FIFF 2026 : La créativité en lumière

 FIFF 2026 : La créativité en lumière

L’horizon culturel de Cotonou s’illumine à nouveau. Le Festival International des Films de Femmes (FIFF), écrin majeur de la création cinématographique africaine, ouvre bientôt ses portes pour une quatrième éclosion, affirmant sa place comme un rendez-vous incontournable du paysage artistique continental. Du 3 au 7 février 2026, la capitale économique du Bénin vibrera au rythme des histoires portées par des regards de femmes, offrant une plateforme unique où résonnent les voix, les visions et les talents féminins. La réalisatrice et promotrice infatigable de l’événement, Cornélia Glèlè, a dévoilé avec enthousiasme les contours de cette édition prometteuse, résolument teintée d’audace et de renouveau.

Cette année, le festival semble avoir franchi un cap, mûri par ses expériences passées, pour incarner une vision plus affirmée, plus festive et résolument tournée vers l’avenir. Raison pour laquelle, le cœur battant de la manifestation, la compétition officielle, s’annonce comme un tourbillon de diversité et de qualité. Dix-huit courts métrages, véritables pépites réalisées par des cinéastes africaines et de la diaspora issues de seize pays distincts, s’affronteront sous les feux des projecteurs. Cette sélection exigeante est le fruit d’un travail de curation minutieux, extraite d’une moisson impressionnante de deux cent seize œuvres reçues par l’organisation, témoignant de l’engouement croissant pour cette initiative. Le Bénin, terre d’accueil et d’ancrage du festival, y sera brillamment représenté par la réalisatrice Dorcas Gnanmagba et son documentaire poignant, Les Chaînes du Deuil, qui promet d’apporter une réflexion intime et universelle. La richesse des récits et la variété des esthétiques présentes dans cette sélection reflètent la vitalité et la pluralité du cinéma fait par les femmes aujourd’hui, allant du drame social à la comédie, en passant par l’expérimentation visuelle.

Pour couronner cette excellence, cinq distinctions prestigieuses, nommées en hommage aux Amazones du Dahomeyces guerrières légendaires symbolisant force et courage, récompenseront les lauréates. Le sommet, l’Amazone d’Or, couronnera le meilleur film dans son ensemble. Il sera accompagné par l’Amazone du Scénario, célébrant la puissance narrative et l’écriture ; l’Amazone du Documentaire, honorant la force du réel ; l’Amazone du Jury, récompensant un coup de cœur particulier ; et l’Amazone de l’Interprétation, dédiée à la performance d’une actrice dont le jeu aura marqué les esprits. Ces trophées, bien plus que de simples récompenses, incarnent la reconnaissance d’une industrie envers celles qui la font avancer.

2026, une édition exceptionnelle

L’édition 2026 se distingue par son esprit novateur, porté par trois ambitions fortes qui visent à transformer l’expérience festivalière. D’abord, briser une fois pour toutes la barrière des langues grâce à un système de traduction instantanée du français vers l’anglais. Cette initiative, pragmatique et inclusive, garantira que chaque festivalier, quelle que soit son origine linguistique, puisse s’immerger pleinement dans les échanges, les débats et les subtilités des films. Ensuite, le FIFF entend insuffler une dose de légèreté et de convivialité avec une soirée exclusive et décalée, intitulée « Shorts Shorts Shorts », prévue le 6 février à la Villa Kaya. L’esprit y sera ludique, avec un dress code espiègle imposant le port du short, créant ainsi un moment de détente et de networking informel au milieu de l’intensité des projections. Enfin, la cérémonie de clôture promet d’être mémorable, se déroulant sous les étoiles, en plein air, sur l’emblématique Place de l’Amazone. Cette scénographie à ciel ouvert symbolise l’ouverture et l’ancrage du festival dans l’espace public cotonois.

Mais le changement le plus significatif, et peut-être le plus profond, réside dans l’âme même de cette édition. Après le thème « Sororité » en 2024, le FIFF opère un virage dynamique en adoptant pour mot d’ordre « Créativité ». Un choix délibéré et assumé, comme l’explique Cornélia Glèlè, pour s’éloigner des récits trop souvent centrés sur la souffrance et les traumatismes. « Mes invités m’ont dit : ton festival est magnifique, mais un peu glauque. On veut célébrer les femmes, et derrière, il y a trop de douleur. Dans les films, les gens souffrent trop. On ne rigole pas du tout ! », confie-t-elle avec une franchise rafraîchissante. Cette année, il s’agira donc de mettre en lumière l’inventivité débordante, la résilience joyeuse et le savoir-faire technique des femmes dans tous les métiers du cinéma, de l’acting à la décoration, en passant par le maquillage, la composition musicale ou la direction de la photographie. « On va découvrir des femmes fortes qui font de belles choses, qui innovent et qui inspirent », promet-elle. Ce repositionnement thématique n’est pas un déni des réalités, mais plutôt une volonté de montrer la palette complète de l’existence et du génie féminin.

Pour présider le jury de cette célébration de la créativité, le festival a convié une figure majeure et rayonnante du paysage artistique africain : l’Ivoirienne Eva Guéhi. Actrice, comédienne et dramaturge de renom, lauréate de nombreux prix dont le prestigieux Sotigui Awards 2025, elle apportera son œil avisé, son expérience riche et son énergie communicative à la tête des délibérations. Son rôle ne se limitera pas à la compétition ; elle animera également une Master Class au Majestic Wologuedè dès le premier jour, le 3 février, offrant ainsi un précieux moment de transmission aux professionnels en herbe et aux cinéphiles. L’engagement viscéral du FIFF envers la relève et la formation se concrétise une nouvelle fois par le projet pédagogique « Kino Wendia ». Une dizaine de jeunes filles béninoises sont initiées, en amont du festival, aux mystères et aux exigences de la réalisation.

Parfait DOSSA

Articles similaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *