L’enseignement de Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La charité, voie d’élévation »
Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, livre dans cette nouvelle publication, un enseignement spirituel et profond. Pour lui, le souffle divin de l’amour, incarné par la charité authentique, est la seule voie vers l’élévation de l’âme. Au-delà d’un simple don matériel, c’est offrir un peu de soi sans rien attendre en retour. Dans ce texte, sa Majesté invite chacun à pratiquer cet amour concret pour trouver la plénitude et bâtir une société harmonieuse.
Mes chers enfants, mes frères et sœurs, vous qui cheminez sur cette terre nourrie par le sang et les rêves de nos ancêtres, Je m’adresse à vous aujourd’hui comme un humble voyageur sur le même sentier que vous. Un sentier parfois ombragé par le doute, parfois illuminé par la grâce. Il m’a été donné de réfléchir longuement, au pied des irokos séculaires et dans le silence des matins, à la question qui, je le sens, résonne aussi en vous : comment naviguer cette existence avec plénitude ? Comment trouver notre voie vers l’élévation de l’âme ?
La réponse, mes bien-aimés, ne se trouve pas dans des livres lointains ou des doctrines compliquées. Elle palpite au plus profond de notre être, car Dieu, dans sa sagesse infinie, nous a émanés avec le souffle même de l’amour. Il nous a placés dans une nature grégaire, faite pour le lien, et nous a offert le libre arbitre, ce don sacré et redoutable de choisir notre chemin. Ainsi, depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours, tous les sages du monde ne prêchent qu’une seule voie royale : aimer son prochain. C’est le cœur battant de toute sagesse, le commencement et la fin de toute élévation. Permettez-moi de partager avec vous ce que signifie véritablement marché sur ce chemin.
Le don véritable : une graine plantée dans l’invisible
Beaucoup parlent de charité. Mais posons-nous cette question, aussi franche que le premier rayon du soleil : lorsque nous donnons quelque chose à quelqu’un, que se passe-t-il ensuite dans notre cœur ? Pensons-nous encore à ce geste ? Attendons-nous, secrètement, un remerciement, une reconnaissance, un retour ? Si c’est le cas, mes enfants, nous ne faisons que du commerce déguisé. Nous troquons un objet contre un sentiment de satisfaction ou d’honneur.
La charité qui élève est d’une nature différente. Elle est comme une graine que l’on confie à la terre fertile. On la plante avec soin, puis on tourne son regard vers d’autres choses. On ne passe pas ses jours à guetter la pousse, à mesurer la tige. On fait confiance à la terre, au soleil, à la pluie. Donner véritablement, c’est cela : offrir une part de ce que l’on a qu’il s’agisse d’un peu de notre riz, d’une heure de notre temps, d’une écoute attentive, de la force de nos bras et ensuite, oublier. Lâcher prise. Ne pas attendre de récompense. Le vrai don est un acte de libération, pour celui qui donne comme pour celui qui reçoit. Il brise les chaînes de l’attente et nous rend légers.
Regarder autour de soi : le premier pas de l’amour
Vous me demandez parfois : « Qu’est-ce que l’amour ? Comment le reconnaître ? » La réponse est à portée de main. Elle ne demande pas de longs discours. Regardez simplement autour de vous. Examinez votre vie. Vous êtes-vous donné à votre prochain cette semaine ? Avez-vous réfléchi à ce que vous pouviez offrir qui vienne de vous-même ? Je ne parle pas nécessairement de biens matériels. Souvent, le don le plus précieux est immatériel : un sourire sincère à celui qui est abattu, une parole de réconfort, la patience d’écouter sans juger, le partage de votre savoir-faire. Ce sont là les manifestations les plus pures de la force d’aimer que Dieu a déposée en nous.
Ce souffle divin est en vous, à cet instant même. Il vous anime. Votre travail, votre mission sacrée, est de cultiver ce souffle, de lui donner de l’ampleur, de le laisser grandir jusqu’à ce qu’il déborde de votre être pour toucher les autres. La volonté divine nous a aimés au point de nous créer, de nous placer ici avec tous les outils nécessaires. Elle nous accompagne à chaque instant, à travers les esprits bienfaiteurs, nos « Tohio » vénérés, qui ont su tracer ce chemin d’amour bien avant nous. Refuser d’aimer, c’est murmurer contre cette volonté. C’est vouloir servir deux maîtres : son propre ego et la lumière divine. Cela ne peut mener qu’au conflit intérieur.
L’amour en action : le ciment de notre société
Voyez comment l’amour, lorsqu’il est vécu, transforme le visible. Il n’est pas qu’une belle idée ; il est le ciment de toute société harmonieuse. Aimer son prochain, c’est accomplir son travail avec intégrité, pour le bien de tous. C’est rechercher la sérénité et non la discorde. C’est pratiquer la solidarité naturelle, tendre la main, accompagner celui qui trébuche.
Si nous avons de quoi nous nourrir, efforçons-nous de veiller à ce que notre voisin ait aussi un peu. Ce n’est pas simplement « donner un surplus ». C’est un acte de conscience qui nous grandit et qui, dans un mouvement gracieux, permet à l’autre de grandir à son tour. C’est cela, l’amour en mouvement. Nous pouvons tous apprendre à aimer davantage. Cela commence par de petites pratiques, comme l’aumône discrète. Mais au fond, aimer, c’est bien plus : c’est donner à autrui un peu de son être.
Commencez par de petits exercices. Donnez ce dont vous pouvez vous passer. Avec le temps, en cultivant ce muscle du cœur, vous serez un jour capable de donner bien plus, naturellement, sans même y penser. Et chaque fois que vous donnerez ainsi, sans arrière-pensée de récompense, sachez que c’est dans l’esprit, dans l’invisible, que la vraie transformation opère. C’est là que vous recevrez, sans forcément le savoir, bien plus que ce que vous avez offert.
Notre rôle sur terre : distribuer avec sagesse
Car tout ce qui existe appartient à Dieu. Il l’a dispensé à travers la création. Un peu de cette abondance divine réside en chacun de nous. À nous de la faire fructifier selon notre capacité à aimer. Pour cela, il faut se dépasser. Se dépasser, c’est faire chaque jour un peu plus que ce que l’on croit possible. C’est gravir une montagne pas à pas, sans se décourager, avec la foi qu’un jour, depuis le sommet, la vue sera magnifique et apaisante. L’air que nous respirons est invisible. Nous ne pouvons le saisir avec nos yeux, et pourtant, il entretient la vie en nous. N’est-ce pas un signe puissant ? La solution première à nos quêtes, la clé de notre élévation vers l’éternel, se trouve souvent dans l’invisible : dans l’intention pure, dans la prière sincère, dans l’amour désintéressé. Cet amour éternel est la force qui meut l’univers. Je vous en supplie, ne murmurons pas contre Dieu en nous refusant à aimer. Apprenons à ne servir qu’un seul maître : l’Amour. Servons l’amour du prochain dans nos foyers, dans nos champs, sur nos marchés, dans nos fonctions. Que la paix et la dignité émergent en chaque homme, à la gloire de Celui qui nous a tout donné.
DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE