne envie de continuer à s’améliorer.
Des plus jeunes aux adolescents, cette 9ᵉ édition a dessiné les contours d’une natation béninoise en pleine accélération. Les clubs comme NTT, ACOB, ECN, ASEN, ASAP ou encore Les Tisserins ont montré leur engagement dans la formation de nageurs capables de maîtriser plusieurs styles et de rivaliser avec intensité. En dehors des podiums et des médailles, c’est toute une génération qui apprend à gérer son effort, à optimiser ses virages, à perfectionner sa glisse. Dans chaque éclaboussure, dans chaque brasse, dans chaque envol hors de l’eau, on devine déjà les futurs visages de la discipline. La vague est lancée. Elle ne demande qu’à grandir.
K. MAHOUTONDJI