Protection des enfants albinos : L’État met en garde
Une structure d’accueil destinée à des enfants atteints d’albinisme à Abomey-Calavi fait l’objet d’une mise en garde officielle du ministère des Affaires sociales et de la microfinance. Dans un communiqué publié ce mercredi 25 mars, les autorités ont alerté l’opinion publique sur des pratiques jugées contraires à la législation en vigueur. Cette décision fait suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux évoquant cette organisation, qui a conduit les services compétents à mener des vérifications approfondies.
Les investigations menées par le Ministère des Affaires sociales ont révélé plusieurs irrégularités. Parmi celles-ci figure un appel aux dons qui ne respecte pas la réglementation applicable aux structures d’accueil et de prise en charge d’enfants vulnérables. Si le détail complet des manquements n’a pas encore été rendu public, la communication ministérielle annonce déjà l’engagement de poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans la gestion de cette structure.
Cette intervention intervient dans un contexte où la protection des enfants vulnérables, et particulièrement ceux atteints d’albinisme, demeure une priorité nationale au Bénin. Le cadre légal béninois encadre strictement les structures d’accueil et d’accompagnement psychosocial des enfants en situation difficile. Ces dispositions visent à garantir leur sécurité, leur développement harmonieux et le respect de leurs droits fondamentaux. Aucune initiative ne saurait se soustraire à ces exigences sans s’exposer aux sanctions prévues par la loi.
L’action du ministère des Affaires sociales rappelle avec force que toute initiative de prise en charge, aussi louable soit elle dans son intention, doit impérativement s’inscrire dans un cadre juridique clair. La transparence et la responsabilité ne sont pas des options, ce sont des obligations pour quiconque souhaite accompagner des enfants en situation de vulnérabilité. Les appels à la générosité publique, en particulier, doivent respecter des règles précises afin d’éviter toute exploitation ou dérive.
Alors que les autorités annoncent des démarches judiciaires, les associations de défense des droits des enfants et les acteurs de la société civile saluent cette fermeté. Ils estiment toutefois que le renforcement de la supervision et de l’encadrement des structures d’accueil demeure essentiel pour éviter ce type de dérives. La protection des enfants, quel que soit leur profil ou leur situation médicale, exige une vigilance constante de la part des pouvoirs publics et une mobilisation de tous les acteurs concernés.
Patrice ADJAHO