GBESSOKÉ : Un filet solide contre la pauvreté
Le gouvernement béninois a présenté le 30 décembre 2025 les premiers résultats du programme GBESSOKÉ. Ce plan d’action, qui veut protéger et aider les familles en situation de grande pauvreté, commence à montrer ses effets sur le terrain.
Lors d’une rencontre avec la presse locale, les responsables du programme ont expliqué son fonctionnement, ce qui a déjà été fait et ce qui est prévu pour l’avenir. GBESSOKÉ s’inscrit dans la volonté du pays de mieux soutenir ses citoyens les plus fragiles, partout sur le territoire. Pour être efficace, l’aide doit être multiple. C’est pourquoi GBESSOKÉ agit sur plusieurs fronts principaux et concrets. Un premier volet important consiste à améliorer les lieux d’accueil et de soutien. Le Bénin dispose aujourd’hui de quatre-vingt-cinq centres de protection sociale répartis dans les soixante-dix-sept communes. Le projet prévoit de rénover ces centres et d’en construire trente-cinq nouveaux. À la fin des travaux, ce réseau comptera cent vingt structures pour accueillir les populations. Les études techniques sont achevées et le recrutement des entreprises chargées des travaux est actuellement en cours.
Le cœur du programme, son deuxième pilier, porte sur un soutien financier direct et un accompagnement vers l’autonomie. Il vise cent cinquante mille familles en situation d’extrême pauvreté. L’aide se déploie de deux manières complémentaires. Chaque famille bénéficie d’abord d’une aide mensuelle de dix mille francs CFA pour assurer sa sécurité alimentaire. Ensuite, pour les aider à créer leur propre activité, deux versements supplémentaires de cinquante mille francs CFA sont prévus au sixième et au neuvième mois. Cette somme permet de lancer un petit commerce, de l’élevage ou du maraîchage. En considérant une moyenne de six personnes par ménage, ce sont près de neuf cent mille personnes qui sont concernées par ce soutien.
Un troisième axe du programme vise à se préparer et à répondre aux catastrophes climatiques, auxquelles le Bénin est régulièrement exposé, comme les inondations. GBESSOKÉ prévoit ainsi une aide d’urgence ponctuelle de deux cent mille francs CFA pour les familles qui perdent leurs biens à cause de tels chocs. L’objectif est de venir en aide à dix mille ménages sinistrés pendant la durée du programme. Pour anticiper au mieux, une cartographie nationale détaillant toutes les zones à risque a déjà été réalisée.
Les premiers résultats de ce vaste projet sont encourageants. Le programme a débuté par une phase test dans douze communes, une par département. Grâce à une liste actualisée en collaboration avec l’Institut national de la statistique, plus de vingt mille familles ont pu être identifiées et validées pour recevoir cette aide. Les premiers transferts d’argent ont commencé en septembre deux mille vingt-cinq. L’accompagnement technique pour aider les bénéficiaires à créer leur propre source de revenu est, quant à lui, déjà pleinement effectif. Pour cette phase pilote de démarrage, près de quatre milliards de francs CFA ont été mobilisés et ont profité directement à plus de vingt mille six cent vingt et une personnes. Une donnée significative montre que près de quatre-vingt-cinq pour cent des bénéficiaires sont des femmes, confirmant que le programme cible bien celles qui assument souvent seules la charge économique de leur famille.
GBESSOKÉ se présente ainsi comme bien plus qu’une simple aide financière d’urgence. Il constitue un accompagnement global et structuré, qui cherche à offrir une porte de sortie durable à la pauvreté. Il combine des moyens de subsistance immédiats pour soulager les familles et des outils concrets pour les aider à construire, pas à pas, un avenir plus stable et autonome.
Arnaud ACAKPO (Coll)