Nadiyatou H.  Atodjinou, Secrétaire générale de l’Ensemble Sportif des Étudiants : « Ces quatre sacres sont une immense fierté »

 Nadiyatou H.  Atodjinou, Secrétaire générale de l’Ensemble Sportif des Étudiants : « Ces quatre sacres sont une immense fierté »

En remportant les couronnes U16, U18, U20 et Seniors Dames, l’Université d’Abomey-Calavi a signé une domination remarquable sur le basketball féminin béninois. Un succès construit dans l’ombre, porté par des encadreurs, des joueuses et des responsables qui composent avec des moyens très limités. Dans cet entretien, Sourou Morenike Nadiyatou Hounkanrin Atodjinou, Secrétaire générale de l’Ensemble Sportif des Étudiants (ESE), raconte les coulisses de ces sacres, revient sur l’apport des étudiants-athlètes aux sélections nationales et adresse un message fort aux autorités, aux sponsors et aux médias. Lisez plutôt !!!

L’UAC a remporté les quatre titres en basketball féminin U16, U18, U20 et Seniors Dames face à AS Cotonou, Young Stars, Énergie et ASPAC. Comment expliquez-vous cette domination et que représentent ces quatre sacres pour l’université à l’issue de ces différents championnats amateurs ?

Cette domination n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de plusieurs années de travail acharné, soutenu par beaucoup d’engagement et de détermination de la part de tous les acteurs de l’association. Les résultats obtenus chez les dames de l’UAC cette saison sont l’aboutissement de cet effort collectif. Ces quatre sacres sont pour nous le couronnement des efforts fournis jusque-là. C’est une immense fierté. Je tiens particulièrement à saluer le travail remarquable de nos encadreurs et coachs, notamment Fadel Lagnika, Dyne Lagnika, Hector Mensah et Serge Sesso, qui œuvrent quotidiennement à la formation, à la progression et à l’accompagnement de nos jeunes athlètes. Leur engagement et leur disponibilité ont largement contribué à ces performances.

Je voudrais également saluer le travail du Bureau de l’Ensemble Sportif des Étudiants (ESE), dirigé par notre Président Fidèle Viahoundé, ainsi que l’ensemble des membres du bureau et tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont apporté leur soutien. Malgré les difficultés et les moyens limités, chacun apporte sa contribution pour permettre à nos athlètes de pratiquer et de défendre dignement les couleurs de l’UAC. Ces quatre titres, remportés face à AS Cotonou, Young Stars, Énergie et ASPAC, démontrent surtout qu’avec de la rigueur, du travail et de la détermination, le sport universitaire peut atteindre les plus hauts niveaux. Ils constituent une source de fierté, mais aussi une motivation pour continuer à travailler et à viser encore plus haut.

Au-delà du basketball, plusieurs étudiants-athlètes de l’UAC ont intégré les équipes nationales et représenté le Bénin à l’international. Quels résultats concrets ont-ils obtenus et que signifie cette présence pour le sport universitaire béninois ?

Trois de nos athlètes ont participé aux éliminatoires de l’Afrobasket U18 au Burkina Faso dans la sélection nationale. Après notre qualification, cinq de nos athlètes, cette fois-ci, ont défendu avec bravoure les couleurs de notre pays à l’Afrobasket U18 en Côte d’Ivoire. Cette participation fut d’ailleurs la première de notre pays dans cette catégorie. Au terme de la compétition, le Bénin a terminé 11e sur 12 pays. Cette forte présence de nos athlètes dans la sélection nationale témoigne du potentiel que le sport universitaire peut offrir à la nation. Elle est aussi le fruit du travail effectué au quotidien par nos coachs et encadreurs qui accompagnent ces jeunes dans leur progression sportive.

Leur travail ne se limite pas à préparer des équipes pour les compétitions universitaires mais également ils contribuent à former des athlètes capables d’intégrer les sélections nationales et de représenter le Bénin. Pour nous, c’est donc une preuve que l’université constitue un véritable vivier de talents. Avec davantage d’accompagnement et de moyens, ces jeunes pourraient encore mieux se développer et contribuer durablement au rayonnement du sport béninois.

Vous indiquez que ces performances sont réalisées sans véritable accompagnement extérieur, avec les moyens des étudiants, des encadreurs et des responsables eux-mêmes. Quelles difficultés cela crée-t-il au quotidien et comment parvenez-vous malgré tout à produire des champions ?

Effectivement, nous ne bénéficions d’aucune aide depuis 10 ans maintenant. Les encadreurs, les membres du bureau, des personnes de bonne volonté et les joueurs sont des passionnés qui mettent volontairement la main à la poche pour subvenir tant bien que mal aux besoins de leur discipline. Ces moyens très limités font que nous peinons à nous développer, à maintenir un effectif stable et à participer à toutes les compétitions. Malgré cela, nous continuons à produire des champions grâce à l’abnégation, à la solidarité, au bénévolat et à la conviction que le sport universitaire mérite d’exister et de briller. Chaque victoire est arrachée avec les moyens du bord, mais avec beaucoup de cœur, de discipline et de détermination.

Quels sont les besoins prioritaires pour pérenniser cette dynamique : infrastructures, équipements, encadrement, bourses, primes ou partenariats ?

Pour avancer, nous avons besoin de la rénovation de nos infrastructures et le renouvellement de nos équipements. Nous devons aussi offrir de meilleures conditions à nos encadreurs afin qu’ils travaillent avec plus d’efficacité et obtiennent de meilleurs résultats. Il faut également donner aux joueurs des équipements et des primes pour faciliter leur apprentissage. En plus, nous sommes dans la quête des partenaires pour nous accompagner, nous aider à mieux structurer notre fonctionnement et nous permettre de viser toujours l’excellence. À cela s’ajoutent les déplacements, le matériel d’entraînement, la prise en charge des joueurs et la communication. Toutes ces charges sont nécessaires pour faire durer cette dynamique.

Pour donner à ces performances la visibilité qu’elles méritent, quel message adressez-vous aux autorités, aux sponsors potentiels et aux médias ?

L’Université est avant tout un lieu de savoir, de formation. C’est aussi un véritable vivier de talents sportifs. Au niveau des grandes nations du sport, elle est très prisée en raison du grand nombre d’athlètes qu’elle fournit aux différentes sélections. Aujourd’hui, nous souhaitons attirer l’attention sur une performance qui mérite d’être connue et valorisée : nos équipes sont championnes du Bénin dans toutes les catégories dames (U16, U18, U20, Seniors).

Derrière ces victoires se trouve une réalité moins visible : celle d’un club qui est obligé de fonctionner avec des ressources limitées. Déplacements, équipements, matériel d’entraînement, participation aux compétitions, prise en charge des joueurs, encadrement technique, communication… Autant de besoins qui représentent des charges importantes pour une structure universitaire et qui sont malheureusement, aujourd’hui, à la charge des joueurs, des encadreurs et des membres du Bureau Directeur de l’association.

Nous lançons aujourd’hui un appel aux autorités, aux entreprises et sponsors ainsi qu’aux médias pour accorder davantage de place et de moyens au développement du sport universitaire. Nous les invitons aussi à donner de la visibilité à ces performances et à raconter l’histoire de ces jeunes qui, souvent avec des moyens limités, représentent dignement leur institution. Nos athlètes ne sont pas seulement des sportifs, ils sont une jeunesse dynamique au potentiel humain considérable qui mérite d’être soutenue, et un partenariat avec le sport universitaire peut servir à la fois le développement des talents et la visibilité des entreprises qui les accompagnent.

Que direz-vous pour conclure ?

Nous souhaitons que ces quatre trophées ouvrent la voie à une véritable dynamique autour du sport universitaire. Car derrière chaque trophée se trouve une équipe de jeunes joueuses. Derrière chaque joueuse se trouve un talent. Et derrière chaque talent se trouve potentiellement une joueuse qui fera la fierté de notre nation. L’objectif de l’ESE est de faire du sport universitaire un véritable vivier de champions et un moteur de rayonnement pour le Bénin.

Ces quatre titres sont une fierté, mais ils doivent surtout être un signal. Le sport universitaire a du talent. Il a des résultats. Il a des jeunes qui y croient. Il ne demande aujourd’hui qu’une chose : qu’on lui donne les moyens de révéler pleinement son potentiel. Nous souhaitons que ces quatre sacres ne soient pas simplement perçus comme des titres supplémentaires, mais comme le point de départ d’une véritable dynamique autour du sport universitaire.

Propos Recueillis par Damien TOLOMISSI

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